HCC : 5 femmes sur 9 membres.

Les trois Hauts Conseillers nommés hier par le président de la République.

Pour la première fois dans les annales de la République, les femmes sont majoritaires au sein de la Haute Cour Constitutionnelle. 

Rakotobe Andriamarojaona Vololoniriana Christiane ; Razanadrainiarison Rahelimanantsoa Rondro Lucette ;  Mbalo Ranaivo Fidèle.  Ce sont les trois membres de la HCC nommés par le président Andry Rajoelina qui appartiennent tous au corps de la magistrature. La première est Avocat général à la Cour de cassation, la seconde, un magistrat financier qui est depuis trois ans, la plus jeune Secrétaire Générale du Gouvernement (SGG). Quant au troisième, il est le président du Tribunal Administratif d’Antsiranana.

Orthodoxie. Le président de la République a usé de son pouvoir régalien dans la nomination de ces trois magistrats qui est en quelque sorte un retour aux fondamentaux pour ne pas dire à l’orthodoxie. Et pour cause, comme son nom l’indique, une juridiction est composée logiquement de magistrats. C’est à l’instar des candidats du CSM qui appartiennent tous au corps de la magistrature quand bien même cela ne serait pas exigé expressément par les textes relatifs à la HCC. Lesquels ne sont d’ailleurs plus tout à fait en phase avec la Constitution de la Quatrième République qui est au sommet de la hiérarchie des normes. En tout cas, le président de la République n’a pas visiblement fait son choix par rapport au profil des candidats élus par les deux Chambres du Parlement et le CSM.

100% de magistrats. Le président de la République a puisé dans les trois ordres (judiciaire, administratif, financier), à raison de un de chaque, dans le choix des Hauts Conseillers qui constituent son quota. Du coup, la HCC est composée à 100% de magistrats avec les 6 membres élus respectivement par l’Assemblée nationale, le Sénat et le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM). Il s’agit de Rasolo Nandrasana Georges Merlin, Nöelson William, Rakotoniaina Raverohanitra, Ranaivoson Rojoniaina, Rakotoarisoa Florent, Ratovonelinjafy née Razanoarisoa Germaine Bakoly. Le premier nommé est un magistrat de l’ordre administratif tandis que les 5 autres sont issus de l’ordre judiciaire.

Présidence. Avec Razanadrainiarison née Rahelimanantsoa Rondro Lucette, la nouvelle HCC compte donc 3 magistrats de l’ordre administratif et financier. L’entrée de ces trois juristes publicistes est une grande première à Ambohidahy où les femmes deviennent majoritaires avec 5 membres sur 9. Si la loi du nombre est respectée, l’une d’entre elles a des chances d’être élue à la présidence de la HCC. Ce qui serait également inédit dans l’histoire de cette institution qui est maintenant au grand complet avec la nomination des trois derniers Hauts Conseillers par le président de la République qui a constaté par la même occasion hier, l’élection des 6 autres membres de la HCC où l’entrée en force de représentantes du sexe dit faible n’est pas un poisson d’avril.

R.O

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2 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. La justice est le lieu le plus pourri et le plus corrompu de ce pays… C’est la raison pour laquelle rien ne va.., et maintenant ça s’installe au plus haut sommet du (des) pouvoir (s)
    …..

  2. Compose a 100% de magistrats, oui. Mais la question que je me pose est de savoir si les magistrats sont compétents.
    Permet-moi de rappeler que c’est un magistrat actant SG ou quelque chose comme ça a la Présidence qui avait « conseillé » ou plutôt qui n’avait pas déconseillé au Président de prendre un décret portant convocation des électeurs pour un referendum en vue d’une révision de la constitution. Il a fallu la présence d’un Professeur de Droit constitutionnel a la tête de la HCC pour éviter un des abus de délégation de pouvoir les plus flagrants de l’ère moderne. C’est le Professeur Jean Eric Rakotoarisoa qui a expliqué que c’est le pouvoir de législation et non le pouvoir constituant dérivé de la chambre basse qui a été « prêté » au Président de la République. Un concept que le magistrat administratif de la Présidence n’a jamais entendu parler de tout son cursus.
    Mais qu’importe? Si tu veux changer de constitution a tout prix, autant éviter de travailler avec des gens trop pointilleux, compétents ou illumines.
    Pour ma part, je crains que les décisions et avis publies par la HCC ne soient plus dignes d’intérêt d’un point de vue pédagogique et a bien d’autres égards. Espérons seulement que nos 9 hauts conseillers auront a cœur de rétablir le bon nom de la magistrature.

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