Anjozorobe : Révolte populaire contre deux éléments de la gendarmerie

Jacaranda

ANJOZOROBE-(5)Ils ont forcé un fou de marché à lécher des matières fécales.

La ville d’Anjozorobe, à 90 km de la capitale sur la RN3 était le théâtre d’une révolte populaire, l’après-midi de mardi. Face à des agissements de deux éléments de la gendarmerie, la population locale a manifesté leur mécontentement. Car selon les informations recueillies sur place, c’est devenu une habitude pour ces militaires de se bagarrer, voire de brutaliser des personnes. Mais cette fois, ils sont allés trop loin. Ils, deux éléments de la gendarmerie rattachés à la Brigade d’Anjozorobe, ont sauvagement battu un déséquilibré mental allant jusqu’à l’obliger à lécher des matières fécales dans une des toilettes de la caserne et à le faire mâcher des papiers-toilette usagés. Une situation qui a mis le feu à la poudre. « C’est la toute première fois et espérons-le, la dernière » se désole le Maire de cette grande ville dans le Nord d’Analamanga. D’après un témoin, « le fou avait l’habitude de côtoyer  la population, sans déranger personne. Mardi après-midi, il, Randrianjatovo de son vrai nom, a pris un repas sur le bord d’une route menant vers la caserne de la gendarmerie, dans le calme ». On ne sait pas pourquoi, les deux gendarmes s’en sont pris à ce dérangé mental. « Ils ont piétiné son repas. Pour sa part, l’individu n’a pas réagi. Mais on ne sait pas ce qui a pris les deux hommes en treillis car ils ont réagi violemment allant jusqu’à blesser grièvement le malade mental. C’étaient ces réactions qui ont indigné plus d’un. Après ils ont emmené l’homme dans la caserne, pour une prétendue enquête. Et c’est là que les choses empiraient » affirme ce témoin. Pour sa part, la victime dans son témoignage, malgré son état a pu parler de la condition de sa détention arbitraire. « Ils étaient deux à me battre », a-t-il indiqué, montrant des enflures au niveau des doigts. « Ils m’ont forcé ensuite, à mâcher des papiers-toilette », ajoute-t-il en sanglotant.

Soulèvement. Le témoin d’expliquer ensuite que voulant intervenir face à ces actes de barbarie, il s’est rétracté de peur d’être la prochaine victime de ces éléments incontrôlés. Un soulèvement populaire est alors inévitable. Des jets de pierres ont eu lieu, des dégâts matériels au bureau du chef de district, ont été enregistrés. Face à cette situation, la gendarmerie a réagi. Des barrages ont été érigés et des coups de feu, en guise sommation ont été entendus dans la ville. Les notables du coin ont fini par calmer les uns et les autres. Vers 11 heures, tout est rentré dans l’ordre.

Par ailleurs, des mesures disciplinaires ont été prises au niveau supérieur. Les fauteurs de trouble ont été mutés dans la capitale. Une enquête est ouverte.

m.L

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