Carburants : Vers un retour à la hausse des prix à la pompe

Les prix à la pompe n’ont pas bougé depuis 2 ans.

La vérité des prix des carburants est la règle. Mais pour des raisons d’ordre politico-économique, l’État a tendance à pratiquer des prix administrés.

La dernière révision des prix à la pompe des carburants remonte à juin 2019. C’était, rappelons-le, une baisse des prix décidée sur instruction du président de la République qui avait jugé que les tarifs en vigueur étaient relativement élevés par rapport au pouvoir d’achat des consommateurs.

Chute historique

Depuis, aucune modification des prix n’a eu lieu. Et ce, même si entre-temps, les paramètres influant la structure des prix n’ont cessé d’évoluer. Plus particulièrement durant les durs moments de la pandémie de Covid-19 en 2020, où les restrictions sanitaires et le ralentissement de l’économie mondiale ont entraîné une chute historique des cours du baril sur le marché international, laquelle ne s’est pas répercutée sur les prix à la pompe. Selon les explications d’Olivier Jean Baptiste, Directeur général de l’OMH, ce maintien des prix à la pompe s’expliquait notamment par la volonté de l’État d’apurer les passifs vis-à-vis des pétroliers. Faut-il en effet rappeler que pour préserver les intérêts des consommateurs contre les effets des fluctuations des prix internationaux et du taux de change, l’État applique le système de lissage qui consiste à reporter ultérieurement une partie des variations de la vérité des prix. Une politique de maintien des prix qui a, en tout cas, permis d’apurer considérablement les passifs vis-à-vis des pétroliers. « À un certain moment, nous avions même atteint l’équilibre », explique le DG de l’OMH.

Tendance à la hausse

Mais la donne risque actuellement de changer et de se mettre en défaveur de ce maintien des prix. En effet, ces derniers mois, les cours du baril sont remontés. Avec la reprise de l’économie mondiale, le baril de pétrole se retrouve à un niveau de 76 USD. Et la tendance sera encore visiblement à la hausse si les pays producteurs de pétrole maintiennent leur politique de limitation de la production. En même temps, les cours du dollar, qui est la monnaie de référence du marché pétrolier, ne baissent pas. En somme, si on devait appliquer tout simplement la vérité des prix, une hausse des prix à la pompe est inévitable dans les semaines qui viennent. D’après l’OMH, « la tendance des prix à la pompe devrait suivre celle des coûts des facteurs. Toutefois, pour préserver les intérêts des consommateurs, un système de lissage des prix est appliqué. Cependant, ce système ne devrait pas  constituer un outil pour creuser davantage l’écart entre les prix à la pompe et les prix réels au risque de fragiliser le système d’approvisionnement du pays ».  En somme, une hausse des prix n’est pas à  écarter. Mais comme Madagascar est encore dans le système des prix administrés, ce sera l’État qui aura le dernier mot. Et ce dernier, pour des raisons politico-économiques, pourrait continuer de maintenir les prix. Mais dans ce cas, les passifs vis-à-vis des distributeurs pétroliers risquent de nouveau de remonter. Avec ce que tout cela implique en termes d’impacts négatifs sur le budget de l’État. Attendre et voir.

R.Edmond.

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Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. D’après paroles d’experts , dont Jean Marc Jancovici , le développement c’est de l’énergie! D’après les mêmes et d’autres encore, l’anthropocène et sa brouette de désordre planétaire en cours et à venir…nous invitent avec insistance sinon désespérément à …sortir de l’énergie fossile et à changer notre participation à vie ou à la destruction de notre environnement propre et de la planète toute entière.
    C’est le [moment africain] et donc malgache : une autre énergie …pour un autre développement : + 7°c dans l’Androy bientôt ! Qu’à cela ne tienne ! Elle est encore bien bonne Dame Nature ! A vos modèles , chercheurs, mathématiciens, économistes , scientifiques et politiques (# politiciens) de tous bords – c’est le dernier train …avant…

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