Mutinerie à Farafangana : « Aucun ordre de tirer n’a été donné », dixit le ministre de la Justice

Johnny Richard Andriamahefarivo a conduit une délégation gouvernementale à Farafangana, mercredi dernier.

Le ministère de la Justice a  diligenté une enquête pour élucider les zones d’ombres sur l’affaire de mutinerie de dimanche dernier dans la prison de Farafangana. Alors qu’on dénombre actuellement 23 morts, le ministre affirme n’avoir donné aucun ordre de tirer.

Presque une semaine après les faits, le ministre de la Justice, Johnny Richard Andriamahefarivo, sort de son silence après l’affaire de mutinerie survenue dans la prison de Farafangana.  Selon lui, « aucun ordre n’a été donné » pour tirer sur les évadés et les mutins, et les responsables locaux « n’ont reçu l’ordre de qui que ce soit » allant dans ce sens, a-t-il soutenu devant la presse hier. Le bilan des victimes, est pourtant lourd avec 23 détenus morts, dont 20 ont succombé aux balles des forces de l’ordre et trois autres suites de blessures graves. Il a ainsi affirmé l’ouverture d’une enquête interne pour apporter la lumière sur les circonstances de ce drame. L’objectif d’une telle initiative, selon Johnny Richard Andriamahefarivo, est de déterminer si réellement des abus des autorités civiles, militaires, pénitentiaires, ont eu lieu au moment des faits, aussi de confirmer ou non « la thèse de légitime défense véhiculée par certains » selon ce dernier. Quoiqu’il en soit, l’affaire qui a attiré la foudre des critiques des organisations de défense des droits de l’Homme, a mis le ministère de la Justice sous les feux des projecteurs.

Mauvaise foi. Les organisations de défense des droits humains ont dégainé contre le gouvernement et évoque une « violation du droit de toute personne à la vie ». Amnesty International parle d’une « terrible atteinte au droit à la vie ». Le ministre de la Justice est dans la ligne de mire de ces organisations. Et la situation carcérale dans le pays, toujours un sujet de discorde, est pointée du doigt par ces défenseurs des droits humains. « Nous avons signalé à de nombreuses reprises aux autorités que les conditions de détention sordides à Madagascar, exacerbées par la surpopulation et le manque de ressources, auraient des conséquences tragiques », a déclaré Deprose Muchena, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe d’Amnesty International. Mais dans le cas de Farafangana, si « les détenus se sont évadés afin de protester contre leur maintien prolongé en détention provisoire » selon l’Amnesty International, il n’y a lieu d’aucune « question de mauvaise foi » s’est défendu le ministre, mais plutôt d’une « question de procédure ». Car, selon Johnny Andriamahefarivo, les dispositions prises dans le cadre de la crise sanitaire ont conduit à la suspension des activités judiciaires, entre autres, le traitement des dossiers criminels.

Dysfonctionnement. Toutefois, ce dernier a reconnu que le « manque de moyens, le manque de magistrats, certaines attitudes des gardes pénitentiaires, ainsi que l’état de délabrement des prisons du pays dont beaucoup datent des années coloniales »  ont conduit à des dysfonctionnements au niveau de la justice qui peuvent se dégénérer dans certains cas comme celui de Farafangana. Ceci dit, selon Johnny Richard Andriamahefarivo, le gouvernement, conscient de la gravité de la situation carcérale plombée par une surpopulation flagrante, a fait beaucoup pour sauver la face en construisant des nouveaux établissements pénitentiaires dans plusieurs districts comme celui de Fianarantsoa, Sambava, Toamasina, Imeritsiatosika, Antananarivo Avaradrano et Sainte-Marie. D’autres sortiront de terre l’année prochaine, selon toujours le garde des Sceaux.

Sanction immédiate. Une enquête indépendante est vite réclamée par les organisations de la société civile pour élucider les zones d’ombres qui planent sur cette affaire. « Une commission d’enquête regroupant parlementaires et éléments compétents de la société civile, dont les responsables religieux, doit être mise en place rapidement pour déterminer les responsabilités et proposer des solutions, comme l’identification et la sanction immédiate des responsables du désespoir qui ont conduit les détenus à la mutinerie », a déclaré mardi dernier, la commission nationale indépendante de droit de l’homme. « Les autorités doivent immédiatement diligenter une enquête indépendante sur la mort de ces détenus, et traduire en justice les responsables présumés de ce recours injustifié à une force meurtrière. Il faut ordonner aux forces de sécurité de cesser immédiatement d’employer illégalement la force létale », a quant à elle, réclamé l’organisation Amnesty International.

Rija R.

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9 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Aiza ireo prison manara-penitra? Ilay hotely 4etoiles ny ao anatiny? Tokony hatao maika dia afindra ao izay gadra avy any Farafangana. Une petite prière pour les tués : Omeo azy re ny lanitra fa ampy izay ny afobeny! »

  2. Le papotage continue pour résoudre rien !

  3. L’identification est primordiale dans un pays souverain et républicain démocratique.
    Qui sont les morts ?
    Les morts ont-ils un membre de la famille ou connaissances proches dans la police ?
    Quelle peine avait-il chacun ?
    C’est très important de le savoir pour mieux cerner la nécessité ou l’inutilité des fusillades .
    —-
    Ny famantarana dia tena ao amin’ ny mpanjaka demokratikan’ sy ny firenena republican.
    Iza ireo maty?
    Moa ve ny maty manana olona ao amin’ ny fianakaviana na pantatra akaiky ao amin’ ny tafika mpitandro filaminana?
    Inona no sazy ananan’ izy ireo?
    Tena zava-dehibe ny mahafantatra izany mba hahatakarana tsara kokoa ny ilàna izany na ny tsy fahombiazan’ny fitifirana.

  4. Aleo mifanena amin’ny MPAMOSAVY toy izay mifanena amin’ny MPANDAINGA,
    Aza mifanafina HADALANA,
    Aza MIFAMPIARO amin’ny RATSy ianareo FORC de l’ORDRE sy IANAREO MPITSARA.
    hazavao amin’ny vahoaka ny MARINA……………Dia milamina ny SAIN’NY VAHOAKA.
    TRANSPAReNCE

  5. Inona koa izany hoe tsy tiako Rajoel sady tsy halako ?
    F’angaha rajoel no ilaina tiavina na tsia ,fa ny zavatra ataony momba ny tanindrazana no
    jerena ka ankatoavina na tsia.
    Mba mahaiza leiretsy manao analyse fa dia gisitra foana amin’ny fomba fisainana.

  6. EFa avy nanongana ve nareo vao tonga saina e, efa avy nandatsak’aina dia izao ve ve voa tonga eritreritra, efa tena tara loatra zany fisainanareo zany. Tsy Azo lalaovina izany AIN’OLOMBELONA izany , ny Akohokely , na ny biblava manapa-dalana aza tsy azo hitsahina amin’ny fiara raha mbola hitan’ny maso ka azo ialana ka maika fa OLONA e.. efa zatra milalao ain’olombelona ianareo.Avohahy ny marina rehetra momba ireo maty teto amin’ny Firenena raha tena sahy ianareo dia ahongany any zay naka fitondrana tamin’ny alalan’zany zavatra mamoafady zany. Matimaty foana le olona. tsy ilaina mitondra Fanjakana sy Firenena zany olona nandatsa-dRà zany. dia diniho tsara io voalaza io . atsipy ny teny……..atsipy ny tady…….

  7. Misy mikotrikotrika FANONGANAMPANJAKANA fa aoka ho mailo. Tsy tia an’i Andry Rajoelina aho sady tsy mankahala azy koa. TIAKO NY TANINDRAZAKO sy ny MPIRAY TANINDRAZANA AMIKO. Raha nanao ny asany ny ONG sy izao sy izao international rehetra izao efa mba nihinankanina daholo ny Malagasy. Tsy manamaivana ny maty aho fa miombon’alahelo amin’ny fianakaviana. Saingy AZA MANAIKY ATAO FITAOVANA !!! Tsy gadra maty 23 no tokony hampikorontana firenena sy HANONGANAMPANJAKANA. EFA BE IREO MATIMATY FOANA NOHO HADALAN’NY SASANY fa N’INO N’INONA AZA MANONGAMPANJAKANA

  8. Raha ho faty aho matesa rahavana. A vous qui etiez sur le terrain, vous êtes le premier responsable car personne ne vous a donné l’ordre de tirer.

  9. Soit ma la réaction est somme toute assez bien tardive pour un fait très grave.

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