Organisation des Communales : 28 milliards d’ariary à trouver impérativement cette semaine

Jacaranda
La crédibilité des prochaines Communales risque d’être compromise faute de déblocage à temps des financements nécessaires.

Le gouvernement n’a plus le droit de tergiverser, il doit trouver 28 milliards d’ariary cette semaine au plus tard.

Si l’Etat ne trouve pas cette semaine au plus tard cette somme de 28 milliards d’ariary, tout le chronogramme de l’organisation des Communales du 27 novembre prochain serait chamboulé. C’est le moins qu’on puisse dire des déclarations faites hier par le vice-président de la CENI Thierry Rakotonarivo. 21 milliards d’ariary de ces 28 milliards d’ariary doivent être directement alloués par l’Etat malgache à la Commission Electorale Nationale Indépendante pour que celle-ci puisse entamer tous les préparatifs de l’élection. 7 milliards d’ariary seront gérés par le gouvernement qui aura ses propres obligations dans le processus électoral. Ce budget de 28 milliards d’ariary est  très réduit par rapport à la prévision à en croire le vice-président de la CENI. A rappeler que c’est au moment où la commission électorale a élaboré sa première proposition de calendrier électoral qu’elle a été soumise à la validation du gouvernement, elle a proposé un budget qui se trouve entre 35 milliards d’ariary et 40 milliards d’ariary. « Cette fois-ci, on aura à organiser deux élections distinctes. », a expliqué la CENI pour justifier le montant estimé.

Mal organisée ? Le vice-président de la Commission Electorale Nationale Indépendante n’a pas caché ses inquiétudes en laissant entendre que le retard dans le déblocage de ce financement de l’Etat aurait des impacts négatifs sur l’organisation technique des élections et la qualité de la démocratie à Madagascar. En un mot, l’élection des maires et des conseillers communaux risque d’être mal organisée. La question qui se pose est donc de savoir comment l’Etat, visiblement en difficulté financière, va trouver ces 28 milliards d’ariary. A rappeler que si le gouvernement a tergiversé dans l’adoption du décret de convocation des électeurs pour les prochaines Communales et Municipales, c’est parce qu’il avait ce souci budgétaire. Mais, finalement, il a cédé aux pressions de l’opinion publique, de la société civile et de la classe politique en général. D’après des indiscrétions, l’organisation des Communales ne faisait pas partie des priorités du pouvoir en place. Le contenu de la lettre adressée il y a une semaine au gouvernement par le président de la République en est la preuve. Dans cette lettre, le chef de l’Etat veut des actions concrètes pour résorber les problèmes sociaux qui restent non résolus. Parmi ces problèmes sociaux figure le problème de délestage qui persiste ces derniers jours dans la Capitale et dans certaines parties de l’île malgré le limogeage du directeur général de la JIRAMA Jaomiary Olivier.

Jour-J. Le délai imparti au dépôt des candidatures aux Communales et Municipales du 27 novembre court à partir d’aujourd’hui. Les candidats maires et conseillers communaux auront jusqu’au 12 septembre pour ce faire auprès des OVEC  (Organes de Vérification et d’Enregistrement des Candidatures). La CENI a précisé que les associations et les ONG ne sont pas autorisées à présenter des candidats à ces élections. « Seuls les candidats présentés par les partis politiques et les groupements politiques ainsi que ceux qui se présentent en indépendant peuvent être acceptés. », a affirmé le vice-président de la CENI. Outre le problème relatif aux montants des cautions, force est de constater que l’absence des précisions sur le nombre des conseillers communaux et des conseillers municipaux à élire pour chaque commune constitue un autre obstacle. Le décret n° 2019-1542 se contente de fixer le montant de la contribution des candidats et liste de candidats aux frais d’impression des bulletins de vote par rapport aux nombres des conseillers communaux et municipaux à élire, sans faire le lien entre ces nombres des conseillers et ceux de la population des communes concernées. En tout cas, la balle se trouve dans le camp du gouvernement. Celui-ci doit trouver 28 milliards d’ariary cette semaine au plus tard si l’on veut organiser une élection crédible répondant aux normes exigées.

R. Eugène

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