Insécurité alimentaire : Le Grand Sud en situation de crise appel du PAM pour une intervention rapide  



Jacaranda
Pour avoir participé à l’activité de réhabilitation de 34 km de piste, cet habitant d’Analapatsy a eu droit, pour son ménage, à 40 kg de riz, 6 kg de légumineuses et une somme de 20 000 ar, distribués tous les 20 jours pendant trois mois, dans le cadre de l’activité « vivres contre actifs » du PAM.

La crise alimentaire frappe à nouveau aux portes du Grand Sud où, l’insécurité alimentaire est à la phase 3 du cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC).

 Il n’y a plus de récolte à espérer dans le Grand Sud jusqu’en janvier 2019 en raison de la faible pluviométrie qui a finalement eu raison de la détermination à semer des populations , encore et toujours, aux moindres précipitations qui se présentent. Les communautés commencent actuellement à entrer dans une phase de crise alimentaire (phase 3 de l’IPC) qui risque de s’aggraver si des actions de réponse bien coordonnées ne sont pas menées au plus vite. Car même avec l’aide alimentaire fournie aux communautés, les ménages les plus touchés peinent à couvrir leurs besoins minimums en alimentation et s’exposent à d’importants déficits alimentaires, eux-mêmes à l’origine de la malnutrition aiguë. Le Programme alimentaire mondial (PAM) appelle à une intervention rapide afin que la crise ne se transforme pas en situation d’urgence (phase 4). En visite dans le Sud de Madagascar durant cette semaine, la directrice régionale du PAM pour les pays du sud de l’Afrique, Lola Castro, a cependant souligné la détermination des populations à se relever. Même constat pour le coordonateur résident du Système des Nations Unies, Violette Kakyomya, la représentante du PAM à Madagascar, Fatimata Sidibe, et celui de l’UNICEF, Michel Saint-Lot, qui ont accompagné la directrice régionale du PAM lors de sa visite de terrain.

Urgence. En 2016, le Grand Sud a déjà connu une situation critique en matière d’insécurité alimentaire, suite à trois années consécutives de sécheresse dont les impacts ont été aggravés par El Nino : 850 000 personnes se trouvaient dans une situation d’insécurité alimentaire alarmante, dont 330 000 en situation d’urgence, amenant plusieurs agences onusiennes à lancer un message d’alerte car les populations avaient besoin d’une aide humanitaire vitale. Deux ans après, en dépit des actions menées sur place par le gouvernement au côté duquel s’alignent plusieurs partenaires tels le PAM, l’Unicef et plusieurs autres agences du système des Nations Unies, le relèvement n’est pas encore entièrement effectif en raison notamment du climat désespérément sec.  « Il y a une forte probabilité que l’Afrique australe subisse à nouveau les effets d’El Nino. Les météorologues de la SADC parlent de 75% de probabilité de voir cela se produire », précise Lola Castro, pour signifier que la sécheresse risque à nouveau d’affecter la région Afrique australe dont fait partie la Grande île.

 Résilience. Pour le Grand sud malgache, « il faut agir vite et ensemble pour répondre à la situation de crise actuelle, mais également, préparer la résilience en vue d’affronter les mois et les années à venir », affirme, pour sa part, Fatimata Sidibe. Les activités de résilience déjà menées par le PAM dans 16 communes du Sud (et du Sud-Est) de Madagascar, entre autres, les activités « vivres contre actifs » et l’appui aux petits producteurs locaux, visent à renforcer les capacités des populations à faire face aux aléas climatiques, notamment la sécheresse.  Mais pour l’heure, des efforts particuliers devront se concentrer sur la réponse à la situation de crise alimentaire. Une démarche qui nécessitera une mobilisation conséquente de ressources financières.

Hanitra R.

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