Bilan du cyclone : AVA sort en mer, mais laisse d’importants dégâts matériels

Jacaranda
Ankorondrano Andranomahery sous les eaux, les habitants sont contraints de se déplacer en barques. Photo Nary Ravonjy.

Villes sous les eaux, infrastructures routières et ouvrages d’art endommagés, vigilance rouge pour la capitale…  l’ex-cyclone AVA a causé des dégâts matériels importants, après avoir traversé l’Est de Madagascar, puis sorti en mer, hier.

Deux décès, deux personnes portées disparues, 15 729 personnes déplacées et 20 103 sinistrés. Le dernier bilan du BNGRC (Bureau national de gestion des risques et des catastrophes) suite au passage du cyclone AVA après avoir touché terre durant deux jours. Redevenue tempête tropicale modérée, AVA est sortie en mer hier, et se trouvait à 13h locales à 120 km au large de Manakara. Ce phénomène qui, à priori, n’était pas considéré comme potentiellement puissant, a frappé assez durement les zones se trouvant sur son passage, notamment la partie Est de la Grande île. Néanmoins, d’autres régions moyennement éloignées de son sillage ont subi des dégâts matériels considérables en raison des fortes précipitations et des rafales de vent qui l’accompagnent. Après avoir baissé en intensité hier, celles-ci étaient alors estimées à 90 km/h.

De Brickaville à Miandrivazo. Toamasina, Foulpointe et les environs ont subi de plein fouet les assauts d’AVA. Les dégâts portent essentiellement sur les habitations et les infrastructures publiques : poteaux électriques, infrastructures scolaires, bâtiments publics et infrastructures de télécommunication.  D’après les informations fournies par le BNGRC, Toamasina II et Mananjary figurent parmi les localités les plus affectées. D’autres localités ont également vécu les impacts du cyclone : Brickaville est sous les eaux, au grand désarroi de la population. De même, une partie de la route reliant Moramanga à Andasibe est immergée, perturbant la circulation au niveau de cet axe. Aucune circulation possible non plus vers et en provenance de Ranomafana en raison d’un glissement de terrain sur la RN 25 desservant cette localité. Circulation interrompue également sur la RN7 à Vohiposa. Un pont a été emporté par les eaux. Quant à Miandrivazo, la ville est, elle aussi, sous les eaux. Les fortes pluies ont eu raison du barrage de Mahajilo, rompue par la force des eaux, inondant ainsi cette localité. Les déplacements se font en barques.

Nuit agitée à Tanà. La capitale a également connu quelques frayeurs. La ville d’Antananarivo a subi dans la nuit de samedi à dimanche, les impacts des vents plus ou moins violents par moments, qui ont soufflé quelques tôles sur les toitures, arraché des branches d’arbres et autres plaques publicitaires. Mais d’après les informations fournies par la direction générale de la météorologie, ce vent fort résulte plutôt de la zone orageuse observée dans le Nord-Ouest de Madagascar. Quant au passage d’AVA, il a davantage affecté les bas-quartiers, inondés depuis plusieurs jours, et les infrastructures routières qui n’ont pas tenu sous les effets de l’excès d’humidité accumulé depuis la semaine dernière. Résultat : l’état des rues d’Antananarivo s’est encore dégradé en l’espace de quelques jours, tandis que des quartiers comme Besarety, Ankorondrano Andranomahery, Tsaramasay, Ankazomanga Andraharo,  ainsi que des quartiers de la périphérie comme Ampitatafika, comptent quelques centaines de sinistrés.

Vigilance rouge. Toujours en raison des précipitations quasi-ininterrompues des derniers jours, un avis de danger imminent est lancé concernant la plaine d’Antananarivo. L’eau de la rivière Sisaony a déjà commencé à menacer plusieurs quartiers. La vigilance rouge concerne ainsi les quartiers d’Anosizato Andrefana, Soavina, Ampitatafika, Fenoarivo, Itaosy, Ambavahaditokana, Ambohitrimanjaka, Ampangabe, Ampanefy. Des menaces pèsent également sur les activités agricoles dans le périmètre du Grand Tanà et de ses environs immédiats où le niveau des eaux commence sérieusement à inquiéter les riziculteurs. Il ne reste plus qu’une dizaine de centimètres avant que les rizières ne soient complètement immergées du côté d’Ampitatafika et une partie d’Ambohitrimanjaka. L’APIPA (Autorité pour la protection contre les inondations de la plaine d’Antananarivo) assure que les opérations de pompage ont déjà été lancées au niveau de la station d’Ambodimita. Les précipitations persisteront encore dans les jours à venir, bien que moins importantes, autour de la capitale et dans plusieurs autres régions.

Hanitra R.

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  1. j’encourage les victimes

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