Industrie : Risque de fermeture pour la Savonnerie tropicale



Jacaranda
Les dirigeants de la Savonnerie Tropicale y croient encore malgré tout.
Les dirigeants de la Savonnerie Tropicale y croient encore malgré tout.

Si l’Etat ne prend pas les dispositions qui s’imposent, la Savonnerie tropicale risque de fermer ses portes, avec ce que cela suppose de perte d’emplois

Patriotes. Les dirigeants de la Savonnerie tropicale, la première grande unité industrielle malgache le sont dès qu’on parle de l’industrie locale. André Ramaroson le PDG de père et Thierry le D.G de fils  ne laissent jamais passer la journée de l’industrialisation en Afrique sans dénoncer, le temps d’une conférence de presse la mise à mort de l’industrie locale qui, face à la concurrence déloyale des produits importés, n’a jamais bénéficié d’une protection de la part des autorités.

Bon élève. « Nous disons non à la mondialisation » a notamment déclaré André  Ramaroson, en notant au  passage que son statut de bon élève du FMI  n’a jamais permis à Madagascar de se développer. Les dirigeants ont appliqué à la lettre, les recommandations de ces bailleurs de fonds, mais cela n’a pas entraîné grand-chose pour l’économie malgache, au contraire, il s’agit pour nous d’une nouvelle forme de colonisation » selon toujours  le PDG de la Savonnerie Tropicale qui n’a pas hésité à dénoncer le fait que les étrangers sont majoritaires dans différents  secteurs économiques, dont les banques. « Même dans les groupements patronaux, les opérateurs étrangers sont majoritaires » déclare André Ramaroson qui n’est plus, d’ailleurs actifs au sein de ces groupements.

 Concurrence déloyale. Il va sans dire que l’industrie du savon était évoquée hier. Une industrie fortement frappée par la concurrence déloyale des savons importés puisque l’on compte  actuellement  des dizaines de marques qui ne suivent pas forcément les normes  en vigueur. Le plus grave, selon les dirigeants de la Savonnerie Tropicale, c’est que les importateurs de  savons ne paient pas les taxes et droits de douanes ; convenablement. Pire, la fiscalité malgache semble favoriser  ces importations.  Tel est par exemple le cas des   bondions, ces petits morceaux de savons importés par des opérateurs en vue d’une transformation, et dont  le droit de douane est passé de 20 % avant  à 10 % dans la loi de finances 2014.  Une baisse de 15 %  qui va évidemment avantager les importateurs et  pénaliser, encore une fois l’industrie locale dont la Savonnerie Tropicale qui, après 53 ans de bons et loyaux services pourraient disparaître si l’Etat continue de favoriser les importations.

R.Edmond

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