Trésor, CUA, ADEMA, Sinistrés… : Mouvement de contestation généralisé



Jacaranda

uneLa gestion de tous ces foyers de tension devient une activité primordiale pour le régime HVM.

Un peu plus d’un an après son accession au pouvoir, le président Hery Rajaonarimampianina fait déjà face à une « situation de crise » qui risque d’être fatale pour un régime qui ne bénéficie ni d’une légitimité vis-à-vis de son peuple, ni d’une entière confiance de la part des bailleurs de fonds internationaux. Nul n’ignore qu’à cause de cette « réticence » des  bailleurs, le pouvoir HVM se heurte actuellement à un problème de budget sans précédent. L’Administration publique en général est frappée depuis quelques mois par un manque de matériels et de fournitures tels que les papiers, l’encre et les carburants. Une situation qui force parfois certaines autorités à opter pour le non-respect des principes généraux de la gestion des finances publiques. C’est notamment le cas au niveau du Trésor public qui, d’après un communiqué publié par le personnel le 24 février dernier, subirait depuis quelque temps des dénigrements, des intimidations, des menaces et des acharnements de tout genre de la part d’un ministre au sein du gouvernement Ravelonarivo. Ce dernier souhaiterait retirer une somme de 34 milliards d’Ariary de la caisse des Sociétés commerciales à participation publique. Cette affaire a d’ailleurs provoqué la colère de certains députés issus des groupes parlementaires « MAPAR », « Hiaraka Isika », « VMP/MMM », et même quelques parlementaires membres de la « Plate-forme pour la Majorité Présidentielle » et du groupe HVM. Ces derniers ont haussé le ton pour dénoncer le non-respect des principes de l’orthodoxie financière par le gouvernement.

« Bourdes ». En tout cas, le régime Rajaonarimampianina risque de faire face très prochainement à un mouvement de contestation généralisé. La gestion de nombreux foyers de tension devient primordiale pour le HVM. Pour ne citer que la grève au niveau du Trésor public contestant le souhait d’un membre du gouvernement d’avoir la mainmise sur la caisse des sociétés commerciales à participation publique ; le mouvement des employés de la Commune Urbaine d’Antananarivo qui fait pression sur l’Exécutif pour exiger le respect du chronogramme déjà établi par la Commission Electorale Nationale Indépendante de la Transition par rapport aux élections communales, ainsi que la manifestation des habitants des quartiers d’Ampefiloha, d’Antetezana Afovoany et d’Andavamamba visant à dénoncer l’indifférence des autorités par rapport à la situation des sinistrés. Aux dernières nouvelles, ces derniers prévoient de descendre de nouveau dans la rue demain. Hier, ce fut au tour du personnel de l’ADEMA d’organiser une manifestation pour dire non à l’initiative du Ministère chargé des Projets présidentiels, de l’Aménagement du Territoire et des Infrastructures, qui souhaite octroyer la gestion des Aéroports d’Ivato et de Nosy-Be à une société étrangère. Pour leur part, les agents du Service des Domaines seront également en grève à partir de ce jour pour revendiquer la levée des mesures de suspension de l’octroi des terrains domaniaux et la cessation des intimidations contre les employés. Autant de contestations qui risquent de faire tache d’huile. Aux yeux des observateurs, tous ces problèmes sont causés par le comportement d’un membre du gouvernement qui se considère comme un « super-ministre » et qui prend toutes les grandes décisions importantes à la place du président Hery Rajaonarimampianina. On se demande alors si ce dernier est incapable de mettre fin à toutes ces « bourdes » qui risquent pourtant de laisser un goût amer pour le « Hery Vaovao ho an’i Madagasikara », notamment lors des élections communales à venir. Histoire à suivre.

Davis R

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