Élection présidentielle : Le premier tour dans deux ans exactement

Le numéro Un d’Iavoloha et les Barea se projettent tous pour 2023

A l’instar des Barea qui se projettent pour la CAN 2023, le numéro Un du régime se prépare à sa propre succession prévue dans deux ans.

19 novembre 2021 – 19 novembre 2023. La prochaine course à la magistrature suprême aura lieu dans deux ans, jour pour jour. L’article 47 alinéa 1er de la Constitution prévoit effectivement que « l’élection du Président de la République a lieu 30 jours au moins et 60 jours au plus avant l’expiration du mandat du président en exercice ».

Premier tour. L’investiture du président Andry Rajoelina ayant eu lieu le 19 janvier 2019, son quinquennat prendra fin le 19 janvier 2024, conformément à l’article 48 alinéa 4 de la loi fondamentale qui dispose que « le mandat présidentiel commence à partir du jour de la prestation de serment ». Le premier tour de la présidentielle devra se tenir le 19 novembre 2023 au plus tôt ou le 19 décembre au plus tard. Comme le TGV n’est pas du genre à laisser le temps au temps, il choisira logiquement la première date, quitte à avancer du coup sa démission.

Démission. Selon l’article 46 alinéa 2 de la Constitution, « le Président de la République qui se porte candidat aux élections présidentielles démissionne de son poste 60 jours avant la date du scrutin présidentiel ». L’actuel locataire d’Iavoloha sera tenu de rendre les clés du Palais le 19 septembre 2023 au plus tôt ou le 19 octobre de la même année au plus tard. Tous les indices vont effectivement dans le sens d’une seconde candidature du président en exercice. Pour ne citer que les nominations de quatre nouvelles Directrices au sein de la Présidence lors du Conseil des ministres d’avant-hier. L’arrivée de ces nouvelles recrues vise à augmenter les chances de victoire à la présidentielle prévue dans deux ans, à condition qu’elles ne se gênent pas sur le terrain et ne fassent pas …doublon ni entre elles ni avec les autres membres de l’équipe qui sont déjà en place.

Marie Michelle Ratsivalaka. Sa nomination au poste nouvellement créé de Directrice en charge des Relations cultuelles et communautaires vise vraisemblablement à s’attirer et à attirer les faveurs des associations cultuelles communément appelées sectes qui pèsent de toute leur foi et de toutes leurs voix. Veuve d’un général issu d’une grande famille et doublé d’un brillant cursus universitaire, elle pourrait percer dans les rangs des militaires, du milieu bourgeois et du cercle de l’intelligentsia, étant elle-même une économiste politique formée aux Etats-Unis. Sans oublier ses expériences, fussent-elles quelque peu lointaines de ministre de la lutte contre la pauvreté et de responsable du projet Secaline. Karatéka comme le président de la République, c’est une femme de combat tel qu’elle l’a démontré en 2009 face au régime Ravalomanana.

Mercedes Rakotomalala Ratsirahonana. Son nom ou plutôt celui de son conjoint est une véritable carte de visite pour la nouvelle Directrice des événements de la République. Sa nomination semble être un démenti à l’enregistrement sonore posté sur les réseaux sociaux et selon lequel, Norbert Lala Ratsirahonana serait en disgrâce auprès du président Andry Rajoelina et envers qui il pourrait changer d’avis.

Bangomalala Andriamasinoro. Tout en étant principalement Directrice en charge de la coordination des promesses présidentielles, son expérience en tant que secrétaire exécutif de la plateforme de la société civile HINA serait un plus pour la présidentielle de 2023. La société civile ayant toujours été critique à l’endroit de n’importe quel régime en place, surtout pendant les échéances électorales.

Anne-Muriel Rahaingonjatovo. Comme son homologue de la Direction des événements, la nouvelle Directrice de la coopération économique est une transfuge de Filatex. Sa nomination intervient juste au lendemain de la conférence de presse de l’aile dure de l’opposition qui a dénoncé la mainmise des Indo-pakistanais sur l’économie du pays. Si la double nomination de deux ex-Directrices du groupe semble être pour les uns, un pied de nez à l’endroit de James Ratsima et consorts ; en revanche pour d’autres, c’est plutôt un signal fort à l’adresse d’un autre grand groupe appartenant également à un « Karana » multimilliardaire à qui l’on prêterait l’intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2023.

R.O

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