Contrôle de détention à la HJRA : Claudine Razaimamonjy a caché son visage sous les draps

Jacaranda

Malgré l’existence d’un ordre de mission émanant du Procureur général, les substituts du Procureur n’ont pas eu la tâche facile.

Des représentants de la Justice ont effectué un nouveau contrôle de détention dans la chambre 126 de l’hôpital HJRA hier. Il s’agit du second contrôle de ce genre après celui opéré le 4 mai dernier. Comme ce qui s’est passé lors de la première descente « inopinée » au niveau de cet hôpital public, les substituts du Procureur, Fanirisoa Ernaivo et Mamisoa Andrianaivoarisoa n’ont pas eu la tâche facile. Et ce, malgré l’existence de l’ordre de mission numéro 354-AJ/17 en date du 15 mai 2017, émanant du Procureur général. En effet, ce contrôle de détenue a été retardé de plusieurs heures. Arrivée à l’hôpital HJRA dans la soirée du 15 mai à 19h, la délégation n’a pu entrer dans la salle 126 qu’hier à 11h20. Si lors de la première visite inopinée opérée le 3 mai, c’était le sénateur Riana Andriamandavy VII qui n’est autre que le beau-frère de Claudine Razaimamonjy qui a empêché les substituts du Procureur de faire leur travail, hier, ce fut au tour du Chef d’établissement de l’hôpital HJRA de faire obstruction à la Justice, sous prétexte que « Les agents de l’hôpital se sentent envahis par les journalistes depuis le début de cette affaire ». En tout cas, c’est l’explication que le Directeur technique de l’HJRA a avancé aux substituts du Procureur. Ce haut responsable de l’HJRA semble avoir oublié que la femme admise dans cet hôpital public a détourné plusieurs milliards d’Ariary de l’argent des contribuables. Par ailleurs, s’adressant à la présidente du SMM, ce Directeur technique de déclarer : « Pour la prochaine fois, ayez la délicatesse de nous prévenir à l’avance lorsque vous souhaiteriez contrôler la présence physique d’un patient ». Est-ce pour affirmer que désormais, les contrôles inopinés ne seront plus autorisés ?    

Traitement de faveur. Apparemment, la Direction de l’HJRA ne souhaite entretenir aucune collaboration franche avec les responsables de la Justice qui ne cherchent pourtant qu’à faire respecter la loi et à rassurer l’opinion face aux rumeurs qui circulent autour de l’affaire Claudine Razaimamonjy. En tout cas, la tension est montée d’un cran hier du côté d’Anosy. Des éléments de l’Emmoreg ont même été aperçus sur les lieux. Après avoir effectué le contrôle, Fanirisoa Ernaivo a confirmé que Claudine Razaimamonjy était  bel et bien présente dans la chambre 126. Toutefois, quant à son état de santé, aucune information ne peut être communiquée, car la détenue aurait caché son visage et sa tête sous les draps. Quoi qu’il en soit, les Substituts du Procureur ont profité de cette visite inopinée pour interpeller la Direction de l’hôpital HJRA et les agents pénitentiaires qui assurent la garde de la conseillère spéciale du président de la République, notamment pour le non-respect de la procédure légale et de la réglementation relative aux visites des détenus. Apparemment, la patronne de l’hôtel « A&C » bénéficie d’un traitement de faveur. Malgré le mandat de dépôt prononcé par les Juges de la Chaîne pénale anti-corruption, elle jouit d’une véritable liberté de communiquer.

Cahier de visites. En effet, dans la nuit du lundi 15 mai et dans la matinée du 16 mai, plusieurs personnes, six au minimum, étaient présentes dans la chambre 126 du service neurochirurgie. Il s’agit entre autres, du maire d’Ambohimahamasina qui a également été auditionné au Bureau Indépendant Anti-Corruption pour la même affaire que Claudine Razaimamonjy, le sénateur Riana Andriamandavy VII et la sœur de la patronne de l’hôtel « A&C », deux députés élus au niveau de la Province de Fianarantsoa et trois autres individus dont on ignore l’identité. Cette visite du maire Tsabo Pierre risque de porter atteinte au bon déroulement du traitement du dossier. Et ce, dans la mesure où l’affaire Claudine Razaimamonjy n’a pas encore franchi le stade de l’enquête au fond. Une source proche de l’HJRA a également laissé entendre que la conseillère spéciale du président reçoit fréquemment la visite de parlementaires. A l’exemple d’un député élu dans la Région Vatovavy Fitovinany qui était présent à la chambre 126 du service neurochirurgie avec son garde du corps mercredi dernier. Face à cette situation, Fanirisoa Ernaivo a interpellé les responsables de l’HJRA. « Les visites doivent être réglementées et la détenue doit avoir un cahier de visite. Seuls ceux qui disposent d’un permis de communiquer peuvent visiter avec la détenue », a-t-elle rappelé. Ce principe est loin d’être respecté pour le moment en ce qui concerne le cas de la femme milliardaire connue comme étant proche du couple présidentiel.

Davis R

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4 Comments - Write a Comment

  1. Miditra any @hjr koa io raha resahina ny cas ny

  2. Et Ravalomanana qui a effectué une fraude fiscale de plusieurs milliards d’ariary et qui a également volé des biens de l’Etat

  3. · Edit

    Je ne copierai ni la France ni les Etats Unis dans le fonctionnement de la démocratie à Madagascar. On n’a pas la même intélligence d’investigation; encore moins des materiels. Et la culture occidentale permet ceci, pas celle de malgache.
    De toute façon qui a permis le coup d’état de 2009 ? ce sont eux qui ont imposé, cette constitution votée avec des carte de quartier. Personne n’a voulu, ni ce coup d’état, ni cette constitution. C’est à cause de ce système que les difficultés sont là.
    Alors, Malgache, supportez bien vos malheurs, et en plus,ce président est votre choix non ?

    d’aillers le « claudinegate » ce n’est pas l’essentiel. Comment éviter que le pays continue de se dégringoler, les éléctions seront trucqées par le hvm, et l’opposition qu’on a c’est le mapar, le mmm; le freedom etc:: encore plus pourris que le régime actuel.

  4. « J’espère que vous pourrez trouver un moyen de passer à autre chose, de laisser Flynn tranquille. C’est quelqu’un de bien. J’espère que vous pouvez laisser tomber ça », a demandé Donald Trump à James Comey le 14 février dans le Bureau ovale.
    Une telle requête venant du président Trump représenterait une interférence directe dans une enquête en cours et pourrait être considérée comme une obstruction à la justice. Un délit qui peut servir de motif pour déclencher une procédure de destitution, comme l’a assuré l’élu démocrate Ted Deutch.
    John McCain, sénateur républicain et candidat malheureux à la présidentielle de 2008 face à Obama, en est même arrivé à déclarer en publique que les scandales qui touchent Trump atteignent maintenant les niveaux de Watergate. (Extrait du Huffpost du 17/05/2017, un journal en association avec le groupe le Monde.)
    Et chez nous à Madagascar, qu’en est il pour le  » Claudinegate » ???

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