Gervais Rakotoarimanana : « Se soumettre ou se démettre »

Gervais Rakotoarimanana contraint de prendre la porte de sortie.

140 ans après, presque mois pour mois, la célèbre expression de Léon Gambetta dans son discours de Lille le 15 août 1877 a retrouvé tout son sens hier, au Carlton où le Grand Argentier a opté pour la démission plutôt que pour la soumission au mode de gouvernance – notamment budgétaire et financier – du régime auquel il appartenait.

En fait, le ministre des Finances et du Budget a pris les devants pour ne pas « être démissionné », en raison entre autres, de « divergences de vues et de méthodes de travail ». L’expert-comptable l’a du reste souligné hier dans sa déclaration à travers laquelle il a fait le bilan de ses 2 ans et demi d’exercice à Antaninarenina où il avait, selon ses dires, « fait preuve de transparence, de légalité, de justice, de respect et de souci permanent pour l’intérêt commun des compatriotes ».

Relationnel. Un membre influent du gouvernement qui a requis l’anonymat de faire remarquer que « c’est précisément cette manière de se poser en seul détenteur du « fahamarinana » et de l’orthodoxie financière qui a irrité bon nombre de ses collègues ministres avec qui il avait déjà des problèmes sur le plan relationnel ». Et de rappeler que « le MFB sortant s’était permis de tancer vertement et ouvertement un ministre originaire du Sud. Sans parler de ses remarques cinglantes voire désobligeantes à l’endroit des membres de l’Assemblée nationale lors des face-à-face à Tsimbazaza». En marge de l’inauguration du pont de Kamoro hier, un député élu dans la région Sofia n’a d’ailleurs pas caché sa satisfaction après l’annonce de la démission de Gervais Rakotoarimanana.

Cabinet. Au niveau du ministère des Finances et du Budget, on ne regrette pas non plus ce départ qui entraînera inexorablement vers la porte de sortie, les membres du cabinet. « Certains d’entre eux se permettaient d’interpeller voire de donner des ordres à des DG et directeurs, alors qu’ils n’ont ni leurs expériences ni leurs compétences dans leurs domaines respectifs », a-t-on entendu hier, dans les coulisses du MFB où le personnel souhaite la nomination d’un ministre issu du sérail. Le nom d’une ancienne SG circule d’ailleurs avec insistance. Ce qui serait une ironie du sort car elle avait été limogée par Gervais Rakotoarimanana qui n’avait pas répété hier sa célèbre phrase : « Je suis entré clean, je sortirai d’ici les mains propres ». Il le fera peut-être lors de la passation avec son successeur qui pourrait être nommé dès aujourd’hui en conseil des ministres où le « se soumettre ou se démettre » de Léon Gambetta est valable pour tout le monde et partout dans le monde. A Madagascar et en France où le président Emmanuel Macron vient de montrer qu’il est le chef en recadrant son chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers dont la démission s’annonce inévitable à cause d’une histoire de …budget, comme celle de Gervais Rakotoarimanana.

R. O

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