Amnistie et « Ni… Ni… » : Ravalomanana écarte le schéma de 2013

A entendre ses déclarations de vendredi dernier à Bel’Air, Marc Ravalomanana veut ratisser au-delà du TIM.
A entendre ses déclarations de vendredi dernier à Bel’Air, Marc Ravalomanana veut ratisser au-delà du TIM.

L’ancien président écarte jusqu’à présent le schéma de 2013 qui a plongé le pays dans une interminable crise de légitimité.

Tout le monde a finalement reconnu trois ans après que le « Ni…Ni… » a été une erreur de la part de la communauté internationale. Pas plus tard qu’il y a deux semaines, une mission de suivi électoral de l’Union européenne dirigée par Koen Vervaeke, a quitté la Grande Ile. Lors des différentes rencontres que cette mission a eues durant son séjour, ce managing directeur pour l’Afrique du service diplomatique européen n’a raté aucune occasion pour mettre l’accent sur la nécessité d’élections inclusives en 2018. Ce qui ne serait pas en train de se concocter depuis l’atterrissage à l’Assemblée nationale du projet de loi n°010-2016 du 20 mai 2016, relatif à la réconciliation nationale. L’esprit du projet de loi initial écarte toute exclusion quant au champ d’application de l’amnistie. Par contre, certains députés pro-HVM tentent actuellement de manœuvrer pour exclure l’ancien président Marc Ravalomanana et l’ancien président de la transition Andry Rajoelina du bénéfice de cette amnistie, les empêchant ainsi de se présenter aux présidentielles de 2018.

« Laissez le peuple s’exprimer ». A entendre les différentes déclarations faites ces derniers temps par Marc Ravalomanana, l’ancien exilé d’Afrique du Sud écarte toute option rendant impossible sa candidature en 2018. Lors de sa descente à Toamasina, il a encore confirmé sa candidature. Et après le Grand Port, il a poursuivi son périple politique. La dernière en date était son déplacement dans le district d’Anjozorobe. Vendredi dernier, le président national du TIM a réuni au Q.G du parti à Bel’Air ses sympathisants (non membres du TIM) qui avaient milité à l’époque pour son retour au pays en organisant régulièrement des manifestations au Magro de Behoririka. 28 associations ont été représentées à cette rencontre durant laquelle Marc Ravalomanana a encore réitéré sa détermination à aller jusqu’au bout de la reconquête du pouvoir. Interrogé par les journalistes, lors d’une conférence de presse à Faravohitra, sur son éventuelle exclusion en 2018, l’ancien président a répondu : « Dans ce cas, laissez le peuple s’exprimer ». Une réponse qui veut dire ce qu’elle veut dire.

Candidats de substitution. Visiblement, le « Ni… Ni… » imposé par la communauté internationale n’a pas conduit à l’apaisement, contrairement à ce qu’on croyait à l’époque. Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, deux principaux protagonistes de la crise de 2009 avaient été obligés de présenter des candidats de substitution, Jean-Louis Robinson pour le premier et Hery Rajaonarimampianina pour le second. Ces deux candidats se sont affrontés au second tour. Trois ans après, une crise de légitimité continue de se faire sentir, car Andry Rajoelina et son Mapar ont retiré leur soutien au « vainqueur » du scrutin. Bref, pour les observateurs avertis, une amnistie sélective et un nouveau « Ni… Ni… » risquent de plonger le pays dans une crise pré-électorale sans précédente dont les conséquences seraient irréparables.

R. Eugène

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3 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. On peut dire aussi que la CI se réjouit des crises sur notre territoire… un mal pour un bien comme on dit…Néanmoins, il faut arrêter de ressasser le passé et de chercher des coupables qui ne seront jamais jugés. Si on peut avancer, pourquoi s’éterniser à raconter l’histoire, c’est ce qui nous fait reculer depuis maintenant plus de 50 années de pseudo-indépendance.

  2. Le présent et le futur sont souvent le « résultat » du passé.

    Un pays qui n’a pas de « passé » ou qui ne sait pas tirer les leçons du passé ne peut pas envisager le présent encore moins le futur.

    Bref les « causes à effets » sont dans la vie incontournables…!

    En 2013 ces protagonistes (Ravalo et Rajoelina) espéraient gouverner par personne interposé…..!!

    Tout compte fait le « Poulain » de Rajoelina n’a pas écouté son maître…au contraire il pourchasse ce dernier et essaie de l’occulter… apparemment la mayonnaise a du mal à prendre…

    Refonder le paysage politique est-il aussi écarter ceux qui ont posé des »problèmes » dans le passé….????

    Refonder ce paysage politique « ruiné » est une condition nécessaire pour une politique de DEVELOPPEMENT…..!

    La vie politique de ce pays est tellement abîmée que « REFONDER »est un mot clé si nous voulons aller de l’avent dans un AVENIR meilleur…..

    REFONDER …mais avec QUI…?…. pour faire QUOI…..?

    Actuellement le VAHOAKA est affamé ….les REQUINS (bourreaux de ces vahoakas) gros et petits font perdurer leurs souffrances…ils ne pensent qu’à leur kibo…jamais rassasié….!

    Les tenants du pouvoir actuels ne font rien et ne peuvent rien pour ces vahoakas…les mafieux se tiennent par la barbichette..aucun d’eux n’est « clean » pour redonner de l’espoir au peuple et la CI ne comprend pas toujours ….et fait le jeu des « voyous »….

    J e ne souhaite pas les RETOURS de RAVALO et de RAJOELINA…bonnet blanc,blanc bonnet…

    Je souhaite que les GASY soient maître de leur DESTIN….

  3. Si on veut avancer, il faut mettre le passé derrière… Certaines personnalités du monde politique devraient d’ailleurs tirer leur révérence, ou bien, s’ils veulent vraiment œuvrer pour le bien commun des Malgaches, qu’ils arrêtent de créer des tensions. Le problème à Madagascar est justement cette absence de « paix » surtout politique. Le vrai patriotisme n’existe pas, c’est un leurre pour gagner des élections, l’instabilité politique dû à tous ces partis inutiles est une des principales sources de la pauvreté dans ce pays.

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