Change : « Poursuite de la dépréciation de l’Ariary jusqu’à la fin de l’année», selon le Gouverneur de la BFM, Henri Rabarijohn

Le comité monétaire de la BFM a maintenu le corridor des taux pour raffermir l’Ariary et maintenir l’inflation.

La dépréciation de l’Ariary par rapport aux deux devises de référence, à savoir l’euro et le dollar, est due notamment au déséquilibre entre l’offre et la demande sur le marché des changes.

En effet, au cours du 3e trimestre de l’année 2020, les recettes de la filière vanille ont chuté à 48 millions USD, soit une baisse de 28,9% par rapport à la période précédente. En outre, le prix moyen d’exportation de la vanille a accusé une baisse de 32,4% en un an, pour se situer à 250 USD le kilo en septembre 2020. Il en est de même pour les entreprises franches, les prix de leurs produits d’exportation ont connu une diminution de 13,2% malgré le maintien du volume exporté. Concernant le tourisme qui est un secteur grand pourvoyeur de devises, ses recettes ont été réduites à seulement 0,9% du PIB contre 3,9% du PIB l’année dernière. Les recettes liées aux transports internationaux ont également reculé de 56,5%. Les exportations de cobalt et de nickel ont également respectivement chuté de 53,8% et de 57,6%. Cependant du côté de la demande, les paiements d’importation en biens de consommation sont restés prépondérants avec une hausse de 1,8%, soit à 184 millions USD en fin septembre 2020.

Coefficients différenciés. De ce fait, « l’Ariary s’est déprécié respectivement de 7,4% par rapport au dollar et de 12% par rapport à l’euro. Cette dépréciation s’est amplifiée par le fait que le dollar a perdu de valeur de l’ordre de 5,5% par rapport à la monnaie européenne. Cette tendance se poursuivra jusqu’à la fin de l’année en raison de la hausse de la demande en biens d’importations. En dépit de tout cela, les opérateurs peuvent être rassurés car aucune pénurie de devises n’est à craindre à Madagascar. Les réserves officielles de changes de la banque centrale se sont d’ailleurs confortées pour atteindre six mois d’importations de biens et services non facteurs à fin septembre 2020 contre 4,2 mois à fin 2019 », a expliqué Henri Rabarijohn, le Gouverneur de la Banky Foiben’i Madagasikara (BFM), lors d’une conférence de presse hier à son siège à Antaninarenina. Et pour raffermir l’Ariary, le comité monétaire de la BFM a décidé de maintenir le taux de facilité dépôt à 0,90% et celui de prêt marginal à 5,30%, à l’issue de sa réunion hier. En revanche, les coefficients des réserves obligatoires sur les dépôts en Ariary et en devises sont différenciés. Pour le coefficient des réserves obligatoires sur les dépôts en Ariary, il est ramené à 11% au lieu de 13% auparavant, tandis que pour le second coefficient, il a augmenté à 24% à compter de ce mois-ci. « Il s’agit d’une forme d’incitation pour les banques et les déposants à ramener en Ariary les dépôts en devises afin de raffermir cette monnaie nationale », a-t-il précisé.

Inflation à 6,2%. Concernant les impacts de cette dépréciation de l’Ariary par rapport aux devises étrangères sur la hausse généralisée du coût de la vie, il tient à préciser que l’inflation est parfaitement maîtrisée malgré la récession économique avec un taux de croissance encore négatif jusqu’à la fin de l’année. « Certes, les activités économiques ont ralenti en raison de la crise sanitaire, mais la hausse des prix a été contenue. Le taux d’inflation ne dépassera pas les 6% jusqu’à la fin de l’année, sauf accident grave. Et sera de l’ordre de 6,2% pour les prévisions de 2021. La hausse des prix des produits surtout non importés sur le marché, n’est que de pure spéculation qui ne dépend pas des fondamentaux macro-économiques », a-t-il fait savoir. Quant au taux de croissance économique de Madagascar, le Gouverneur Henri Rabarijohn a soulevé qu’il est négatif pour cette année. « Quant aux perspectives de 2021, ce taux de croissance économique sera sûrement positif », a t-il enchaîné. Les indicateurs de paiements extérieurs montrent un redressement à partir du second semestre 2021. Par ailleurs, la BFM a pris des dispositions exceptionnelles pour atténuer les effets négatifs de la crise sanitaire. A titre d’illustration, le taux de refinancement exceptionnel à moyen terme destiné aux MPME est de 4,97%. Il est de 2,50% pour les institutions de micro-finance. En outre, une autre ligne de refinancement exceptionnel au taux de 4,97% est accordée aux banques qui financent les activités aurifères.

Navalona R.

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