Détournement de 1,350 milliard à Tsimbazaza : Pétition pour la dissolution du bureau permanent

Les membres du bureau permanent nient les accusations lancées à leur encontre.
Les membres du bureau permanent nient les accusations lancées à leur encontre.

Au cours d’une conférence de presse organisée hier après-midi, le président de l’Assemblée nationale, Jean Max Rakotomamonjy a démenti ces allégations.

Une semaine avant la clôture de la première session ordinaire, la tension recommence à monter à l’Assemblée nationale. En effet, un nouvel épisode du feuilleton concernant les revendications sur les salaires et avantages des députés ressuscite du côté de Tsimbazaza. Cette fois-ci, le risque est beaucoup plus sérieux pour le bureau permanent. D’après les informations qui circulent à la Chambre basse, une nouvelle pétition en vue de réclamer la dissolution de l’instance dirigeante de l’Assemblée nationale dirigée par son président Jean Max Rakotomamonjy est actuellement lancée. Une initiative prise par la majorité des députés membres de la Plate-forme pour la Majorité Présidentielle (PMP), a-t-on indiqué. D’après les explications d’un député membre du Groupe parlementaire MAPAR, les initiateurs de ce projet ont prévu de déposer hier soir auprès du Secrétariat général de l’Assemblée nationale leur requête. Les députés soupçonnent le bureau permanent d’avoir détourné leurs indemnités de session. Des indemnités de session dont le montant s’élèverait à 1 milliard 350 millions de Fmg et qui auraient été partagés entre les membres du bureau permanent, à raison de 250 millions de Fmg pour le président de l’Assemblée nationale, Jean Max Rakotomamonjy, 150 millions de Fmg pour le Questeur 1, Siteny Andrianasoloniaiko et 75 millions de chaque pour les autres membres du bureau permanent. Par ailleurs, le paiement des indemnités compensatrices de carburants des députés a été interrompu à plusieurs reprises hier. « A cause du manque d’argent dû à ce détournement », a-t-on laissé entendre.

Avantages exorbitants. Au cours d’une conférence de presse du bureau permanent, organisée hier après-midi, le président de l’Assemblée nationale, Jean Max Rakotomamonjy a démenti ces allégations. « Des accusations infondées », selon ses dires. Et lui de préciser au passage que « le bureau permanent respecte les principes de la bonne gouvernance et la transparence… Madagascar est un Etat de droit. Par ailleurs, il y a des règles et des procédures à respecter dans l’utilisation du budget de l’Etat. J’appelle l’Inspection de l’Etat et le Bianco (Bureau Indépendant Anti-Corruption) à ouvrir une enquête sur la gestion du budget de l’Assemblée nationale si cela s’avère nécessaire ». L’ancien ministre du Tourisme a cependant reconnu l’existence d’une tension entre les députés et le bureau permanent à cause de ce soupçon de détournement. Certainement, afin de faire baisser cette tension à Tsimbazaza, Jean Max Rakotomamonjy a adressé un clin d’œil à ses collègues députés en exprimant son soutien à leurs revendications. Des « revendications légitimes dans la mesure où les députés sont élus par le peuple et qu’ils ont une obligation de réserve vis-à-vis de leurs électeurs ». D’après le président de l’Assemblée nationale, « contrairement à ce que l’on véhicule actuellement, les députés ne revendiquent pas des avantages exorbitants ».

3 millions d’Ariary. Pourtant, questionné sur le montant exact du salaire et des avantages perçus mensuellement par les députés, Jean Max Rakotomamonjy a annoncé que chaque député perçoit environ 3 millions d’Ariary. Le numéro Un de la Chambre basse s’est toutefois défendu de révéler à la presse la somme exacte de la totalité de leurs avantages. A noter qu’actuellement, les députés revendiquent, outre une voiture 4×4, l’augmentation de leurs salaires et leurs indemnités. En tout cas, Tsimbazaza passera une semaine très agitée. D’autant plus que d’après les informations, un projet de motion de censure est également en gestation. A noter que la cérémonie de clôture de cette première session ordinaire aura lieu vendredi prochain. En réponse aux informations selon lesquelles, aucune loi n’a été adoptée pendant cette session, Jean Max Rakotomamonjy de rappeler que 5 propositions de loi et quelques projets de loi ont été adoptés. Cependant, en vue d’un débat sur la Loi de Finances Rectificative, une session extraordinaire aura certainement lieu vers la deuxième semaine du mois de juillet.

Davis R

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