Bois de rose : Blanchiment d’argent à travers la filière vanille

La préparation de la vanille exportable obéit à des normes bien établies.
La préparation de la vanille exportable obéit à des normes bien établies.

La production de la vanille retrouve actuellement sa situation normale, mais les trafics liés au bois de rose perturbent quelque peu la filière.

Dans le jargon de la filière vanille, cela s’appelle « lariga ». Il s’agit en l’occurrence des achats de vanille, pratiqués par certains trafiquants de bois de rose dans la région SAVA. Dans un objectif inavoué de blanchir leur argent acquis sur les trafics de bois de rose, ces malfaiteurs  s’introduisent sur le marché et n’hésitent à acheter n’importe comment. C’est-à-dire sans considérer la taille et l’humidité. Ainsi, vanilles longues ou courtes, humides peu humides sont parfois raflées par ces blanchisseurs d’argent sale, à des prix qui attirent certains planteurs et collecteurs de vanille verte et en vrac dans la SAVA.  Des pratiques qui ne sont évidemment pas sans conséquences néfastes sur l’ensemble de la filière vanille dans la mesure où elles peuvent affecter en partie la qualité des produits.

Bonne pratique. Heureusement que dans la plupart des cas, les professionnels de la filière reviennent dans la bonne pratique durant la campagne 2014-2015 où les préparateurs pratiquent  de nouveau le séchage au soleil des gousses de vanille. Ainsi, l’on assiste à une baisse de la pratique du sous vide qui était encore très fréquente au cours de la précédente campagne. Faut-il en effet rappeler qu’en 2013, et en réaction à une baisse de la production mondiale, nombreux planteurs, préparateurs et collecteurs avaient procédé à la conservation de vanille encore humide. Et ce, dans un objectif de spéculer plus tard sur les prix et de gagner en poids. Une pratique qui, évidemment portait un coup sur la qualité de la production. Et la baisse de la pratique du sous vide, constatée pendant la présente campagne redonnera probablement à la vanille malgache sa grande renommée.

Champion du monde. Ce, d’autant plus que quantitativement, la production  est  bonne, cette année. Estimée entre 1 800 tonnes et 2 000 tonnes de gousses de vanille exportables de meilleure qualité, la production revient en effet à son niveau de 2010. Avec son arôme inégalable, son bon taux de vanille et surtout ses longueurs,  la vanille malgache est encore le champion du monde dans son domaine.  Selon les estimations, la récolte 2014 est répartie comme suit : 800 à 900 tonnes de « cuts », 900 tonnes de vanille fendue et non fendue rouge destinée à l’extraction. Et enfin, 150 à 200 tonnes de vanille de qualité supérieure, de type gourmet. En tout cas, pour cette campagne et avec sa production estimée entre  1 800 et 2 000 tonnes, la vanille malgache devancera encore de très loin, celle des autres pays concurrents : 80 tonnes pour l’Ouganda et la Tanzanie, 40 tonnes pour l’Indonésie, 30 tonnes pour l’Inde, 50 tonnes pour les Comores et 30 tonnes pour les très petits pays producteurs. Une fois de plus la vanille de Madagascar sera un grand pourvoyeur de devises et va concourir  à la relance économique du pays.

R.Edmond

Suivez-nous aussi sur Facebook

Partager cette publication