Conseillers du Président : Rivalités latentes entre cadres HVM et Tiko Boys

Henry Rabary-Njaka et consorts constituent le premier cercle.
Henry Rabary-Njaka et consorts constituent le premier cercle.

En recrutant des transfuges de Marc Ravalomanana au mercato de 2014, Hery Rajaonarimampianina compte sans doute conserver son titre en 2018.

Sous la Première République, le cabinet du Président Tsiranana était marqué par une lutte d’influence entre les « Nordistes et les Sudistes » qui entonnaient toutefois ensemble le « Pisodia izahay mandra-pahafatinay ». Mais c’était plutôt le parti au pouvoir qui allait devenir moribond suite aux coups de griffe entre « Pisodia » dont la bête noire était pourtant l’AKFM qualifié de communiste.

Hauts gradés. Le virus de la division n’épargna pas non plus le régime Ramanantsoa. Un pouvoir de transition composé de « militaires et de technocrates » qui devaient pousser le général à passer le fanion au colonel Ratsimandrava. Ce dernier passa vite l’arme à gauche à cause des rivalités entre les hauts gradés des forces armées qui n’étaient même pas légion à l’époque où l’on ne comptait que 3 généraux et 3 colonels « pleins ».

Equipage. L’Amiral Didier Ratsiraka – capitaine de Frégate au moment de son accession à la barre – avait également échoué dans son entreprise d’unir et de réunir sa troupe, même si le roulis faisait plutôt le jeu de l’ancien de l’Ecole navale de Brest qui manœuvrait au début à bâbord avant de virer par la suite à tribord avec le vent de la libéralisation venu de Washington à travers les institutions de Bretton Woods et celui de la démocratie qui soufflait à partir de La Baule. Ce changement de cap avait divisé l’équipage de l’Amiral formé par des « révolutionnaires » de la première heure qui ne juraient que par le « Boky mena » et des néolibéraux qui voulaient se mettre au PAS (Programme d’Ajustement Structurel). Déjà tiraillé entre l’Arema Ambohitsorohitra et l’Arema Isoraka, le navire ou le « taxi-brousse » ne tarda pas à sombrer.

Querelles internes. Le professeur Zafy Albert avait aussi raté l’opération de rassemblement des « Hery Velona ». A l’image de son staff dont les membres étaient loin de s’entendre, pour ne citer que le clan de Serge Zafimahova d’un côté et le groupe d’Alain Ramaroson de l’autre. Sans parler des querelles internes de l’UNDD partagée entre les « Rakotovahinistes » et l’aile Ramangasoavina relayée plus tard par Rakotovao Ravahatra. L’UNDD était même concurrencée par le CSDDM de Francisque Ravony auquel s’était même joint des proches de l’homme au chapeau de paille.

Division. De retour à la barre, l’Amiral n’a pas tout à fait exorcisé le mistigri de la division qui minait son régime sous la Deuxième République. Des rivalités apparurent très vite entre le Premier ministre Tantely Andrianarivo et le vice-PM et non moins secrétaire national de l’Arema, Pierrot Rajaonarivelo. Cela se ressentait aussi au niveau de l’entourage présidentiel.

Inégalité. Marc Ravalomanana n’avait pas non plus inventé le fil à couper le beurre en ce qui concerne son staff. Constitué essentiellement par des Tiko Boys d’une part et par des conseillers étrangers d’autre part. Les premiers émargeaient en Franc Mofo Gasy tandis que les seconds étaient payés en devises fortes. Une inégalité de traitement – à compétences pourtant égales – qui n’était pas pour mettre de l’huile dans les rouages de la Présidence.

Déraillements. La présidence n’allait pas non plus bon train du temps d’Andry Rajoelina. Pour ne rappeler que le limogeage de son directeur de cabinet Zazah Ramandimbiarison et/ou la mise à l’écart des Laza Razafimahaleo ; de Lalatiana Rakotondrazafy ; du directeur de la sécurité, le colonel Razafimahatratra ; de l’interdiction de Palais du Colonel Charles… Sans compter les « mpitolona » de la première heure qui ont été abandonnés sur le quai. Tout cela a fini par provoquer des déraillements du TGV dont la candidature à la dernière présidentielle n’a pu être remise sur les rails.

Adversaire. L’entourage du président Hery Rajaonarimampianina est aussi affecté par le démon de la division. Pour les Solofo Rasoarahona, Henry Rabary-Njaka et autres, l’union ne fait plus la …force du « Hery Vaovao ho an’i Madagasikara ». Entre l’associé de longue date et « l’ami de 15 ans », le cœur du Président balance un moment pour finalement se pencher vers l’un qui reste et demeure directeur de cabinet, alors que l’autre aurait été écarté de son poste d’ambassadeur itinérant. En plus de cela, le staff du chef de l’Etat est marqué par des rivalités latentes entre cadres HVM et Tiko Boys. Les Henry Rabary-Njaka, Jaobarison Randrianarivony, Rachid Mohamed, Nicole Andrianarison, Herisoa Razanadrakoto… constituent le premier cercle. Ils ont été nommés le 5 février 2014. Quant aux Harison Randriarimanana (il était à droite du Président lors du Dialogue politique avec l’Union Européenne) et Olivier Sahobisoa Andrianarisoa, ils sont arrivés sur le tard. Qui plus est, l’un et l’autre étaient des ministres de Marc Ravalomanana qui représente un adversaire potentiel pour l’actuel président en exercice en 2018. Ceci expliquant peut-être cela.

R.O

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