Régime Rajoelina : Confronté à plusieurs foyers de tensions

Le virus de la contestation risque de se propager à travers le pays.

Alors que la lutte contre le Coronavirus est loin d’être terminée, le pouvoir en place est attendu sur d’autres fronts où les pêcheurs en eau trouble sont forcément en embuscade.

Un malheur n’arrive jamais seul. En plus du Covid-19 qui a contaminé jusqu’ici les régions d’Analamanga, Atsinanana, Haute Matsiatra et Vakinankaratra, le virus de la contestation touche plusieurs coins du pays. A commencer par les différents fokontany de Tana où le dispatching des « Vatsy Tsinjo »,  cache-bouches et « Tosika Fameno » est parfois contestable et souvent contesté. En tout cas, le nombre de bénéficiaires de ces aides sociales n’est pas en rapport avec « les 92% de Malgaches qui vivent au-dessous du seuil de la pauvreté avec moins de 2 dollars par jour ». Ces statistiques proviennent de la Banque Mondiale dont l’enveloppe allouée aux filets sociaux n’arrive pas à amortir les impacts socio-économiques de la crise sanitaire.

Complot. Le confinement a notamment accentué les inégalités sociales au sein de la population où l’on assiste à l’apparition du virus de l’exclusion ou de la stigmatisation par rapport aux personnes estampillées Covid-19 même après leur guérison. La nouvelle de l’existence et/ou de l’arrivée de Covidés dans tel ou tel quartier, se répand comme le virus face à laquelle l’Etat providence est plus un État brancardier. L’Etat est aussi condamné à jouer le rôle de pompier pour éteindre le feu qui couve à travers les multiples foyers de tension dont le caractère simultané nourrit la rhétorique du complot qui s’enflamme déjà à propos du Covid-19 qui aurait été créé volontairement en laboratoire à des fins d’élimination ou d’affaiblissement de tel pays ou de tel peuple.

Effets secondaires. Nonobstant ces théories complotistes ou conspirationnistes qui entretiennent un doute paradigmatique, force est de se demander si les foyers de tension actuels ne résultent pas des effets secondaires du confinement qui peuvent entre autres, se manifester par la montée de la violence ou l’aggravation de la précarité alimentaire. Il suffit d’un rien pour mettre le feu aux poudres tel que c’était le cas à Ambovombe où la démolition de plusieurs maisons pour la construction d’un marché « manara-penitra » a provoqué des réactions hors normes de la part de la population Antandroy réputée pour son attachement à ses mœurs et traditions. Pour ne citer que le « tambavy katrafay » qui est aux Antandroy ce que le CVO est à l’IMRA.

Contaminer. Résistance également, fut-elle moins belliqueuse, de commerçants face au projet du maire de la Ville de Fianarantsoa I de rayer de la carte, leurs boutiques à « Soa Tsy Adino ». Le virus de la révolte ne manquera pas non plus de contaminer les marchands d’Analakely qui sont sous la menace d’une opération communale de démolition de leurs stands. Même vent de contestation chez les poissonnières de Mahajanga qui ont manifesté devant l’hôtel de Ville après avoir été délogées de … Morafeno. Littéralement, « qui se remplit facilement ». A l’instar des foyers de tension qui risquent de se propager aux quatre coins du territoire comme les cas contact.

R.O

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2 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Qui sème le vent ,récolte la tempête . Tena tsy nanao n’inon’inona mihintsy ve ny volomboasary tamin’ny 2009 ? HO HITANTSIKA NY TOHINY . Aiza hiany ny fiainambaovao feno fahasambarana ho an’ny vahoaka malagasy . Manidy trano amin’ny alina andeha atory hianao ,tsy fantatra hoe mbola ho velona ve rahampitso maraina ,rehefa tsy nandalo ny dahalo .

  2. « Pour ne citer que le « tambavy katrafay » qui est aux Antandroy ce que le CVO est à l’IMRA.  » Sauf que le CVO n’est pas de l’IMRA.

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