Affaire Lanto Rakotomanga : Les députés réclament la démission du général Florens



Jacaranda
Les députés MAPAR prévoient de porter plainte contre les commanditaires de cet acte. Photo : (Nary Ravonjy)
Les députés MAPAR prévoient de porter plainte contre les commanditaires de cet acte. Photo : (Nary Ravonjy)

L’avocat de la députée du deuxième Arrondissement dénonce l’existence de nombreux vices de procédure.

Les membres de la Chambre basse ont exprimé leur solidarité avec la députée du deuxième Arrondissement, Lanto Rakotomanga. Hier, l’avocat de cette dernière, Maître Sylvestre Razafimahefa a été invité à l’hémicycle pour apporter des éléments d’explications sur la situation. Une occasion pour celui-ci de faire savoir que la somme découverte dans la malle arrière du véhicule de sa cliente appartient au MAPAR. « Cet argent devait être utilisé pour rembourser les dépenses des candidats du parti qui sont en lice pour les élections communales du 31 juillet prochain », a-t-il annoncé. Lanto Rakotomanga, en tant que responsable financier du MAPAR, aurait donc été chargée de distribuer l’argent aux principaux bénéficiaires. Pour ce qui est de la provenance de ladite somme d’argent, elle a été retirée de la cotisation de chaque député MAPAR. Chaque député doit payer une cotisation mensuelle de 100 000 Ar au minimum. Maître Sylvestre Razafimahefa a également laissé entendre que 240 millions d’Ariary se trouvaient dans les deux cartons, et non pas 200 millions d’Ariary. En quelque sorte, l’avocat soupçonne les éléments des Forces de l’ordre ayant procédé à la fouille, d’avoir volé 40 millions d’Ariary.

Vices de procédure. Bon nombre d’observateurs estiment que cette accusation aurait dû être évitée si les Forces de l’ordre ont respecté les procédures légales en matière de perquisition. En effet, les principes de la fouille contradictoire ont été bafoués. Après avoir brisé les vitres de la voiture, les policiers ont procédé à la fouille sans la présence d’un huissier de Justice, ni d’un représentant officiel de l’intéressée. Par ailleurs, Maître Sylvestre Razafimahefa estime que cette affaire est entachée de nombreux vices de procédure. En effet, mis à part les députés, les journalistes et les simples citoyens qui ont fait le déplacement à Namontana pour assister à cette interpellation musclée peuvent également confirmer le fait que les éléments de la GSIS et de la Brigade criminelle n’ont présenté ni un  mandat de perquisition, ni un autre mandat officiel émanant du Procureur de la République. Et ce, contrairement à ce qui a été affirmé par les responsables des Forces de l’ordre au cours de la conférence de presse qu’ils ont tenue hier au Toby Ratsimandrava. Pour ce qui est des débats autour de la question du « flagrant délit », l’avocat de Lanto Rakotomanga réfute cette accusation. « C’est infondée puisque l’infraction n’a pas encore été déterminée », a-t-il soutenu.

« Bourde ». Quoiqu’il en soit, cette affaire risque de renforcer le bras de fer actuel entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale. Le gouvernement Ravelonarivo risque de payer à un prix très fort cette nouvelle bourde commise par les Forces de l’ordre, en perpétrant une telle violence à l’endroit d’un parlementaire qui devrait pourtant bénéficier d’une immunité parlementaire. Hier, le ton est monté d’un cran du côté de Tsimbazaza. Les députés envisagent même de déposer une plainte pour « tentative de kidnapping et vol avec infraction ». Le président de la Chambre basse, Jean Max Rakotomamonjy est même allé jusqu’à dénoncer « un acte odieux commis à l’endroit d’un élu du peuple et qui s’apparente au terrorisme perpétré par des personnes supposées assurer la paix et la sécurité mais qui commettent un abus de pouvoir hors pairs à l’encontre de deux innocentes ». Aussi, les députés réclament-ils la démission immédiate du Commandant de la CIRGN Analamanga, le Général Florens Rakotomahanina. Celui-ci ayant été le premier haut responsable présent à Namontana lors de ce « contrôle de routine musclé ». Suite à cette affaire, les parlementaires anti-Rajaonarimampianina envisagent d’envoyer une lettre d’interpellation à l’endroit de la Communauté internationale pour leur faire part du non respect de la Constitution et des droits de l’homme perpétré par les tenants du régime. Au cours d’une conférence de presse organisée hier à l’Injet Ambodivona, le Bureau politique du MAPAR a annoncé qu’il portera plainte contre les commanditaires de cet acte. Pour leur part, en réponse à cette « intimidation », une commission d’enquête parlementaire pour le déblocage suspecte d’une somme de 18 millions d’Ariary de la caisse du Trésor public, a été mise en place au sein de l’Assemblée nationale.

Davis R

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