La situation se dégrade à Vangaindrano : Le magasin d’un Sénateur incendié, la ville en état de siège

Jacaranda

Situation incontrôlable et incontrôlée. Les pourparlers entre la population locale qui réclame la tête de trois individus soupçonnés d’avoir violé et tué une jeune étudiante de 19 ans, et les autorités locales n’ont rien donné.

Hier matin, une foule en furie a pris à partie le bureau de la Gendarmerie. La ville est complètement en état de siège. Plusieurs centaines d’hommes et de femmes ont incendié une dizaine de boutiques, de gargotes et de kiosques qui se trouvent dans le centre-ville. Une banque qui se trouvait à côté, a même été menacée. L’un des magasins d’un Sénateur HVM a été pris à partie par les manifestants. D’après les informations qui nous sont parvenues, ils étaient 3 000 environs. Ils ont dressé un barrage sur la route nationale pour empêcher la venue des éléments d’intervention venant de Tana. Des faits qui ont obligé les forces mixtes sur place à intervenir. Pour disperser la foule, les forces de l’ordre ont dû recourir à des jets de grenades lacrymogènes. Mais cela n’a pas pour autant empêcher les gens, appuyés cette fois-ci par des casseurs, à reculer. Ces derniers ont même envisagé de mettre le feu au bureau de la JIRAMA. Fort heureusement, des éléments pré-positionnés étaient déjà sur le lieu. Cette intervention a permis d’empêcher in extremis l’incendie du local. Hier, la machine administrative a été paralysée du côté de Vangaindrano qui a été déclarée ville morte par les autorités. Par ailleurs, un couvre-feu a été décrété depuis hier.

Affrontements. Durant les affrontements, trois personnes qualifiées de fauteurs de troubles ont été arrêtées. « Ils seront prochainement déférés au parquet. Il n’y aura pas d’indulgence dans le traitement du dossier concernant ces individus. Nous vivons dans un Etat de droit… », a expliqué le Général Anthony Rakotoarison, Directeur de la sécurité et de la recherche auprès de la gendarmerie nationale. Vers la fin de l’après-midi, le calme était revenu à Vangaindrano. Plus d’un craignent pourtant une reprise de la violence. Des éléments des forces de l’ordre ont été positionnés un peu partout dans la ville. Aux dernières nouvelles, la population demande l’application du « Dinan’ny menavozo ». Des règles coutumières qui s’apparentent à une certaine forme de Justice populaire. La nouvelle a vite été rapportée auprès de l’administration centrale. L’on sait que cette affaire a été évoquée durant le Conseil des ministres d’hier. Encore une fois, la Justice populaire, qui signe une régression de notre pays en matière de droits humains, a fait parler d’elle. A la seule différence que cette fois-ci, les forces de l’ordre ont décidé de ne plus tolérer un tel comportement.

D.R

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