PORTRAIT – Erick Rajaonary : Un patron négociable et à l’écoute de ses employés


Erick Rajaonary, le PDG du groupe Guanomad est passionné de son travail.

Erick Rajaonary, le PDG du groupe Guanomad est passionné de son travail.

« Batman is winner!”. C’est ce qu’on l’a dit quand il vient d’obtenir le trophée Africa Awards for Entrepreneurship en 2013. Il s’agit d’un jeune opérateur qui a apporté une grande découverte et innovation à Madagascar par la fondation de son entreprise dénommée « Guanomad ». Son nom est Erick Rajaonary, le fondateur et le Président Directeur Général du groupe. Voici son portrait :

Né à Paris, Erick Rajaonary y est retourné afin de poursuivre ses études supérieures. Il a décroché le diplôme d’expert-comptable à Lyon en 1990. Trois ans après, « J’étais le seul Malgache à avoir institué son propre cabinet d’expertise comptable en France », a-t-il soulevé. Petit-fils d’un premier chirurgien dentiste à Madagascar et fils d’un médecin stomatologiste, le premier également dans le pays, sa vocation était auparavant dans la médecine, suite à une logique familiale. « Mais je n’ai pas emboîté leurs pas ! Je suis revenu dans le pays pour travailler au sein du Secrétariat Technique à la Privatisation en tant qu’expert financier entre 1998 et 2002. Ensuite, j’étais consultant aussi bien à Madagascar qu’en France pendant trois ans », a-t-il raconté. Le PDG du groupe Guanomad est marié et père de quatre enfants et grand-père d’une petite fille.

Simple conversation. Etant profane en agronomie, comment a-t-il pu créer une entreprise de production d’engrais biologiques à base d’excréments de chauves-souris ? – « L’idée a été perçue suite à une simple conversation avec un ami malgache en octobre 2005 sur le guano en Amérique Latine. Son aspect écologique m’attire beaucoup. La potentialité du guano dans les grottes lors d’une visite à Toliara m’inspire ensuite, sans compter de sa qualité nutritionnelle grâce aux recherches scientifiques », a-t-il répondu. Erick Rajaonary a utilisé sa carte d’expert-comptable pour viabiliser son projet. En fait, « le prix de vente de mon produit était à l’époque deux fois moins cher que celui des engrais chimiques. J’avais ainsi tout pour gagner car il s’agit d’un produit fabriqué localement permettant de créer des emplois tout en désenclavant des zones reculées. Ce projet contribue en plus au développement local au lieu d’importer des engrais chimiques entraînant la fuite de devises et la destruction des sols au fil du temps », a-t-il rajouté.

Récompense internationale. Et quel est son secret pour avoir une entreprise florissante en un si peu de temps ? –« Nous avons démarré de façon artisanale. Nous n’avons que moi, ma femme, une commerciale et un gardien comme équipe. Le bureau était ma maison, le dépôt était la cour. Nous avons travaillé jusqu’à 3 heures du matin pour conditionner les produits. Et on a commencé avec une production d’engrais guano de 300 tonnes, soit une capacité de 40 tonnes/mois. Maintenant, notre capacité atteint jusqu’à 60 tonnes/jour et notre production est prévue à 13 000 tonnes/an. En fait, j’ai fait un marketing à outrance via les médias pour valoriser l’image de notre société, la participation aux foires comme la FIERMADA, la donation d’engrais aux proches et aux amis ainsi que l’utilisation des sonorisations mobiles en milieu rural. Je suis très passionné car je suis sûr de la qualité de mon produit », a-t-il raconté. Et il est toujours ambitieux. « J’ai envie d’avoir une récompense internationale par rapport aux efforts que je fais et aux actions qui me passionnent », a-t-il avoué.

Croyant pratiquant. Parlant de caractère, les gens le trouvent sympathique. Il est ouvert à tous. Mais il aime bien marchander les produits. En outre, ses employés le considèrent comme un patron qui les écoute bien, conciliant, tolérant et négociable. « J’aime bien leur donner des responsabilités avec des moyens nécessaires. Ils ont ensuite une obligation de résultats. Par contre, je déteste quand on m’évoque des problèmes sans me proposer des solutions », dit-il. Erick Rajaonary se charge en ce moment des relations publiques et de la supervision de son groupe. « Depuis que je suis entouré de très bonne équipe jeune, j’ai trouvé maintenant l’équilibre entre mes occupations professionnelles et ma vie familiale », a-t-il confié. Comme loisirs, il fait du tennis et un peu de musculation. C’est un rotarien depuis presque dix ans. Il aime les sucreries, la charcuterie et les salades. « Je suis également un protestant pratiquant », a-t-il témoigné. Interrogé sur la vie politique, le PDG du Guanomad a répliqué qu’il était tenté compte tenu de la situation actuelle et des sollicitations à plusieurs reprises des notables d’Amoron’i Mania d’où il est originaire. « Mais je n’ai pas envie de m’y mettre. Un jour viendra ! », a-t-il conclu.

Navalona R.

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