Révélations accablantes d’un journaliste : Il est contraint de s’enfuir d’Ilakaka avec ses dossiers d’investigation

Jacaranda
Une personne meurt asphyxiée durant l’exploitation dans un trou qu’il a creusé. (Photo F.Cello)
Une personne meurt asphyxiée durant l’exploitation dans un trou qu’il a creusé. (Photo F.Cello)

Il, Fernand Cello, de son vrai nom Avimana Fernand, a osé ouvrir l’enquête et il l’a rendue public. Un acte qui lui a coûté cher, puisqu’il a été menacé de mort et a été contraint de fuir son village avec ses preuves en béton. Des preuves de toutes sortes, allant d’enregistrements sonores à des preuves visuelles, qu’il a ramenées dans la capitale et montrées à la presse hier, durant une rencontre à l’Hôtel de l’Avenue Analakely. « Une exploitation illicite de mines se fait toutes les nuits dans le parc protégé de Bekaraoka Bepeha, situé dans la commune de Ranohira. La corruption en est l’origine. Les éléments de la gendarmerie et les gens de la communauté villageoise (VOI) censés garder l’aire protégée ont laissé pénétrer des exploitants en leur demandant 300 000 ariary par personne et par nuit » a dénoncé Fernand Cello, journaliste d’une station radio locale dénommée Jupiter. Il a continué d’enfoncer le clou en révélant le fruit de ses investigations. « Pendant la journée, tout semble normal, mais à la nuit tombante, tout se métamorphose rapidement. Les uns creusent, les autres meurent dans l’éboulement de leur trou et tout cela sous les yeux des gardiens de la paix » a affirmé le jeune Fernand Cello, le premier qui a osé révéler au public une investigation de ce genre. Le lui reprocher semble difficile avec les lourdes pièces à conviction en sa possession. Comme ses actes, pourtant d’intérêt public, gênent la sphère des « mafias », les menaces pleuvent à son encontre et l’ont obligé à fuir Ilakaka, l’eldorado du saphir. « Il m’a fallu changer de foyer pour échapper à mes poursuivants, et prendre par la suite le premier taxi-brousse allant vers la capitale. Je me sens plus en sécurité ici à Tana, surtout avec les organismes de protection des journalistes » selon toujours le journaliste d’investigation. L’intrusion dans une aire protégée est qualifiée de crime environnemental. Madagascar, fort de ses 45 personnes dans la délégation, a confirmé son engagement à préserver la biodiversité et à multiplier la surface de ses aires protégées au dernier congrès mondial des parcs à Sydney. Est-ce un vain mot ? En tout cas, la corruption a encore une fois pris le dessus et le journalisme d’investigation l’a bien démontré.

Didi R.

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