Reconfinement : Les populations concernées sont à bout de souffle


Bon nombre de gens ont l’impression d’étouffer sous leurs caches-bouches surtout après un long trajet à pied

Les mesures restrictives liées à la crise sanitaire empêchent de plus en plus les ménages de …respirer. 

« Sokafo aho fa sempotra ». C’est le titre d’une vieille pièce de théâtre qui illustre la situation actuelle avec des populations littéralement asphyxiées par le confinement, tout particulièrement en milieu urbain. Il ressort de l’enquête réalisée par l’INSTAT sur l’impact de l’épidémie de Covid-19 sur les conditions de vie des ménages à Madagascar, que « la plupart des travailleurs urbains sont dans le secteur informel et il n’est pas soutenable pour eux de rester une longue période sans travailler pour subvenir à leurs besoins ». En effet, après avoir bénéficié d’un bol d’air lors de la période de déconfinement, les populations des régions fortement covidées comme Analamanga ont été aussitôt reconfinées après l’explosion du nombre de cas confirmés et l’augmentation des décès.

Difficilement applicable. Le reconfinement va probablement se poursuivre pour une nouvelle période de 15 jours allant du 25 juillet au 08 août. Le pic de l’épidémie étant prévu à la fin du mois prochain, le mot d’ordre « Mijanona an-trano » a même de fortes chances d’être maintenu durant deux autres quinzaines, s’étalant respectivement du 08 août au 22 août pour la première ; et du 22 août au 05 septembre pour la seconde. C’est dire que les populations des zones concernées ne sont pas près de sortir du reconfinement qui est somme toute partiel dans la pratique. « Le confinement total est difficilement applicable malgré les mesures prescrites par le gouvernement », selon la conclusion de l’enquête sur l’impact du Covid-19 sur les conditions de vie des ménages. 

Pire situation. L’enquête de l’INSTAT vise à « soutenir les efforts du gouvernement  dans la mise en œuvre du plan national de réponse sociale et de relance économique ». Dans cette optique, les ménages attendent les réponses du gouvernement aux impacts du Covid-19 qui se ressentent sur l’emploi, les revenus, l’éducation, la santé, les prix des produits de consommation courante, la sécurité… Y compris la sécurité ou l’insécurité (c’est selon) alimentaire. « La crainte de ne pas avoir assez de nourritures est la pire situation pour 60% des ménages », selon les résultats de l’enquête qui estiment à « 54,4% ceux qui avaient mangé moins ; 55% ceux qui mangeaient la même chose ; et 54% ceux qui avaient faim mais n’avaient pas mangé ». Avec la reconduction indispensable du confinement ou du reconfinement (l’effet est le même), les ménages et les entreprises aujourd’hui à bout de souffle, attendent du gouvernement, un « respirateur ».

R. O

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2 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Faut il rappeler que le role de l’Instat est de fournir des bases de donnees fiables sur un sujet ,un produit aux decideurs politiques economiqus, sociaux de tous les horizonset de tous les secteurs d activites ?
    En est il ainsi a Madagascar ? Exemple les diverses donnees socio economiques sur le Canal de Mpangalana le long duquel vivent plusieurs millions de personnes est un cas revoltant Faute des donnees de l Instat a l opinion publique les decideurs laissent ces riverains dans leur triste sort

  2. L’ INSTAT REVELE LES IMPACTS DU COVID 19 SUR LES MENAGES VIVANT DE L INFORMEL ET AVANCE CCOMME CAUSE LES MESURES DE RESTRITION CONTRE LA PROPAGATION DU VIRUS
    MALHEUREUSEMENT L INSTAT NE REMONTE PAS A LA CAUSE ORIGINELLE DE CET ETAT DE DESOLATION
    JE VAIS DIRE LES CARENCES IMPUTABLES A NOTRE CONSTITUTION ‘ CENTRALISTE’
    DEPUIS 60 ANS L INSTAT DONNE TRES PEU DE DONNEES SUR LES REALITES DES COMMUNAUTES RURALES DE BASE[ deces du kere dans le sud -du paludisme sur la peripherie

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