Polémiques sur la révision constitutionnelle : Une élection présidentielle anticipée réclamée

Pour le CRAM, la tenue d’une présidentielle anticipée est une solution à l’impasse actuelle.

 Si l’état-major politique se focalise sur l’organisation d’un référendum constitutionnel, le CRAM ou Cercle de Réflexion pour l’Avenir de Madagascar suggère plutôt la tenue d’une élection présidentielle anticipée.

Dans un communiqué en date d’hier, Joël Harison Marie René, président de ce cercle, expose que « le premier tour de la présidentielle devrait se tenir en septembre 2018 ». Effectivement, le mois de septembre rentre dans la période légale autorisée par l’actuel code électoral permettant l’organisation et la tenue de tout scrutin de quelque type que ce soit. Néanmoins, le CRAM exige qu’une consultation soit effectuée préalablement au niveau de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC). Selon les dispositions constitutionnelles en vigueur (article 52), l’organisation d’élections anticipées ne pourrait s’effectuer que si l’un des cas suivants se présente : démission, abandon du pouvoir sous quelque forme que ce soit, décès, empêchement définitif, ou déchéance prononcée du président de la République en exercice.

Couplage. Dans cette même optique d’idée, il suggère également à ce que les présidentielles et les législatives soient couplées comme ce fut le cas en 2013. Le but n’étant autre que « éviter des dépenses faramineuses » occasionnées par l’organisation du premier tour des présidentielles, d’un éventuel second tour et puis des législatives. Mais là encore, l’avis de la HCC est étroitement requis. Tout comme l’accord de l’ensemble des partis politiques.

Vote responsable. Toujours dans le cadre des élections, le CRAM lance un autre débat : celui de présenter et de soumettre parallèlement, un, le projet de société du candidat à la magistrature suprême et deux, la Constitution qu’il aura élaborée. « Avec cette option, point n’est besoin d’organiser une élection constitutionnelle après la présidentielle », soutient le CRAM. Suggestion brillante, certes, à première vue, mais sujet à réflexion aussi. Primo, au niveau de la faisabilité, à un an des échéances électorales, un candidat qui ne s’est pas préparé à élaborer une Constitution serait loin d’être capable d’en concevoir une d’ici peu. De surcroît, seuls moins de dix candidats ont d’ores et déjà procédés à une déclaration de candidature officielle. Secundo, les citoyens n’auront jamais assez de temps de lire, de décortiquer et d’analyser point par point, et les dispositions de la Constitution à voter, et les idées mères et détaillées du projet de société en question. Et pourtant, l’on essaie de cultiver la culture du « vote responsable ». Tertio, la Constitution qui aura été votée avec le président de la République devrait largement avoisiner les desiderata de la population, autrement, le cercle vicieux ne disparaîtra pas.

Aina Bovel

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Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. certes, mais le régime actuel n’a pas du tout l’intention de l’organiser en 2018!il sait son impopularité

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