Retour de Ravalo : La voie est libre mais…

Marc Ravalomanana se défend de communiquer à ses partisans l’opportunité et les éventuelles conditions de son retour au pays.
Marc Ravalomanana se défend de communiquer à ses partisans l’opportunité et les éventuelles conditions de son retour au pays.

Seuls le président Hery Rajaonarimampianina et Marc Ravalomanana connaissent la vérité sur l’opportunité du retour au pays de ce dernier.

A entendre la ministre des Affaires Etrangères malgache, l’éventuel blocage au retour au pays de l’ancien président Marc Ravalomanana ne se situe pas au niveau de l’Etat malgache. Selon Harisoa Razafitrimo, c’est Marc Ravalomanana qui ne veut pas rentrer. Or, la lettre en date du 15 juin 2024 adressée au secrétaire général du COMESA par l’avocat sud-africain Brian Currin semble être un démenti aux déclarations de la ministre des Affaires Etrangères. Dans sa lettre, ce juriste spécialiste en Droits de l’Homme accuse formellement le président de la République Hery Rajaonarimampianina de bloquer le retour de l’ancien président. Bon nombre d’observateurs s’interrogent par ailleurs sur le silence de l’exilé d’Afrique du Sud devant les polémiques qui alimentent les débats sur ce retour. Ce silence peut être imposé par le « deal » que l’ancien président aurait contracté à Sandton (Afrique du Sud) avec le président Hery Rajaonarimampianina. Et si Marc Ravalomanana se défend de réagir par rapport à la dernière évolution de la situation, c’est parce que le « deal » de Sandton est respecté jusqu’ici.

Sécurité et condamnations judiciaires. Bref, les éventuels blocages au retour de l’ancien président ne peuvent être qu’extérieurs à la volonté des deux parties. Ces obstacles peuvent être d’ordre sécuritaire. En effet, si Marc Ravalomanana décide de rentrer aujourd’hui, sa sécurité ne serait pas assurée. Des éléments incontrôlés et incontrôlables des forces de l’ordre qui auraient été victimes de l’ancien président durant ses mandats et qui ont participé au coup d’Etat de 2009 pourraient s’opposer à ce retour. Par ailleurs, les condamnations judiciaires dont l’exilé d’Afrique du Sud faisait l’objet durant son absence au pays constitueraient un obstacle à ce retour. Ce second obstacle peut être cependant levé par une procédure d’amnistie. Autrement dit, sans être amnistié, il serait difficile pour Marc Ravalomanana de fouler de nouveau le sol de son pays après cinq ans d’exil forcé en Afrique du Sud. En tout cas, il suffit que Marc Ravalomanana sorte de son silence pour couper court aux polémiques.

RAJAOFERA Eugène

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