Mobilisation des « Zanak’i « Dada » : Décor démonté par les forces de l’ordre, Mahamasina quadrillé depuis hier soir

Environ six véhicules 4×4 de l’Emmo-Sécurité et un camion de la Police nationale ont été aperçus à l’intérieur du stade hier soir.

Coup de tonnerre. La grande mobilisation du parti « Tiako i Madagasikara » prévue se tenir samedi prochain n’aura finalement pas lieu, ou du moins, elle ne se déroulera pas comme prévu. Hier vers 19h45, des éléments de l’Emmoreg ont démonté les banderoles et toutes les décorations qui ont déjà été installées dans le cadre de cet évènement. Depuis hier soir, le stade de Mahamasina est quadrillé par des éléments des forces de l’ordre. Environ six véhicules 4×4 de l’Emmo-Sécurité et un camion de la Police nationale ont pénétré à l’intérieur du stade pour déposer des éléments. Les policiers municipaux présents sur les lieux n’ont observé aucune résistance. Et ce, même si l’Emmoreg n’a présenté aucun mandat officiel pour cette « opération ». Cette initiative a certainement été prise à l’issue des réunions des hauts responsables des trois forces, à savoir l’Armée, la Gendarmerie et la Police nationale, qui se sont succédé tout au long de la journée d’hier.

Troubles. Joint au téléphone dans la soirée, un haut responsable au niveau de la Gendarmerie a confirmé que les forces de l’ordre seront présentes à Mahamasina jusqu’à samedi. Cependant, d’après les explications, le stade ne sera pas complètement fermé au grand public pour aujourd’hui et demain. En effet, les employés de la Commune Urbaine d’Antananarivo qui travaillent à Mahamasina et les sportifs qui s’y entraînent quotidiennement pourront encore accéder à l’intérieur du stade. Par contre, l’accès sera strictement interdit aux partisans de l’ancien président Marc Ravalomanana qui souhaiteront poursuivre les préparatifs en vue de ce meeting. A partir de vendredi, le stade de Mahamasina sera complètement bouclé et l’entrée sera interdite au grand public. Notre source auprès des forces de l’ordre a également expliqué que cette disposition a été prise afin de minimiser les risques d’affrontement. Faut-il rappeler qu’au cours d’une conférence de presse organisée dans son bureau le 3 juillet dernier, le Préfet de Police d’Antananarivo, le Général Ravelonarivo Angelo a annoncé l’annulation de l’autorisation qui a pourtant déjà été octroyée aux « Zanak’i Dada ». « A cause d’un renseignement bien fondé indiquant l’existence d’individus malintentionnés qui prévoient de s’infiltrer dans la foule pour semer des troubles », a-t-il laissé entendre.

« Acharnement politique ». Hier, une réunion entre la Procureure de la République, la Préfecture de Police et les trois entités des forces de l’ordre à savoir la Police nationale, la Gendarmerie et l’Armée s’est tenue à Tsimbazaza. Le maintien de l’annulation de l’autorisation du « Tiako i Madagasikara » a figuré parmi les décisions prises durant de cette rencontre. Au cours d’une nouvelle conférence de presse, le Préfet de Police, le Général Ravelonarivo Angelo a réitéré que des mesures de sécurité particulières vont être prises pour empêcher la tenue de ce meeting. On aura certainement plus d’informations sur les tenants et aboutissants de ces mesures de sécurité « draconiennes » à l’issue de la réunion des hauts responsables de l’Emmoreg qui aura lieu ce matin à Ankadilalana. On attend également la réaction des leaders du parti « Tiako i Madagasikara » face au démantèlement de leurs installations. Dès hier soir, les « Zanak’i Dada » ont dénoncé à travers les réseaux sociaux un « acharnement politique ». Reste également à savoir si Marc Ravalomanana qui a déclaré qu’il sera présent à Mahamasina avec 40 000 partisans, osera se présenter au « kianja » samedi pour faire face aux plusieurs centaines de forces de l’ordre qui seront mobilisées pour quadriller le stade.

Panique générale. Quoi qu’il en soit, l’on remarque que cette mobilisation du « Tiako i Madagasikara » provoque une panique générale en haut lieu. Les tenants du régime HVM sont dans une situation très embarrassante. Hier, plusieurs réunions des hauts responsables de l’Armée, de la Gendarmerie et de la Police nationale se sont succédé, notamment à Ampahibe et à Tsimbazaza. Une source bien informée a aussi fait savoir que le Préfet de Police a été convoqué d’urgence par la Présidence de la République. Si l’ancien président Marc Ravalomanana optera pour le forcing et maintiendra sa « grande mobilisation », le risque d’affrontement n’est donc pas à écarter samedi.

Davis R

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