Portrait : Rocquie Evelyne Rabemanantsoa, Présidente du Conseil d’Administration de l’Université d’Antananarivo



Jacaranda

PCA.UNIVERSITE« Les femmes Malgaches actuelles sont très responsables »

La première femme présidente du conseil d’administration de l’université d’Antananarivo est une grande dame qui a plus d’une carte dans ses atouts. «  En acceptant ce poste, je voulais faire honneur à la gent féminine. On a des chefs d’établissements hommes, des présidents hommes, des directeurs. Mais peu de femmes. Je n’ai aucun problème. Il y a même une collaboration franche avec la présidence et son staff, le personnel et tous les enseignants. Je voulais apporter ma brique en tant que femme et j’ai la chance de travailler avec une équipe qui croit en une vision pour le progrès », nous a déclaré le portrait du jour. Elle lance « En général, maintenant il y a des femmes partout, même une femme candidate à la présidence du sport auto ! ». Rocquie Rabemanantsoa fait partie de plusieurs associations telles Entreprendre au féminin de l’Océan indien, le CNFA ou Conseil National des Femmes de Madagascar qui accompagnent les femmes entrepreneurs du pays. « Il faut encourager les femmes car dès qu’elles ont accepté d’assumer une responsabilité, elles feront tout pour le réussir ». Issue de la FIVMPAMA dont elle est la vice-présidente, Rocquie Rabemanantsoa a toujours roulé pour l’assainissement financier ainsi que l’adéquation formation emploi « je suis convaincue de la nécessité de développer le partenariat national pour mieux adapter les offres de formation aux besoins des entreprises, mais aussi aider les chercheurs à finaliser leurs travaux et de veiller néanmoins à la protection des intérêts du chercheur ». Pour ces partenariats, on peut apprécier les résultats avec le Projet PAFROID(« Partenariat inter-universitaire entre l’Afrique et l’Océan-Indien pour le Développement »), dont l’UA est l’établissement coordonnateur ainsi que le partenariat d’Appui Institutionnel avec l’Académie de Recherche et d’Enseignement supérieur (ARES), la Commission de la Coopération au Développement (CCD), Belgique. Mieux, l’université est actuellement en collaboration avec une soixantaine d’universités étrangères dont les derniers accords en date avec des Universités coréennes.

24 heures ne suffisent pas pour une journée. Elle est aussi membre de la Chambre de commerce, assesseur près le tribunal du travail. Membre aussi du bureau permanent du Conseil National du Travail, tout ce qui est environnement du travail lui tient à cœur. Forte de plusieurs années d’expérience en tant qu’ancienne PCA de l’OMEF (Observatoire Malgache de l’emploi et de la formation professionnelle) et de l’OSTIE (organisation sanitaire inter entreprises), elle a mis ces expériences à contribution pour ce nouveau poste qu’elle occupe depuis 2010. En plus de cela, elle est membre d’autres conseils d’administration. Elle avait tâté de plusieurs années de banque, d’études d’anglais pour le parler couramment. Elle a aussi fait un peu d’allemand. Rigoureuse, posée, dynamique «j’aime les risques, les challenges et je vais au fond des choses », la présidente de la commission sociale de la FIVMPAMA est mariée, et maman comblée « rien que des filles dont deux sont à l’étranger ».  Côté sport, « je jouais beaucoup au volley-ball ». Pour elle, 24 heures ne suffisent pas pour une journée et « mes dernières vacances de 15 jours remontent à il y a 2 ans ». Fan de musique classique, elle est très famille, issue d’une fratrie de 5 filles et de 3 garçons « quand mon emploi du temps, le permet, je suis avec eux» Rocquie Rabemanantsoa s’habille très classique. Pour conclure, elle pense « Les femmes actuelles sont très responsables. La participation des femmes dans les instances de décision peut être une réalité. D’ailleurs, Madagascar a signé le protocole d’accord de la SADC sur le genre et le développement. Par cette signature, le pays s’engage à assurer qu’au moins 50% des postes de prise de décision soient détenus par les femmes en 2015. Nous sommes encore loin de ces chiffres, mais de gros efforts ont été entrepris. Et cela continue. Je souhaite que les femmes aient les mêmes chances que les hommes sur le marché du travail, à travail égal, salaire égal. »

Recueillis par Anny Andrianaivonirina

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