Redressement de la Jirama : Résiliation du contrat d’achat d’énergie avec Jovena

Jacaranda
Le président Andry Rajoelina et le PCA de la Jirama se montrent fermes sur la nécessité de réduire les coûts de l’énergie à Madagascar. La résiliation du contrat d’achat d’énergie avec Jovena s’inscrit dans le cadre des actions menées pour atteindre cet objectif.

La Jirama ne peut plus honorer ses engagements avec ses fournisseurs, non seulement à cause de l’accumulation de ses dettes, mais également à cause de l’inéquité dans les termes des contrats, qui sont actuellement en cours de renégociation.

 Il faut mettre fin aux superprofits des fournisseurs de la Jirama, pour sortir cette société d’Etat du gouffre financier. C’est le résultat de l’étude menée par la Banque Mondiale, qui a amorcé les renégociations des contrats, notamment avec les compagnies pétrolières. Entre 2012 et 2016, les subventions accordées par l’Etat à la Jirama ont atteint un total de 1.500 milliards d’Ariary. Cette somme astronomique n’a pourtant pas réglé le problème de la société productrice d’eau et d’électricité. Au 30 juin 2019, le rapport de la Banque Mondiale a encore indiqué des arriérés de la Jirama de 1.600 milliards d’Ariary. « Le coût moyen opérationnel était de 983 Ar par kWh, alors que le tarif moyen était de 516 Ar par kWh. La JIRAMA a perdu 290 milliards d’Ar en 2018, malgré une subvention de 315 milliards Ar. Sans intervention rapide, le déficit de l’entreprise va se creuser, et les pertes annuelles culmineront à près de -1 .400 milliards d’Ariary en 2025 », a indiqué le rapport. En effet, l’exercice à perte de la Jirama n’est pas un fait nouveau. Selon le nouveau PCA de la société, Solonirina Andriamanampisoa, la Jirama doit impérativement réduire ses coûts. Parmi les actions qu’il a évoquées figurent la réduction des pertes non techniques et la renégociation des contrats avec les partenaires.

Résiliation. Le 30 septembre dernier, la Jirama décidait de résilier son contrat d’achat d’énergie avec Jovena. Ce contrat concerne les sites de production électricité NOOR 1 et NOOR2 exploités par AGGREKO, qui totalisent environ 50MW en énergie thermique. D’après les explications, la Jirama achète cette énergie à un coût très élevé, par rapport au prix proposé à ses usagers, raison pour laquelle, la société d’Etat tourne à perte, depuis des années. En effet, les arriérés de la Jirama envers Jovena Madagascar s’accumulent depuis des années. Un calendrier de règlement a même été élaboré en 2015, mais jusqu’à présent, la société d’Etat se trouve dans l’incapacité de payer ces arriérés. Certes, comment une société pourrait-elle payer ses dettes, alors qu’elle tourne toujours à perte ? Pour les dirigeants de la Jirama, cette situation ne peut plus perdurer. Le président de la République, Andry Rajoelina s’est également prononcé, à plusieurs reprises, sur les questions liées à l’énergie. L’arrivée du nouveau PCA Solo Andriamanampisoa donc a abouti à cette résiliation de contrat d’achat d’énergie avec Jovena.

Latitude. Certes, en résiliant le contrat avec Jovena, la Jirama compte accroître sa production d’électricité, à des coûts plus compétitifs. Le mois dernier, le ministre de tutelle, Vonjy Andriamanga a déjà déclaré que la Jirama peut importer directement du carburant pour sa production. Selon ses dires, un appel d’offres international est en cours de lancement, afin d’assurer l’approvisionnement de la Jirama en carburant à moindre coût. Ces décisions auront certainement des impacts au niveau de la finance de la société d’Etat. Par ailleurs, d’autres contrats avec d’autres partenaires de la Jirama sont encore en cours de négociation. Pour les économistes qui ont réagi positivement à cette résiliation de contrat d’achat d’énergie entre la Jirama et Jovena, l’issue de ces différentes négociations est déterminante pour le redressement de la société d’Etat.

Antsa R.

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7 Comments - Write a Comment

  1. La JIRAMA sert de portefeuille a l’etat donc pour moi si la JIRAMA est en faillite c’est en premier a cause de l’etat Malagasy meme.

  2. Sont tous pourri , faut trouver PDG honnête , si moi dirige , 50% effectif mettre dehors .

  3. RAKOTONIRAINY
    On parle des rapports de la BM, donc chaque régimes à ses responsabilités depuis la 2è république jusqu’à ce jours. J’admet que des haut-fonctionnaires étaient en poste depuis et qu’est ce qu’ils en parlent? Où bien ils étaient complices ?
    Comme vous connaissez plus l’affaire, éclairez nous. En quelle année ces contrats avaient été signés?

  4. BRANDON et MAXIM
    La cupidité et la voracité des fournisseurs de la JIRAMA ne datent pas d’aujourd’hui donc il est au contraire plus qu’étonnant que c’est maintenant que la BM fasse le jeu de ce régime qui a annoncé dès le départ en février 2019 qu’IL VA REVOIR LES CONTRATS AVEC CES FOURNISSEURS ! Le régime de Ravalomanana s’en est bien accomodé pire il y a eu en parallèle des contrats très douteux mais avortés avec ExxonMobil et le régime de Rajao n’a fait qu’amplifier ce milieu maffieux avec les Turques . Quant à ce BRANDON shooté par sa dose habituelle de cannabis ne fait que déverser des imbécilités tellement il hallucine grave et voit déjà ce régime tomber (sic) !

  5. Le comble dans cette histoire de Jirama c’est qu’on attend le rapport de la BM pour bouger, mais que font ces sois disant services auprès du ministère, gouvernement et la présidence?
    Ainsi ces personnes sont responsable de l’effondrement de la Jirama.

  6. @ MANJAKARAY
    Je ne pense pas car le contrat avec Jovena est certainement l’un des contrats léonins.
    S’il a été résilié par la Jirama, la solution de rechange est normalement déjà là.
    Je peux avoir tout faux, mais je pense qu’il n’y aura pas de délestage. Sinon le régime risque de sauter !

  7. La période de sacrifice annoncée va donc bientôt commencer.

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