Portrait : Miary Lepiera, un virtuose modeste



Jacaranda
Miary Lepiera, un guitariste virtuose.
Miary Lepiera, un guitariste virtuose.

Méconnu du grand public, Miary Lepiera a pourtant tout pour réussir : le talent et l’originalité. Séduit par les influences étrangères mais enraciné dans la musique traditionnelle, il a réussi à trouver un juste milieu pour véhiculer son message et sa musique, partagée entre modernité et tradition.

A 9 ans, il se construit sa première mandoline et apprend à jouer seul. A 12 ans, il est séduit par les instruments acoustiques et électriques et s’achète sa première guitare : un Godin semi-acoustique. A 17 ans, il rejoint ses frères et sœurs dans l’aventure Njava. Lui, c’est Rakotomalala Luc Serge. Mais il ne s’appellera ni Luc, ni Serge et encore moins Rakotomalala. Sur scène, il choisira en effet de s’appeler Miary Lepiera. Miary comme ce village royal de l’ethnie Masikoro, dont est originaire sa mère. Ce village est en effet réputé pour abriter le fihame, un arbre sacré aux mille légendes qui lui sert d’inspiration. Lepiera lui vient de son père. C’est en effet le nom de scène de ce dernier.

Un parcours à l’envers ! A 38 ans, Miary Lepiera a déjà presque fait le tour d’Europe. Il fait en effet ses débuts auprès du groupe Njava et entame sa carrière par une tournée avec ses frères et sœurs.  En Europe, d’abord reconnu comme un guitariste virtuose à la manière malgache, il s’est très vite imposé comme un musicien complet et original. Il vit des rencontres inoubliables et des expériences incroyables. Les reprises de morceaux traditionnels ne sont cependant pas à son goût. Bouleversé par le bouillon de culture musicale qu’il trouve en Europe, il veut réaliser sa propre musique: celle qui lui vient du village de son enfance, mais passée au travers de son dépaysement européen. Le guitariste belge Philip Catherine lui conseille de développer son identité culturelle. Alors Miary va abandonner son projet de jouer comme Georges Benson et développe le Korapaky en multipliant les rencontres musicales. A 22 ans, il sort « Bitsibio », fruit de ses recherches et de ses nombreuses rencontres musicales. « Soro » voit le jour quatre ans plus tard. Un album à travers lequel il mélange le beko avec le rock, le pop ou le groove.

Retour aux sources. En 2004, le guitariste décide de laisser sa vie en Europe pour se construire une carrière au pays et partager ses expériences. Il crée alors son propre studio et collabore avec des artistes issus de divers horizons, entre autres Samoela, Samy Rasta Fanahy, Tosy ou Zo Ryan, sous le label Talenta Velona. Il se produit également de temps à autre, au CGM, à l’IFM. Aujourd’hui, il est sélectionné pour participer au Libertalia festival music. Festival à l’issue duquel il décrochera (ou non) un contrat avec les producteurs et directeurs de festival internationaux. Contrat qui lui permettra de réintégrer un circuit international et de présenter sa musique à travers le monde entier. Ce soir, Miary Lepiera partagera la scène avec Olo Blaky, Social Fusion et Mirhay au Hall de la gare Soarano. Avis aux amateurs !
Mahetsaka

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