Riziculture: Triplement du rendement rizicole dans l’Alaotra



Jacaranda

Grace au projet BVPI, l’Alaotra continue d’assurer son rôle de grenier à riz de la Grande Ile

Certains riziculteurs de l’Alaotra ont toutes les raisons du monde de se réjouir. Grace aux effets bénéfiques du projet Bassins Versants et Périmètres Irrigués (BVPI), leur rendement rizicole s’améliore considérablement. « On peut affirmer que nos récoltes ont considérablement augmenté. Par rapport au rendement des techniques culturales traditionnelles, il y a eu une nette différence. Auparavant on récoltait 3 tonnes de riz à l’hectare, maintenant on peut aller jusqu’à 7 tonnes » raconte Lucienne, agricultrice à Ambohitrarivo, qui a pu acquérir un tracteur et construire une maison en dur. Léon Rakotonirina, Président des riziculteurs de Sahamaloto souligne pour sa part que « la plupart des riziculteurs qui travaillent sur une superficie d’au moins deux hectares a été capables de s’acheter un motoculteur, et ceux qui autrefois allaient à pieds ou à bicyclette ont pu s’acheter une moto ». Autant d’exemples qui témoignent de l’efficacité du projet BVPI dont  les principaux bailleurs, en l’occurrence la Banque Mondiale et le gouvernement japonais ont effectué une visite sur terrain la semaine dernière à Ambatondrazaka.

Synergie

L’objectif de cette visite de terrain était de constater les réalisations du projet BVPI, mais également de procéder à un échange d’expériences, dans la mesure où le Gouvernement japonais (à travers le projet PAPRIZ)  et l’AFD (à travers le projet BV-LAC) interviennent également dans cette région en matière de riziculture. « Les Japonais cultivent du riz depuis plus de 2 000 ans, ce qui nous donne une expérience et une légitimité dans ce domaine » a souligné Koichi Sasadate, Représentant Résident de la Japan International Cooperation Agency,  (JICA). Cette recherche de synergie entre les partenaires techniques et financiers intervenant dans le domaine de la riziculture intervient à un moment où le Japon vient de confier à la Banque mondiale la gestion d’un don de 12,6  millions de dollars pour que le projet BVPI puisse étendre son intervention dans d’autres régions y compris le périmètre d’Anony de la région d’Alaotra-Mangoro sur 7 600 hectares supplémentaires, dans la zone de l’Anony. Ce don fait partie d’un financement de 100 millions de dollars octroyé à l’Afrique, et dont Madagascar fait partie des bénéficiaires. « Vu l’ampleur de la tâche dans le domaine de la riziculture à Madagascar, un seul projet ou un seul bailleur ne peut pas tout faire. La collaboration entre les différents partenaires est donc une nécessité » a expliqué SEM Ryuhei Hosoya, Ambassadeur du Japon. Pour sa part, Haleh Bridi (Country director de la Banque mondiale) a affirmé que  « les agriculteurs de cette région ont un rôle primordial dans la sécurité alimentaire de Madagascar, car le potentiel d’Alaotra-Mangoro pourrait permettre de combler le déficit de production rizicole ».

Impact
En tout cas, cette visite a été l’occasion pour ces bailleurs de fonds de constater de visu les impacts positifs de ce projet. Ainsi, les formations reçues, les efforts de maitrise de l’eau et les travaux d’intensification agricole ont permis de doubler, voire de tripler le rendement. En effet, alors que la moyenne dans les zones non couvertes par le BVPI est de 2, 7 tonnes à l’hectare, plusieurs riziculteurs accompagnés par le BVPI vont jusqu’à huit ou neuf tonnes à l’hectare. Cela a un impact sur la production rizicole du pays, mais également sur les revenus des paysans, et donc sur leur niveau de vie. Par ailleurs, ce genre de projet pourrait permettre à Madagascar de retrouver son statut d’exportateur de riz, au lieu d’importer, comme c’est le cas actuellement entre 150 000 tonnes et 200 000 tonnes de riz. Pour rappel, le projet BVPI qui bénéficie donc de l’appui de la Banque Mondiale concerne 4 sites, dont une superficie de 6400 hectares à Sahamaloto dans la région d’Alaotra-Mangoro.

Recueillis par R.Edmond

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