Réunion stratégique à Mahazoarivo : Les affaires Claudine et Bekasy soulevées par les bailleurs de fonds

La rencontre d’hier a permis aux bailleurs de fonds de mesurer les efforts déployés par le gouvernement malgache dans la lutte contre la corruption.

Le gouvernement a dû s’expliquer hier devant les bailleurs de fonds sur divers « dossiers » brûlants de corruption.

La réunion du 10e Groupe de Dialogue Stratégique (GDS) entre Madagascar et les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) s’est tenue hier au Palais de Mahazoarivo. La rencontre qui a duré deux heures, de 10h à 12h, a été présidée par le premier ministre Mahafaly Solonandrasana Olivier et Mme Violet Kakyomya du PNUD. Cette fois-ci, les échanges ont porté particulièrement sur la lutte contre la corruption. Les affaires Claudine et Bekasy ont été évoquées par les bailleurs de fonds. Sur l’affaire Claudine Razaimamonjy qui poursuit son hospitalisation à l’HJRA, le ministre de la Justice Charles Andriamiseza a essayé de s’expliquer à Mahazoarivo en affirmant que le dossier suit une procédure normale et légale. Il a souligné que si cette femme d’affaires proche du régime HVM a été admise à l’hopital et bénéficié d’une évacuation sanitaire à Maurice, c’est parce qu’elle est malade. Le ministre Charles Andriamiseza a rappelé devant les bailleurs et les représentants du Bianco hier que Claudine Razaimamonjy s’est évanouie au moment où le Parquet de la Chaîne Pénale anti-corruption a ordonné un mandat de dépôt contre elle.

Dossiers non classés ? Quant à l’affaire Bekasy, un opérateur en bois de rose impliqué dans une affaire de corruption et de blanchiment d’argent, le premier ministre Mahafaly Solonandrasana Olivier a affirmé que le dossier n’est pas classé. Il en est de même, selon le chef du gouvernement, pour l’affaire de bois de rose saisis à Singapour. Or, ces derniers temps, force est de constater que l’opérateur économique Johnfrince Bekasy agit en homme « propre » et « libre ». Il l’a lui-même affirmé lors de son investiture à la tête de l’association des originaires de la partie Nord de Madagascar (FITEFA). « Je suis propre », a-t-il martelé. A rappeler que l’affaire Bekasy a fait éjecter de son fauteuil l’ancien premier ministre Jean Ravelonarivo. Depuis, l’ambassadeur des Etats-Unis ne rate aucune occasion pour rebondir sur la nécessité de mener jusqu’au bout la poursuite judiciaire enclenchée contre cet opérateur en bois de rose. « Nous sommes convaincus que Madagascar doit lutter contre la corruption. Nous sommes conscients que beaucoup reste à faire. Laissons la justice faire son travail », a déclaré hier le chef du gouvernement.

Transparence. Bonne gouvernance, Etat de droit et transparence ont été évoqués hier à Mahazoarivo. A entendre les membres du gouvernement qui ont été présents, ils ne ménagent pas leurs efforts pour y parvenir. Mais quid des résultats ? Jusqu’ici, le régime HVM ne joue pas la transparence sur l’affaire Claudine Razaimamonjy. Le ministère de la Santé se cache derrière l’obligation du respect de secret médical pour éviter de répondre aux questions qui suscitent la curiosité de l’opinion publique. Quant à la bonne gouvernance et au respect de l’Etat de droit, les exemples sont nombreux pour prouver que le régime en place est défaillant, pour ne citer que l’affaire Antsakabary et la recrudescence des vindictes populaires.

R. Eugène

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