Présidentielle de 2018 : Les chefs d’église du FFKM sollicités par l’ONU pour observer l’élection

En participant à l’observation de la Présidentielle, le FFKM va assurer les bases de la République.

Dessaisi de la mission de réconciliation nationale en faveur du futur CFM, le FFKM prépare sa reconversion dans l’observation électorale.

Les dirigeants religieux viennent d’être sollicités par les Nations Unies, à travers le PNUD, pour apporter leur contribution aux opérations d’observation dans le cadre de l’élection présidentielle de 2018. Par rapport aux autres entités, l’atout du FFKM, c’est que ses églises sont présentes, même dans les parties les plus reculées de l’île. Dans un premier temps, la mission du Conseil des églises chrétiennes de Madagascar consiste à mobiliser au niveau national ses démembrements par la tenue d’un atelier. Les travaux de préparation de cet atelier battent actuellement leur plein. Nos sources indiquent que ledit atelier se tiendrait dans la Capitale au début du mois d’avril. Après cet atelier national, les dirigeants du FFKM mobiliseront les « Andrimaso FFKM », une structure de base dont disposent les églises membres du conseil œcuménique, et qui leur permettra d’être présentes dans tous les bureaux de vote répartis dans toute l’île.

Réconciliation. Pour le moment, les dirigeants religieux du FFKM sont dessaisis de la mission de la réconciliation dans laquelle ils se sont beaucoup investis moralement. Le processus de mise en place du CFM (Conseil du Fampihavanan Malagasy) bascule ainsi hors de ce domaine (réconciliation) qui devrait être réservé aux « Raiamandreny » politiquement neutres, les Odon Arsène Razanakolona, Irako Ammi Andriamahazosoa, Samoela Jaona Ranarivelo et Davida Rakotonirina. Pas plus tard qu’avant-hier, le Conseil des Ministres a adopté le décret fixant la composition, le fonctionnement et les attributions du comité de sélection national des membres du CFM. Ce comité sera ainsi chargé  non seulement de déterminer les termes de référence pour l’élection des 12 membres élus de cet organe, mais aussi d’organiser ladite élection. Comme les 18 futurs membres du Conseil du Fampihavanana Malagasy, les membres du comité devraient être également soumis à l’obligation de neutralité politique.

Manque de crédibilité. Le processus de mise en place du CFM qui supplante officiellement le FFM est biaisé à l’avance. La loi y afférente a été adoptée au Parlement par une majorité totalement acquise au régime. Raison pour laquelle, le texte final permet au président de la République de nommer six des 18 membres du CFM. Le quota présidentiel a été vivement critiqué par les différentes entités concernées par la réconciliation nationale à Madagascar, mais les parlementaires pro-régime ne se sont pas rétractés. Avant-hier, c’est un gouvernement HVM qui a adopté le décret fixant la composition, le fonctionnement et les attributions du CFM. Et d’après une source proche du dossier, les membres du comité de sélection national de cet organe prévu par l’article 168 de la Constitution seraient désignés par l’Exécutif. Bref, la crédibilité du futur CFM est compromise dès le début du processus. On s’attend alors à une réconciliation à deux vitesses qui risque de gâcher l’élection présidentielle de 2018.

R.Eugène

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