« Ni… Ni… » en 2018 : Rivo Rakotovao se disculpe

Jacaranda
Rivo Rakotovao défie la communauté internationale.

Les pro-régime essaient de se disculper, mais la velléité d’exclure des candidats redoutables se précise.

Le président national du parti au pouvoir ne rate aucune occasion pour s’exprimer sur ce que devrait être l’élection présidentielle de 2018. En effet, après avoir déclaré clairement que les putschistes (allusion à Andry Rajoelina) et ceux qui font l’objet de condamnations judiciaires (allusion à Marc Ravalomanana) ne seront pas autorisés à se présenter, il a nuancé à Nosy-Be sa position en précisant que ce n’est pas au HVM de décider de la candidature de qui que ce soit, mais aux lois en vigueur. En fait, la nuance ou la précision apportée par le ministre Rivo Rakotovao ne change rien dans l’atteinte de l’objectif final du régime en place. Cet objectif est d’exclure la candidature de Marc Ravalomanana et d’Andry Rajoelina aux prochaines présidentielles. Pour certains observateurs, le calcul politique du parti au pouvoir se précise, et ce malgré le fait que ses ténors essaient de se disculper en s’en remettant aux soi-disant lois en vigueur. Nul n’ignore pourtant que l’accord de Cotonou interdit à « tous » ceux qui ont participé à un coup d’Etat de se présenter aux élections et qu’une personne condamnée est privée de ses droits civils et politiques si la condamnation est bien sûr définitive.

Communauté internationale. En 2013, c’est la communauté internationale qui a imposé le « Ni… Ni… ». L’ingérence de cette communauté a été jugée normale par certains analystes politiques dans la mesure où Madagascar s’est trouvé dans un contexte politique exceptionnel. Trois ans après, la même communauté internationale tente un nouvel « accompagnement » dans l’objectif d’éviter une nouvel crise politique à Madagascar. Elle reste cependant prudente dans ses actions ou déclarations, pour ne parler que de l’Union européenne qui ne cesse de réitérer que la prochaine élection présidentielle doit être inclusive. Jusqu’ici, l’Union européenne n’a pas précisé si cette inclusivité exclut les putschistes et les personnes ayant fait l’objet de condamnations judiciaires. A rappeler qu’en 2011, un accord politique (feuille de route) dont certaines dispositions ont ignoré certains textes en vigueur et certaines réalités, a permis de sortir le pays d’une crise politique. Et en 2013, le « Ni… Ni… » imposé par la communauté internationale et grâce auquel Hery Rajaonarimampianina est actuellement président de la République, a privé une catégorie de malgaches de leur droit de se présenter à une élection. Trois ans après, les pro-régime s’accrochent mordicus à des faits dont la prise en considération risque de plonger le pays dans une nouvelle crise politique alors qu’ils ont adopté une loi sur la mise en place du CFM (Conseil du Fampihavanana Malagasy).

R. Eugène

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