Numéro 2 du régime : Lutte fratricide entre les barons du HVM

Jacaranda
Le candidat numéro 3 devant la marée orange qui l’avait propulsé numéro Un.
Le candidat numéro 3 devant la marée orange qui l’avait propulsé numéro Un.

Celui qui portait le dossard n°3 dans la course à la Présidence est devenu le numéro Un du pays. Mais quid du numéro 2 ?

Sur le plan institutionnel, c’est le président du Sénat qui est le numéro 2 du régime. Il devient même le numéro Un par intérim et exerce les fonctions du Chef de l’Etat en cas de vacance pour quelque cause que ce soit (démission, empêchement, déchéance) du titulaire. En l’absence de la Chambre haute qui n’est pas près d’être mise en place, c’est le président de l’Assemblée nationale qui est de fait le numéro 2. Quant au Premier ministre, il est en principe le numéro 3, quand bien même il serait le numéro 2 de l’Exécutif.

Rivalités. Seulement, dans la pratique, l’actuel président de la Chambre basse, Jean-Max Rakotomamonjy est loin d’être le véritable numéro 2. Un dossard qui fait l’objet de rivalités latentes entre les proches d’entre les proches du Chef de l’Etat. Tout particulièrement entre les barons et les baronnes du HVM qui se livrent une lutte sournoise et acharnée afin d’être calife après le calife, pour ne citer que le directeur de cabinet du Président Henry Rabary-Njaka et le ministre d’Etat, Rivo Rakotovao. Si l’on se réfère à la structure du HVM, c’est le second, en sa qualité de président national, qui passe avant le premier qui est le secrétaire général. Leur dénominateur commun, c’est de n’être ni l’un ni l’autre investi d’un mandat électif issu du suffrage universel. Le noyau dirigeant du HVM comporte d’ailleurs peu ou prou d’élus.

Division. Reste à attendre si cette hiérarchie va être remise en cause les 19 et 20 décembre prochain, lors des assises du parti, qualifiées de congrès par les uns et d’assemblée générale par les autres cadres. Une divergence d’approche qui pourrait être les prémices d’une lutte d’influence au sein de l’appareil qui a peu de chances d’échapper au virus de la division. A l’image de tous les partis qui se sont succédé au pouvoir. Du PSD au TIM, en passant par l’AREMA, l’UNDD et le TGV. Il n’est pas exclu de voir un jour (pas forcément lointain) un HVM Iavoloha et un HVM Anosy ou Antanimena, comme il y avait à une certaine époque, l’Arema Ambohitsorohitra et l’Arema Isoraka. Ou encore l’UNDD Rakotovahiny et l’UNDD Ramangasoavina. Sans oublier le TIM qui a éclaté en mille morceaux avec le TIM Raharinaivo, le TIM Razoarimihaja, les « Zanak’i Dada », la mouvance Ravalomanana, au point de justifier sa qualification de « Teo Ihany no Miverina » car il ne fait que reprendre les anciennes pratiques de tous les précédents partis au pouvoir.

Frustrations. En ce qui concerne le HVM, les lézardes risquent d’apparaître beaucoup plus vite dans la mesure où sa base a été érigée à la va-vite pour ne pas dire artificiellement après le clash avec le MAPAR. Il n’y a pas non plus d’homogénéité au niveau des cadres issus de différents horizons politiques. Bon nombre d’observateurs s’attendent entre autres à ce que les anciens collaborateurs de Marc Ravalomanana devenus conseillers du président Hery Rajaonarimampianina, adhèrent plus par intérêt que par conviction au processus de HVM-isation. Au risque d’écarter et de frustrer les militants de la première heure, qui avaient œuvré pour l’accession à la magistrature suprême du candidat n°3. Aujourd’hui devenu le numéro Un de l’Etat, mais qui a du mal à tirer le bon numéro 2.

Davis R.

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