Les Etats-Unis mettent la pression : « Tous les participants au coup d’Etat à exclure du gouvernement, » dixit Robert Jackson



Jacaranda

uneDurant son séjour à Madagascar, le Sous-secrétaire d’Etat Adjoint américain a rencontré l’ex-Première-dame, Lalao Ravalomanana.

Arrivé au terme de sa visite dans la Grande Ile, le Premier Sous-secrétaire d’Etat Adjoint chargé des Affaires Africaines, Robert Jackson a donné hier une conférence de presse à l’Ambassade américaine à Andranomena. Une occasion pour lui de confirmer la véritable position des Etats-Unis par rapport à la situation politique à Madagascar. Robert Jackson étant le premier haut responsable américain ayant effectué une visite officielle à Madagascar depuis 2010. Le Sous-secrétaire d’Etat américain a d’ailleurs laissé entendre au début de son intervention que « ce n’est pas un accident si je viens à Madagascar tout de suite après la visite du président Hery Rajaonarimampianina aux Etats-Unis… Le moment est venu pour rétablir la relation qui s’est dégradée ces cinq dernières années ».

Tendances politiques. Quoiqu’il en soit, Robert Jackson a confirmé hier que le retour de la coopération entre les deux pays est encore conditionné par la composition du futur gouvernement. « Nous sommes contents de travailler avec le nouveau régime, cependant, nous ne sommes pas prêts à enlever les sanctions, ni à restaurer l’AGOA sans nous référer à la composition du prochain gouvernement », a-t-il soutenu. Et d’ajouter que « tous les personnages ayant participé au coup d’Etat de 2009 ne sont pas nécessairement utiles pour adhérer au gouvernement… Nous espérons que ce soit un gouvernement représentatif de toutes les tendances politiques ». Continuant sur sa lancée, Robert Jackson de déclarer que « nous voulons voir qui va figurer au sein de ce gouvernement avant de prendre une décision relative au retour de l’AGOA ».

Exilés. En tout cas, cette déclaration démontre que le président Hery Rajaonarimampianina subit des pressions internationales pour la question de la nomination du premier ministre et la formation du gouvernement. C’est peut-être pour cela que deux mois et une semaine après son investiture, il n’a pas encore réussi à nommer un PM. Par ailleurs, Robert Jackson a aussi déclaré qu’au cours de sa rencontre avec Hery Rajaonarimampianina, il a proposé le démantèlement de toutes les entités militaires qui ont commis des abus et des violences pendant le précédent gouvernement. Il veut certainement parler du cas de la « Force d’Intervention Spéciale » (FIS) et de tous les Chefs militaires qui sont toujours en place actuellement. Si l’on s’en tient à la déclaration de ce haut responsable, les Etats-Unis insistent également sur l’application de l’article 20 de la Feuille de route qui prévoit le retour au pays de tous les exilés politiques, y compris l’ancien président, Marc Ravalomanana.

MAPAR. A noter qu’au cours de son séjour à Tanà, Robert Jackson a rencontré l’ex-Première-dame, Lalao Ravalomanana. « Nous avions parlé de la situation politique à Madagascar et du groupe de soutien international qui appuie le retour de tous les exilés », a-t-il fait savoir. En tout cas, le fait qu’un haut responsable américain rend visite à l’épouse de l’ancien président peut refléter la position réelle des Etats-Unis par rapport à la situation politique à Madagascar. Tout semble indiquer que les USA optent pour le retour « au pays », et par ricochet « au pouvoir » de « Dada ». En tout cas, le Sous-secrétaire d’Etat adjoint a laissé entendre hier que si toutes ces conditions sont remplies, l’AGOA pourrait reprendre à partir du premier janvier. En bref donc, toutes les actions américaines sont conditionnées par la formation du prochain gouvernement. A travers cette déclaration, l’on peut conclure que le président Hery Rajaonarimampianina fera tout pour écarter le MAPAR du processus actuel. Et ce, bien que ce groupement ayant obtenu la majorité au Parlement réclame, outre la Primature, plusieurs postes ministériels.

Davis R

Share This Post