Régime de retraite, immunité : Les députés priorisent leurs avantages dans l’ordre du jour 

L’ordre du jour adopté pendant la semaine écoulée prévoit l’adoption en séance plénière de propositions de loi prévoyant un traitement spécial pour les membres de la Chambre basse.  

Le temps passe mais les pratiques ne changent pas à Tsimbazaza. Du temps du régime « Hery Vaovao hoan’i Madagasikara » (HVM), la Chambre basse a été connue et reconnue comme étant une institution spécialisée dans la corruption et les petites mallettes. A l’époque, voir des vidéos et des photos de députés distribuant de l’argent était devenu une habitude pour les Malgaches. Une corruption de haut niveau qui se passait au vu et au su de tout le monde. De nombreuses doléances et plaintes impliquant des parlementaires ont été déposées auprès des juridictions responsables de la lutte contre la corruption mais pour l’heure, aucune sanction n’est tombée et aucune poursuite n’est engagée. Nul n’ignore qu’engager une poursuite judiciaire contre un député requiert une autorisation de levée d’immunité émanant du bureau permanent de l’Assemblée nationale. Pour l’heure, aucune autorisation n’a été donnée car le corporatisme reste infaillible du côté de Tsimbazaza. D’ailleurs, les députés ne cachent pas qu’ils se soutiennent et se défendent entre eux. C’est le cas, par exemple, du député d’Ikongo Brunelle Razafitsiandraofa qui continue de défier le président Andry Rajoelina et le régime par rapport à l’affaire du découpage de la Région Vatovavy Fitovinany. Des membres de la Chambre basse ont affiché publiquement leur soutien au Vice-président en charge de la Province de Fianarantsoa. Dernièrement, il y a également l’affaire du député d’Ambilobe qui s’est battu avec le secrétaire général de la Commune Urbaine de sa circonscription. La vidéo montrant une scène de violence a fait le tour des réseaux sociaux pendant le week-end. Mais pour le moment, aucune réaction du bureau permanent.

Kere. Mais mis à part ces agissements personnels, l’Assemblée nationale continue aussi les provocations par rapport à la réclamation de leurs avantages. Alors que tous les responsables nationaux et internationaux concentrent leurs efforts pour la recherche de solutions à court, à moyen et à long terme pour mettre fin au kere qui frappe la population du Sud, les députés quant à eux, œuvrent et manœuvrent pour institutionnaliser leurs avantages, notamment pour l’obtention d’un régime de retraite parlementaire. L’adoption en séance plénière de la proposition de loi y afférente est déjà inscrite à l’ordre du jour adopté pendant la semaine écoulée. En effet, l’adoption de la proposition de loi n°008-2020/PL portant régime de retraite parlementaire présentée par le député d’Antsohihy, Jao Jean, aura lieu au CCI Ivato le mardi 8 décembre prochain. Malgré les polémiques, ce texte va certainement être adopté. Le 17 décembre, les députés vont procéder à l’élection du président de la  » Commission permanente, chargée de l’examen des demandes de suspension de détention, des mesures privatives et restrictives de la liberté ou de la poursuite d’un député « .

« Institution à polémiques ». Avec toutes ces initiatives, la Chambre basse risque de ternir son image. Bon nombre d’observateurs la qualifient d’ailleurs d’ « Institution à polémiques ». Faut-il rappeler que pendant l’actuelle législature, il y a déjà eu l’affaire de 4×4 et de nombreuses menaces de motion de censure contre le gouvernement. Et pourtant, l’Assemblée nationale est composée par une grande majorité de députés pro-régime. Beaucoup d’observateurs estiment que les députés ne semblent pas être conscients de l’enjeu des actions pour l’émergence du pays prônée par le président Andry Rajoelina. Les intérêts de la population devraient primer sur les intérêts personnels. Pendant que les sénateurs haussent le ton pour dénoncer les problèmes de budget subis au niveau du Palais de verre d’Anosikely, les députés quant à eux multiplient les provocations en manœuvrant pour augmenter leurs avantages.

Davis R

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8 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Ailleurs on l’appelle la Chaste !!

  2. Et ce qu’a fait le député d’ambilobe est effacé par une simple excuse de sa part?

  3. Il mago. Théories appréciables mais théories.

  4. @ jean ravalo

    On n’est pas sûr que du temps de votre RAVAL0 les parlementaires étaient des saints sur terre . Arrêtez votre hypocrise et enlevez votre masque !

  5. Manampy ny mpitondra hiahy ny fiainam-bahoaka ary hampandroso ny firenena no andraikitra ankinina amin’ny olom-panjakana isan-tokony na notendrena na nofidina.
    -Olona maty eritreritra izay mpitondra mikiry miady ho an’ny tombon-tsoany manoloana ny fahoriam-bahoaka ihamboany ho soloin-tena .Sao laha tonga amin’ny fitenenana hoe « adaladala fiandry trano ka homam-barin-jaza ».
    Takalom-patsa vidim-pihinanana, inona no natao ho an’ny vahoaka momba ny fahasalamana, fanabeazana, fandriam-pahalemana, fiompiana, fambolena, varotra tao-zavatra….. (lasitra itarafana ny lanjam-pivoarana misy ny firenena iray) alohan’ny hiadiana tombon-tsoa manokana toy izao! Sain-tsaino ihany….Samia soava….

  6. hehehe! pas certain que c’est avec ce type d’élus que le pays va sortir de la profondeur du sous développement.
    Etre dans les 1eres par le bas…tel est le destin gasy

  7. Quand les poules auront des dents……, ils ne savent et ne sauront même pas ce que veulent dire « son pays ».. . « , député », etc.. .. Supers nuls qu’ils sont… Pfffff

  8. Bonjour,
    Actuellement, il faut un effort considérable de la part des chefs d’institution pour changer la pratique de gouvernance à Madagascar. Ils sont les chefs qui doivent donner l’exemple.
    1- Etre parmi les autorités et responsables au niveau des départements étatiques ne signifie pas avoir les moyens et le privilège de s’enrichir vite au détriment de la population
    2- Servir la population mais pas faire la population comme tremplin pour dominer les autres ou s’enrichir rapidement.
    3- Le budget de fonctionnement des structures étatiques ainsi que les fonds d’investissement à faire par l’Etat ne sont pas les avoirs des élus ou des nommés. Ces derniers ne font que les gérer au bénéfice de la population.
    4- Que le principe de contrat-programme soit appliqué à tous les échelons de la gouvernance. Appliquer les récompenses et les sanctions selon les résultats obtenus de tout un chacun.

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