Randrianarison Fanomezantsoa Rodellys : « Tolérance zéro contre la corruption dans la Police »

Le ministre Randrianarison Fanomezantsoa Rodellys roule pour une « politique de gouvernance de proximité de la sécurité publique ».

Le Contrôleur général de police, ministre de la Sécurité publique (MSP) trace les grandes lignes de la politique de son département qui s’inscrit dans le cadre de la vision du président de la République. Interview.

Midi : Monsieur le ministre, la récente inauguration du nouveau bâtiment de la Direction régionale de la Sécurité publique du Vakinankaratra sera-t-elle suivie d’autre(s) ?

MSP : « La grande partie des investissements publics au niveau de la police nationale est focalisée sur la dotation d’infrastructures modernes au niveau régional, dans le cadre de l’exécution de l’axe prioritaire de la Politique générale de l’Etat, « Paix et Sécurité ». Il s’agit de la vision du président de la République pour la mise en place d’une sécurité pérenne à Madagascar par le biais d’une politique de gouvernance de proximité de la sécurité publique. Ainsi, les 21 autres régions seront dotées de la même infrastructure d’ici 2021 ».

Midi : Est-ce que cela s’inscrit dans le cadre de la décentralisation effective des services de la police ?

MSP : « Cette politique renforce et rend effective la décentralisation de la gestion de la sécurité publique car les 26 autres districts non pourvus de commissariat de sécurité publique en seront également dotés.”

Midi : Les dernières nominations en conseil des ministres répondent-elles au souci de restructuration de la police ?

MSP : « J’ai apporté une modification à la structure de la police nationale, à mon arrivée à la tête du département, en vue d’optimiser l’efficacité et l’efficience des services de olice. Aussi, est-il indispensable de nommer la personne ayant le profil requis pour pouvoir relever le défi lancé par le président de la République en matière de sécurité publique ».

Midi : Qu’en est-il de l’avancement et de l’optimisation des compétences surtout avec le départ à la retraite de plusieurs hauts gradés et responsables ?

MSP : « Tout départ à la retraite est prévisible, et c’est pour cette raison que la police nationale a créé un service chargé de la gestion des carrières au niveau de la Direction des ressources humaines. Instruction a été donnée pour qu’aucun policier ne souffre d’aucun retard en matière d’avancement. La gestion des ressources humaines, au niveau du redéploiement, a toujours priorisé le système de relève. La formation continue contribue au renforcement des capacités des fonctionnaires de police dans ce sens. Et la mise en place d’une formation /recyclage systématique à chaque avancement de classe, en vue d’optimiser les compétences des policiers figure parmi les missions à confier au centre de formation que le ministère projette de créer ».

Midi : Concernant justement la relève, pourquoi les résultats des derniers concours de recrutement d’élèves commissaires, officiers, inspecteurs et agents de police tardent-ils à sortir ? Y a-t-il contingentement par province ou région ?

MSP : « En termes de respect du chronogramme établi, la police nationale n’a accusé aucun retard quant au traitement des dossiers relatifs au concours de recrutement des nouveaux élèves. C’est la crise sanitaire qui a empêché la tenue de la suite logique du processus qu’est la publication de la première phase du concours et la tenue des épreuves orales. Ces dernières nécessitent un regroupement des candidats admissibles auprès des chefs-lieux de province pour la catégorie agent de police, et au niveau de la capitale pour les catégories inspecteur, officier et commissaire de police.

Concernant le contingentement, il n’y en a pas, il s’agit d’un concours, alors en toute transparence, ce seront les meilleurs qui seront reçus. Et je profite de cette occasion, pour encourager la candidature féminine pour la promotion de l’intégration de l’approche genre au sein de la police nationale ».

 

Midi : Quel est le rôle des unités spécialisées de la police face à la recrudescence de l’insécurité depuis le début de l’état d’urgence sanitaire ?

 

MSP : « Comme leur nom l’indique, il s’agit de services spécialisés. En tant que tels, ils doivent fournir plus de rendement qu’un service de police classique.

L’intervention des unités spécialisées dans la lutte contre les actes de grand banditisme doit être palpable et avoir un impact immédiat sur le quotidien de la population.

Des directives ont été données pour une célérité des interventions. Les nouvelles dotations en matériels roulants par le président de la République y contribuent grandement ».

 

Midi : Où en est la lutte contre la corruption dans les rangs de la police ?

MSP : « Le mot d’ordre est la «Tolérance zéro » en matière de corruption. La stratégie de l’Inspection générale de la police nationale a été restructurée dans cette optique : pour une promotion de l’intégrité et un refus de la corruption. Néanmoins, la hiérarchie policière est contre toute forme de corporatisme et invite la population à ne pas hésiter à dénoncer les éventuelles violations de la loi ou abus perpétrés pour les indisciplinés. Aussi, non à l’impunité : des mesures seront prises suivant le cas : poursuite disciplinaire ou pénale ».

Midi : A propos, la BC est pointée du doigt dans une affaire de voitures Range Rover ?

MSP : « Effectivement, la BC est saisie de cette affaire. Mais en ce qui nous concerne, la procédure suit son cours. Les intéressés savent très bien où elle en est actuellement. La police nationale ne fait qu’appliquer les dispositions légales en vigueur, et reste soumise à la règle de la procédure qui sied ».

Midi : Quel est le rôle des nouvelles motos de la police dans la réglementation de la circulation dans la capitale où les embouteillages sont de retour avec les taxi-be ?

MSP : « Les nouvelles motos sont effectivement injectées pour la plupart dans les dispositifs pour assurer la fluidité de la circulation dans la capitale. Elles sont là pour identifier les éventuels bouchons ou embarras sur la voie publique pouvant être à l’origine des embouteillages. Elles facilitent également l’ouverture de la route en cas d’urgence, et surtout, elles sont déployées pour prévenir les infractions au code de la route.

Les nouvelles dotations sont également déployées au niveau régional, et cette année, la police nationale compte augmenter le nombre des motos à acquérir ».

Midi : Le mot de la fin, monsieur le ministre ?

MSP : « Pour terminer, j’aimerais partager la vision de la police nationale : « Protéger et servir », qui contribue au renforcement de l’autorité de l’Etat. Elle signifie tout simplement que la population doit sentir la présence de la police, prête à intervenir – à rendre service, elle représente l’autorité de l’Etat dans le quotidien de la population ».

Propos recueillis par R.O

Suivez-nous aussi sur Facebook

Partager cette publication

Poster un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.