Jirama, Air Mad, Fram… : Foyers de tension partout !

Jacaranda
Les universités représentent une véritable poudrière.
Les universités représentent une véritable poudrière.

A l’image de la météo, la température commence à monter dans le microcosme qui est secoué par plusieurs mouvements sociaux (lire articles page 3 et 4) dont la conjonction – fortuite ou orchestrée – risque de fragiliser davantage le régime.

Après l’affaire des deux journalistes placés sous mandat de dépôt à Antanimora et la loi liberticide sur la cybercriminalité, le pouvoir est de nouveau obligé de jouer les pompiers face aux différents foyers de tension. « Tsy ekenay ny tsindry hazo lena atao amin’ny mpiasa amin’ny endriny rehetra ». Ce qui signifie littéralement « Nous n’acceptons pas les pressions sous toutes ses formes sur les travailleurs ». C’est ce qu’on pouvait lire sur la banderole brandie à bras le corps par les agents de la Jirama qui ont effectué hier une grande marche qui les a conduits jusque devant les locaux de la Brigade de Recherche à Fiadanana. Ils y ont effectué un sit-in face à la procédure qui, à leur avis, ne tenait pas …debout. Il y avait de la …surtension dans l’air suite à cette histoire de court-circuit au domicile du Président de la République qui risque de ne plus faire passer le courant entre le régime et la Jirama.

Jusqu’au bout. Même ambiance électrique hier à Ivato où les Syndicats et les représentants des employés d’Air Madagascar se sont insurgés contre « la mise sous annexe B européen de cette compagnie nationale malgache par la DGAC (Direction de l’Aviation Civile Française) ». Face à ce qu’ils considèrent comme « une pratique visant à éliminer Air Madagascar et le non-respect du principe même de « transport aérien équitable et juste » sur la ligne Madagascar – France, ils entendent manifester jusqu’au bout afin de sortir la compagnie de ce gouffre qu’est l’annexe B ». A cause de ce mouvement des avion…neurs, qui pourrait prendre de l’altitude, le régime risque également de se brûler les ailes.

10.000. Le pouvoir en place doit aussi faire face au mouvement des maîtres-Fram qui réclament leur intégration dans la Fonction publique même si la loi de Finances rectificative prévoit le recrutement de 10.000 (sur 85.000) d’entre eux. Dilemme cornélien pour le gouvernement en général et le ministère de tutelle en particulier qui ne peuvent pas prioriser les maîtres-Fram qui n’ont pas toujours le profil de l’emploi sur ceux qui ont été spécialement formés pour.

Assainissement. Les universités restent également une véritable poudrière. La moindre étincelle pourrait mettre le feu aux poudres comme c’était le cas à Ankatso avec la violation de la franchise universitaire par les forces de l’ordre. Ou encore à Mahajanga où le mouvement des étudiants a occasionné des pertes parmi les marchands. Ceux-là même qui contestent aussi les mesures d’assainissement menées dans presque toutes les grandes villes du pays, pour ne citer qu’Antananarivo où les face-à-face quotidiens entre les gros bras de la Commune et les marchands à la sauvette ne sont pas pour calmer une atmosphère déjà délétère que le régime pourrait payer …cash.

R. O

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