Corruption de haut niveau à Madagascar : Pas d’arrestation de gros bonnets, selon l’ambassadeur américain

Jacaranda
L’ambassadeur américain Robert T. Yamate  estime ainsi que le remède à la corruption est la transparence.
L’ambassadeur américain Robert T. Yamate estime ainsi que le remède à la corruption est la transparence.

La note visée par la Grande île d’ici à 2025 est de 50 sur 100. La réalisation de ce score ambitieux ne sera pas facile à moins d’un effort considérable de la part des dirigeants.

Jamais deux sans trois, après le doyen du corps diplomatique, l’ambassadeur du Maroc, Mohammed Amar, qui n’a pas ménagé le régime lors de la présentation de vœux à Iavoloha, en soulevant notamment les points négatifs de la situation sociale qui prévalent dans le pays, l’Union européenne lui a emboîté le pas, en déclarant qu’il faudrait appliquer les pratiques de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption. Le troisième à faire des remarques, et pas des moindres, c’est Transparency international, et ce, par le biais de l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2015. Les conclusions des résultats réalisés par Transparency International ont été effectuées par Frédéric Lesné qui n’est autre que le directeur de cette ONG. La synthèse des résultats s’est tenue, hier, à l’American Center, à Tanjombato.

Indice. D’entrée de jeu, le directeur d’annoncer que « le score de Madagascar dans l’indice de perception de la corruption stagne à un niveau alarmant depuis trois ans. Malgré les déclarations d’intentions répétées des plus hautes autorités de l’Etat qui se disent prêtes à répondre aux nombreuses attentes d’actions concrètes pour enfin avancer dans le combat contre ce fléau, la perception du phénomène de la corruption par les experts nationaux, internationaux et les milieux d’affaires ne s’améliore pas ». L’IPC attribue une note à chaque pays, de 0 à 100, zéro pour les pays extrêmement corrompus et cent pour les pays les plus intègres. Il a établi un classement mondial sur la base de ces notes. Pour le cas de Madagascar, son score est de 28/100, en 2015, et cela en trois années consécutives. L’on constate ainsi une stagnation. Côté classement, la Grande Ile occupe la place de 123e sur 168 pays. Une note décevante, dans la mesure où pour un élève, c’est à peine 5 sur 20.

Sens. Pour sa part, l’ambassadeur des Etats-Unis à Madagascar, Robert T. Yamate a aussi abondé dans ce sens : « la lutte contre la corruption que Madagascar a engagé se poursuit ». Ce diplomate a notamment parlé des menaces qui planent sur les précieuses ressources naturelles et qui doivent être prises au sérieux, a-t-il soutenu. Toujours à propos de la corruption, l’ambassadeur de déclarer que « l’arrestation de gros bonnets est quasi inexistant ». Ce dernier a d’ailleurs fait la remarque qu’« une personne soupçonnée de trafic de bois de rose a été arrêtée, relâchée puis a quitté le pays ». Il estime ainsi que le remède à la corruption est notamment la transparence.

Maigres résultats. Pour en revenir à l’indice de perception de la corruption 2015, cette ONG de marteler que « lutter contre la corruption demande effectivement un grand courage politique, celui de s’attaquer, parfois frontalement, à des intérêts particuliers puissants …A la vue des maigres résultats observables de la lutte contre la corruption jusqu’à présent, les malgaches sont en droit d’attendre plus de la part de leurs responsables politiques ». Toutefois, Transparency international n’a pas oublié de souligner que « lutter efficacement contre la corruption nécessite également d’avoir un cap, une ligne directrice. L’adoption de la nouvelle stratégie nationale de lutte contre la corruption, qui a reçu l’engagement personnel du président de la République de Madagascar en septembre dernier, représente à ce titre un outil appréciable pour orienter l’action publique dans ce domaine, au cours des dix prochaines années ». Reste à savoir s’il y aura vraiment une amélioration sur la lutte contre la corruption dans les prochaines années.

Dominique R.

Telma Fibre Vibe

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7 Comments - Write a Comment

  1. La corruption est tout simplement l’une des mœurs que beaucoup de malgaches acceptent comme étant un mal nécessaire pour s’enrichir vite. La corruption que l’on a baptisé le « Bizn » est légitimée depuis des lunes durant la 2e république jusqu’à nos jours. C’est même souvent la famille et les entourages qui poussent leur champion d’user son pouvoir d’influence pour se remplir les poches. Apres avoir dit cela, une grande partie de la population, quelque soit leur niveau social, s’est trempée dans la corruption de quelque nature que ce soit, d’un domaine à l’autre, d’une manière indirecte ou directe. Les médias sont aussi responsables du maintien de ce fléau à force d’être trop mou et évasif lorsqu’il s’agit de dénoncer les gros bonnets dit « olo maventy ».

    Si la corruption est devenue difficile à consommer dans les pays développés, c’est parce que les médias sont impitoyables à qui que ce soit à ce sujet. D’autant plus qu’à cause de leur indépendances, ils osent balancer des noms et des photos dans leur article pour donner plus de crédibilité à leur dénonciation. Les journalistes malgaches n’ont qu’à apprendre cette pratique. Les « un haut responsable », « un proche du pouvoir », « la femme d’un ministre », etc. ne font que protéger ces individus.

  2. Raha ny halalin’ny Corruption nijabahan’i Madagasikara ankehitriny, dia tsy vitan’ny mpitondra irery intsony ny ady amin’ny Corruption. Ny andrimpanjakana rehetra corrompu, hatry amin’ny madinika indrindra, ny vahoaka corrompu. Ny famonjena mianga avy amin’ny mpitondra dia efa tsy misy intsony, mitovy amin’ny olona maty tanana sy tongotra zay filoha ho tonga eo Ihavoloha eo. Famonjena miainga avy any amin’ny vahoaka no sisa antenaina.

  3. Vouas avez raison. La corruption est une lèpre qui ronge les consciences. Mais je m’interroge : comment éduquer les enfants (choses indispensable !) via des enseignants eux-mêmes corrompus et mal formés ? Équation difficile à résoudre…

  4. Les trafiquants et les corrompus sont vus et connus de tous et il n’y aura jamais d’arrestation ni de fin car ils sont tous au pouvoir actuellement à commencer par le chef de l’état .

  5. Le mot CORRUPTION apparaît 14 fois dans les textes Bibliques. Et les autorités tant politiques que religieuses, depuis des siècles et des siècles ont déjà commencé à lutter contre ce fléau.
    C’est un fléau, source de toutes les débauches, des péchés meurtriers et destructeurs, …
    En conséquence, la corruption entraîne la désagrégation de toute une société et en résulte inévitablement la pauvreté, situation à laquelle où nous vivons actuellement.
    Manifestement, ce qui nous manque c’est la volonté de déployer tous les moyens à notre disposition pour frapper FORT tous ceux qui sont incriminés de près ou de loin de ce fléau appauvrissant,du moins pour réduire les effets néfastes que cela engendre au milieu de la société.

  6. La corruption , c’est un pain quotidien des Malagasy appauvris. A commencer par les dirigeants, démagogies et promesses infinies depuis des 4 républiques consécutives.
    La corruption a gagné du terrain depuis l’avènement de la 2ème Republique(du temps de la queue au Fokontany pour gagner le quota du riz stock tampon, de l’huile, etc …), durant laquelle le mot  » RISORISO » ===>> RICHE-RICHE est née sur la territoire Malagasy. Ce sont les camarades qui ont la priorité aux avantages sur tous les fronts( PPN, BOURSE EXTÉRIEURE , QUOTA QUOTA sur LE RECRUTEMENT AU SEIN DE DIVERS SERVICES PUBLIQUES et ou PRIVÉE).
    La corruption se développait, accompagnée de la suppression de certains matières au niveau de l’Education de base de nos enfants Malagasy. La matière  » MORALE » disparaissait , tout de suite après, L’instruction CIVIQUE était abandonnée. Nos enfants sont formés pour être diplômés et n’avaient pas de CIVISME ET MORALE .En quoi sert la matière « PHILOSOPHIE » de la classe Terminale, seulement pour une année scolaire ? Arretons nos aventures et relevons le défis pour « LE FAHENDRENA MALAGASY »
    La corruption évoluait et évolue puis évoluera de temps en temps, nous risquons de nous entretuer si cette situation continue.
    On n’a pas besoin de financement de l’extérieur via BIANCO, pour combattre ce fléau . La solution est en nous, il vaut mieux revenir à la source, restructurons notre système éducatif, pour que nos enfants aient leurs avenirs les meilleurs

  7. Ahhhhh Ca, c’est dit.

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