Manque de confiance des bailleurs de fonds : Déblocage incertain des financements européens

Jacaranda

UE-(1)Selon Antonio Sanchez-Benedito Gaspar, « il y a un engagement de l’UE de l’ordre de 518 millions d’Euros pour le 11e FED, mais il reste quelques formalités à remplir ».

Bon nombre d’observateurs se demandent actuellement si la tenue des élections n’était pas suffisante pour résoudre définitivement la crise et rétablir une relation de confiance avec les bailleurs de fonds. En effet, jusqu’ici, et ce, bien malgré la valse des Ambassadeurs qui se présentent tour à tour à Iavoloha pour présenter leurs lettres de créance, l’on constate que le régime ne bénéficie pas de la confiance des bailleurs de fonds. C’est le cas notamment du Fonds Monétaire International (FMI) qui, huit mois après l’accession au pouvoir du président Hery Rajaonarimampianina, n’a pas encore débloqué le financement de la balance des paiements. D’autant plus que le bureau du FMI à Madagascar n’est pas encore opérationnel. Pour ce qui est de la Banque mondiale, elle n’intervient pour le moment que dans les projets sociaux qui ont des impacts directs sur le social des populations vulnérables. La déclaration hier du nouvel Ambassadeur de l’Union européenne, Antonio Sanchez-Benedito Gaspar confirme ce manque de confiance des bailleurs de fonds envers le régime Rajaonarimampianina. En effet, l’Ambassadeur UE a présenté ses lettres de créance auprès du numéro Un d’Ambohitsorohitra. Cette cérémonie qui s’est déroulée au Palais d’Iavoloha lui a permis d’annoncer les deux grands axes prioritaires pour l’intervention de l’Union européenne à Madagascar, à savoir, le dialogue politique et la relance de la coopération. Le processus de transition et de résolution de la crise, ainsi que l’organisation des élections ont été évoqués au cours de la rencontre entre les deux personnalités.

« Formalités à remplir ». En tout cas, à entendre les explications d’Antonio Sanchez-Benedito Gaspar, « l’Union Européenne est disposée à renforcer la coopération avec la Grande Ile ». Une déclaration purement diplomatique dans la mesure où le déblocage des financements reste encore sous conditions. « C’est un signal très fort d’un appui de 65 millions d’Euros à débourser avant la fin d’année, si toutefois les conditions sont réunies », a-t-il déclaré. Et lui d’ajouter au passage que « le président malgache a rassuré que le gouvernement de Madagascar va faire toutes les possibilités pour réussir ». Cette déclaration laisse planer le doute sur l’acquisition des aides financières émanant de l’Union européenne. D’ailleurs, aucune précision sur les tenants et aboutissants de ces « conditions » n’a été avancée. Ils consistent certainement au respect de la démocratie, de la bonne gouvernance, de l’Etat de droit et de la liberté d’expression, mais aussi et surtout, de la mise en place d’un gouvernement représentatif de toutes les forces politiques. En outre, pour ce qui est du 11e FED, l’Ambassadeur de l’Union européenne de déclarer qu’ « il y a une augmentation qui a été décidée et à formaliser, bien que beaucoup aient été faits. Il y a un engagement de l’UE de l’ordre de 518 millions d’Euros pour cette période, mais il y a quelques formalités à remplir ».

Lettres de créance. Pour revenir à la journée d’hier, 4 ambassadeurs, à savoir l’Ambassadeur de l’Etat d’Israël, Yoram Elron, celui du Sénégal, le Docteur Momar Diop, celui de la République du Congo, Léonard-Emile Ognimba et l’Ambassadeur de l’Union européenne, Antonio Sanchez-Benedito Gaspar ont présenté leurs lettres de créance auprès du numéro Un d’Ambohitsorohitra. L’Israël, le Sénégal et la République du Congo entendent renforcer la coopération avec Madagascar, notamment dans les domaines de l’Agriculture, de la Médecine, de la Pêche, du Tourisme, ainsi que de l’Economie et de la Sécurité maritime. Le renforcement de la coopération Madagascar – Sénégal dans le domaine de l’Education, l’Enseignement supérieur et de la Recherche est également envisagé. Par ailleurs, le Docteur Momar Diop a aussi promis de soutenir la candidature de la Grande Ile pour l’organisation du Sommet de Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) en 2016. A noter que le président Hery Rajaonarimampianina a mis le cap sur Paris hier en vue d’une rencontre officielle avec le président français François Hollande, prévue se tenir au Palais de l’Elysée le 19 septembre prochain à 12 heures, heures françaises.

Davis R

Share This Post