Présidentielle inclusive en 2018 : Les députés pro-régime avertis par les bailleurs de fonds


Jacaranda

Le déblocage des 6,4 milliards de dollars promis à Paris lors de la Conférence des Bailleurs et des Investisseurs risque d’être compromis pour de multiples raisons.

Des langues se délient presque un mois après l’adoption de la loi sur la réconciliation à l’Assemblée nationale. Une loi qui continuent de susciter des débats et des polémiques tant au niveau du microcosme politique local qu’au niveau de la communauté internationale à Madagascar. On vient d’apprendre que peu avant le vote décisif des députés, quatre diplomates européens dont entre autres le Chef de la délégation de l’Union européenne Antonio Sanchez Benedito et l’ambassadeur de France Véronique Vouland-Aneini ont convoqué le président de l’Assemblée nationale Jean Max Rakotomamonjy et le vice-président pour la province d’Antsiranana Mahazoasy Freddie. « La rencontre a eu lieu, c’est vrai, mais c’était plutôt dans un cadre privé. », a confirmé une personnalité proche du président de la Chambre Basse.  D’après nos sources, ces représentants des bailleurs de fonds ont averti ces députés pro-régime qu’aucun décaissement de financement n’aura lieu s’ils étaient tentés d’adopter une loi qui ne favorise pas une élection présidentielle inclusive en 2018. Une manière de faire comprendre que le déblocage des 6,4 milliards de dollars promis serait encore soumis à de multiples conditions.

Affaire Claudine. Parmi ces conditions figure également la suite à donner à l’affaire de suspicion de détournement de 396 millions d’ariary (subvention « spéciale » octroyée à la commune rurale d’Ambohimahamasina, district d’Ambalavao) qui implique la conseillère spéciale du président de la République Claudine Razaimamonjy. L’actuel premier ministre Mahafaly Solonandrasana Olivier qui aurait débloqué cette subvention en tant que ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation aurait sa part de responsabilité dans cette affaire. Et il risque de perdre son fauteuil à Mahazoarivo s’il n’arrive pas à prouver le contraire. Pour les bailleurs de fonds, l’affaire Ambohimahamasina permet de mesurer jusqu’où les dirigeants actuels peuvent aller pour la mise en œuvre de la bonne gouvernance dans la gestion des finances de l’Etat. A rappeler que le Bianco a déjà pris ses responsabilités en ayant mené des investigations sur cette affaire. La milliardaire Claudine Razaimamonjy aurait été deux fois convoquée à Ambohibao, mais elle aurait purement et simplement ignoré les convocations. L’enquête s’est terminée en queue de poisson au niveau de la Chaîne pénale anti-corruption. La communauté internationale suit toujours le dossier.

R. Eugène


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  • kotobekibo

    ce qui est bizarre et effrayant dans tout ça, c’est cette phrase :
    « On vient d’apprendre que peu avant le vote décisif des députés, quatre
    diplomates européens dont entre autres le Chef de la délégation de
    l’Union européenne Antonio Sanchez Benedito et l’ambassadeur de France
    Véronique Vouland-Aneini ont convoqué le président de l’Assemblée
    nationale Jean Max Rakotomamonjy et le vice-président pour la province
    d’Antsiranana Mahazoasy Freddie. »

    Des ambassadeurs ont CONVOQUE ?
    dans quel pays nous sommes ? ces ambassadeurs se prennent comme employeurs de nos chef d’institution et d’autres députés? et en plus, le chef d’institution obtempère !

  • sefo

    oui ils sont convoqués et alors ????? te hangataka aminy fona isan’andro zao kanefa tsy hita oe nankaiza lay fotodrafitr’asa tokony atao

  • lakaro

    Bien sur, on est convoqué quand on a rien en bas.fait plus le mimi et il n’y aura plus d’ingerance.

  • tsopiaina

    normal! c’est leur argent qu’on gère depuis des années à cause des incompétences et égoismes des gouvernants!!!! on ne cesse de demander, des milliards de dollars, d’euros, pour s’enrichir, c’est à peine si le projet fonctionne avec 25% du budget alloué! va savoir……….demande à claudine!!! huhuhuhu! ce qui n’est pas clair c’est que malgré les tsindry des bailleurs……..jereo reo raha misy mahia zany, misolo ny vavan’ny vahoaka antapitrisany ka voky loatra!

  • Jean Jacques chollez

    On s’entretient avec un égal,… on convoque un subalterne…LA main qui donne est toujours au dessus de la main qui reçoit…

  • OLIVIER

    En réponse à Kotobekibo !
    Ces Ambassadeurs, comme il les citent ! Ces Ambassadeurs représentent justement les Bailleurs de fonds !!! et donc, ce n’est pas une question de pays mais une question d’argent ! et qui le détient cet argent ce n’est pas le pays (Madagascar) mais bien les Bailleurs de fonds Etrangers !!! Donc, au vu des résultats improbables qui persistent encore, il semble normal qu’il y ait un rappel à l’ordre avant de distribuer de l’argent bêtement à des gens dont une partie
    sont malhonnêtes et n’attendent qu’une chose c’est le détourner pour ce le mettre dans leur poche… il faut être très bête et ne rien connaître de Madagascar pour ne pas comprendre cela il me semble.
    Six milliards quatre cent millions d’euros, ce n’est pas rien, et l’Europe ne distribue pas l’argent comme ça ! les Européens en ont besoin eux aussi de cet argent, hors il est tout à fait normal qu’il y est des conditions d’actions promises par votre Gouvernement, cela passant par la fin de la corruption des ayant-droit et des magouilles en tous genre !!! il n’y a pas d’autres alternatives !!! et arrêtez donc de critiquer bêtement les gens qui cherchent à vous aider…

  • OLIVIER

    tout à fait d’accord avec vous !!!

  • rakotomalala

    il est grand temps que nous (malagasy: vahoaka et politiques)
    comprenions que nous ne pouvons plus continuer eternellement a vivre dans un pays où l’Administrationest quasi inexistante à cause de ce mal qui le ronge depuis des décennies à savoir: la Corruption.Pour ma part je revendique haut et fort:menons un combat tous azimuts contre ce fléau et arrêtons de nous attendrir sur les manières ou les façons de l’éradiquer, car la coupe est pleine…

  • Andry Rarivoson

    bin oui, c’est leur argent !
    « dans quel pays nous sommes ? » : un des pays les plus pauvres du monde, dont le budget de fonctionnement vient à 70% des bailleurs
    « nos chefs d’institution » ? qui construisent des palaces et s’achètent des 4×4 flambant neufs pendant que 90% de la population vit sous le seuil de pauvreté

    non, définitivement, on ne peut plus se payer ce genre de susceptibilité