Assemblée nationale : Des ministres poussés vers la sortie par les députés

Les membres du gouvernement, hier, face aux députés au centre de conférence international Ivato.

A l’heure de l’évaluation du gouvernement, l’étau se resserre autour des ministres. Certains députés réclament plus d’efficacité de la part de l’exécutif.

Le gouvernement a fait face aux députés hier, conformément aux dispositions constitutionnelles. Des heures d’entrevue qui ont permis aux parlementaires d’échanger avec les ministres du gouvernement Ntsay. Mais au niveau de la majorité parlementaire, l’heure est déjà au bilan. Certains députés de la majorité ont vanté les réalisations de l’exécutif. Les départements en charge de la sécurité et de l’ordre public, notamment le ministère de la Défense nationale, le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, le ministère de la Sécurité publique ainsi que le secrétariat d’Etat en charge de la gendarmerie, à qui les députés ont, à plusieurs reprises, marqué leur satisfecit.

Courbe. Les résultats des déploiements des forces de sécurité dans plusieurs districts classés zone rouge, ainsi que la construction des infrastructures, ont été palpables dans certaines circonscription selon les députés. Le taux de criminalité en zone rurale a baissé, ont défendu les élus, et le phénomène Dahalo commence à perdre du terrain, ont-il affirmé. La députée d’Isandra, Voahanginirina Zafimandimby,  a affirmé que « les dahalo à Isandra sont sur le point de se reconvertir dans l’agriculture ». A Ikalamavony, la courbe de l’insécurité commence à fléchir, a affirmé la députée Raharimampionona.

Déploiement. Pourtant, certaines localités réclament toujours de renforcer les mesures concrètes contre l’insécurité. Le district d’Anjozorobe, comme dans les communes Ambohibary, Marotsopohy et Bemarenina, reste une zone rouge, selon le député, Mbelo Ndriamanampy, élu dans cette circonscription. Un déploiement de plus d’éléments de forces de sécurité est nécessaire, selon le député, après la mise en place déjà en cours d’une base militaire. Le cas est similaire dans le district d’Imanja, selon Richard Fienena, élu local. Sa circonscription demeure une zone rouge, a-t-il soutenu. Et l’élu demande également la mise en place d’une base militaire dans sa circonscription ainsi que la construction d’un tribunal.

Velirano. Mais la séance d’hier n’était pas réduite à une partie de complaisance. Les députés de la majorité, qui ont été conscients du problème qui guette le régime face aux problèmes sociaux n’ont pas mâché leurs mots pour interpeller le chef du gouvernement.  A l’instar du problème de coupure d’eau et d’électricité qui a préoccupé les députés. L’effondrement de l’alimentation en électricité a irrité certains députés. « C’est devenu un problème national » a martelé le député Fetra Rakotondrasoa, élu à Miarinarivo, issu de la majorité. Ce dernier a réclamé les têtes des membres du gouvernement qui ont failli à leurs missions. Il faut évaluer les ministres et remercier ceux qui ne parviennent pas à réaliser les « velirano » du président de la République, a-t-il soutenu. Il faut un recyclage des ministres, a, quant à lui, lancé le député du district Fénérive Est, Mohamad Ahmad.

Panne. Plusieurs cas de problèmes de fourniture d’électricité ont été alors soulevés par les élus, hier, face au gouvernement. A Port-Bergé, le député Paul Bert Velontsara, non moins président du groupe parlementaire IRD à l’Assemblée nationale, a affirmé la coupure d’eau et d’électricité dans la ville de Port-Bergé à cause d’une panne du groupe électrogène. Dans le district d’Ambato-Boeny, le problème d’électricité devient récurrent. L’éclairage public est un problème pour le chef-lieu de district à Anjozorobe, a soulevé le député élu dans cette circonscription. Par ailleurs, les autres problèmes sociaux ont été évoqués également par les députés durant leur face-à-face avec le gouvernement, notamment l’accès à  l’eau potable comme dans les districts d’Ambatomainty et de Mitsinjo, l’inflation, l’égalité des chances en matière d’éducation, l’insécurité alimentaire devenue chronique dans le Sud ainsi que les problèmes liés à la santé publique et l’accès aux soins.

Rija R.

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