Portrait – Gisèle Rabesahala : La liberté et les droits humains, son combat de toute une vie



Jacaranda
n°1- Gisèle Rabesahala, à peine sortie de l’adolescence et déjà engagée dans un combat qui allait devenir le sien durant toute sa vie.   n°2-  La conférence générale de l’UNESCO en 2013 sur les « Femmes dans l’histoire de l’Afrique » a consacré Gisèle Rabseahala, avec d’autres figures féminines de ce continent, femme qui a marqué l’histoire de l’Afrique.
n°1- Gisèle Rabesahala, à peine sortie de l’adolescence et déjà engagée dans un combat qui allait devenir le sien durant toute sa vie.
n°2- La conférence générale de l’UNESCO en 2013 sur les « Femmes dans l’histoire de l’Afrique » a consacré Gisèle Rabseahala, avec d’autres figures féminines de ce continent, femme qui a marqué l’histoire de l’Afrique.

Premiers pas dans la politique à seulement 17 ans et toute une vie consacrée à l’indépendance puis au progrès de Madagascar, à la liberté et aux droits humains. Gisèle Rabesahala (1929-2011) était et reste pour le pays, une femme engagée dont les rêves et les idéaux n’ont d’égal que l’abnégation et l’action désintéressée. Pour l’Afrique, en particulier, elle est incontestablement une figure historique d’avant-garde.

« Je rêvais d’être avocate, parce que je pensais qu’un avocat doit se consacrer à la défense des innocents », écrit-elle dans son ouvrage autobiographique « Que vienne la Liberté » (Océan Editions, 2006). Ce rêve d’adolescente, Gisèle Rabesahala réussit à le réaliser, même sans avoir été avocate. Son caractère entier et son engagement dans la défense de la liberté, des droits humains et de la démocratie, ont fait de cette femme au parcours singulier, une véritable pionnière dans bien des domaines et un défenseur des vulnérables et une voix des sans voix. Ses élans patriotiques qui se réveillent alors qu’elle était encore une adolescente, l’ont conduit à s’engager, en 1946, en tant que secrétaire du MDRM (Mouvement démocratique pour la rénovation malgache) et après avoir suivi une formation professionnelle en sténodactylographie. Elle n’a alors que 17 ans. C’est le début d’un parcours, certes, semé d’embûches, mais qui n’a fait que la renforcer dans ses convictions. En 1950, avec la création de Fifanampiana Malagasy, elle mène une campagne nationale et internationale contre la répression coloniale et pour l’amnistie générale.

Ministre. Très tôt, Gisèle Rabesahala s’impose comme une femme politique qui a toute sa place dans un milieu majoritairement masculin. Elle est la première femme malgache élue (1953) et la première femme chef de parti politique à Madagascar (AFKM en 1958). Egalement journaliste, elle a co-fondé en 1955 le journal Imongo Vaovao, de tendance marxiste. Elle restera membre du comité éditorial de ce journal jusqu’en 2011. Nommée ministre de la Culture et de l’Art Révolutionnaire en 1977, elle occupera ce poste sous la seconde République pendant 14 ans. Quatorze années à tout construire dans le domaine de la culture. De la Bibliothèque nationale, inaugurée en 1982, aux centaines de bibliothèques dans les quatre coins de la Grande Ile, en passant par la création de diverses structures de valorisation des richesses culturelles du pays, la promotion de la culture, de la langue, de l’identité et le patrimoine malgaches était un combat permanent pour Gisèle Rabesahala. On compte parmi ses plus grandes réalisations en tant que ministre de la Culture, la reconstruction du palais du Premier ministre à Andafiavaratra après son incendie en 1991. Outre la fonction ministérielle, Gisèle Rabesahala assume également, au cours de sa carrière politique, diverses autres fonctions : parlementaire (élue députée en 1977) et sénatrice (2001).

Gisou. Gisèle Rabesahala est née d’une famille originaire de l’Avaradrano. Elève de l’école primaire supérieure, l’actuel Lycée J.J Rabearivelo, elle décroche le brevet d’études élémentaires. Elle comprend très tôt la valeur de l’instruction et s’implique sérieusement dans ses études, à l’époque où encore très peu de femmes malgaches ont la possibilité de le faire. Ce qui lui permet de gravir des échelons et d’atteindre ses objectifs par son implication tant dans la vie politique que dans les activités syndicales ou encore celles touchant les droits de la femme. Car Gisèle Rabesahala est avant tout une femme engagée, mais aussi une femme tout court. Une femme qui aime la vie. Fin gourmet, elle sait apprécier la bonne cuisine.

La danse et le chant représentent pour elle des moments de bonheur. Il n’est pas rare de la voir chanter « La vie en rose » d’Edith Piaf lors des fêtes familiales. Plus tard, parmi ses chansons préférées figurent celle de Whitney Houston « All At Once », « Les sunlights des Tropiques » de Gilbert Montagné, et une autre qui pourrait surprendre les jeunes de la fin des années 90, « I need You » des Three T, sorti en 1996 ! Tout cela, les visiteurs de l’exposition en son honneur (Bibliothèque nationale à Anosy, jusqu’au 10 mai), pourront le constater. Gisèle Rabesahala, Gisou pour sa famille ne s’est jamais mariée et n’a pas d’enfant. « Je préfère servir mon pays, plutôt qu’une seule personne », répond-elle un jour, à la question d’un journaliste sur ce sujet. Ses 14 neveux et nièces, enfants de ses trois sœurs, Claire, Aimée et Eléonore, elle les considère comme les siens. A eux, comme à toute la postérité, elle a laissé un héritage inestimable. Partie en 2011, le 27 juin, Gisèle Rabesahala aurait eu 85 ans le 7 mai dernier…

Hanitra R.

Share This Post