Les sillons du passé: La coutume du Jao



Jacaranda

Il s’agit d’une coutume qui a presque complètement disparu mais qui n’en demeure pas moins un bel exemple de philanthropie et de « fihavanana » autrefois chez les Tsimihety. Le «Jao » est un repas pris en commun dans la case du chef de village. A cette occasion, les enfants, les femmes et les hommes sont séparés. Ils doivent préparer chacun dans leur case de la nourriture qu’ils porteront et rassembleront  dans la case du chef. Tous s’y rendent ensuite pour manger ensemble en puisant directement dans le même plat ou la même marmite. Les étrangers de passage et les indigents peuvent prendre part à ces repas gratuitement. La légende dit que Jao était un homme célèbre par la puissance de ses amulettes. Mais un jour, pendant un voyage qu’il faisait à travers une forêt, il fut torturé par la faim. Il finit, à moitié mort, par découvrir une cabane où habitait une femme qui s’est empressée de lui donner à manger. Il n’oubliera jamais cette générosité qui lui a sauvé la vie. Plusieurs années plus tard, Jao avait convoqué tous les chefs de clans des villages de sa région pour leur ordonner de faire des repas en commun dans  chaque village matin et soir. « Vous pourrez ainsi, disait-il, secourir les pauvres, les infirmes et les étrangers de passage qui ont épuisé leur argent et leurs provisions de route ». C’est ainsi que naquit la coutume du «Jao ». De nos jours, il est malheureux que dans certaines régions, l’hospitalité ait perdu de sa valeur. On ne prend presque plus de repas ensemble. On se rejette de plus en plus au risque de faire se retourner «Jao » dans sa tombe.

Z.R

Share This Post

Post Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.