Portrait : Luck Razanajaona, un artiste jusqu’au bout des… cheveux

Jacaranda
Luck Razanajaona, un artiste jusqu’au bout des… cheveux. (Photo : Kelly)
Luck Razanajaona, un artiste jusqu’au bout des… cheveux. (Photo : Kelly)

Récemment primé par les RFC pour son court métrage « Madama Esther », Luck Razanajaona est loin d’être une célébrité dans le monde du septième art. Il figure pourtant parmi l’un des rares jeunes réalisateurs malgaches qui s’illustrent dans les festivals et grands rendez-vous du cinéma à l’international.

Il s’habille comme un rappeur mais est coiffé comme un reggaeman. Dans les années 90, il flirte avec le hip hop. D’ailleurs, il a composé quelques-uns des titres de l’album « Ameo lala » de Name Six. Mais s’il a l’oreille et si à ses heures perdues, il joue du piano et de la guitare, il est loin d’être une star de la chanson. Son domaine ? Le septième art. « Madama Esther », sa dernière réalisation a même récemment été primée par le zébu d’or dans la catégorie fiction, dans le cadre des RFC.
Biennale Arts Actuels à La Réunion, Berlinal dans la capitale allemande, Cannes, Durban Talent Campus… à seulement 29 ans, Luck Razanajaona a également fait plus de chemins que la plupart des réalisateurs malgaches. Le jeune homme ne prétend pas pour autant être un as du cinéma. « Je ne dira pas que j’ai une grande carrière. C’est encore loin d’être le cas », précise-t-il.

Marathon. Après un passage à l’Université d’Antananarivo, il se dit finalement que l’économie, ce n’est pas pour lui. De 2003 à 2008, il travaille donc comme éducateur social. Il travaillait alors sur « Ankizara », un projet dont le but est de réinsérer des enfants en difficulté par le biais de l’art. « En 2006, je réalise de manière autodidacte mon premier court métrage : ‘A mon ami Sergueï ». Deux ans plus tard, il tente sa chance pour intégrer l’Ecole des arts visuels de Marrakech (ESAV). Un essai qui fut un coup de maître, puisqu’avec deux autres réalisateurs, il fut accepté.
Décembre 2011, il revient au pays et est sélectionné pour le fonds « Sera sary ». L’année suivante, il enchaîne les grands rendez-vous. Choisi parmi plusieurs centaines de scénarios à travers le monde, il est invité au festival de Cannes pour présenter son projet de long métrage « Le chant des Tlous ». Avec cette réalisation, il gagne le Prix Eclair au Pavillon Les cinémas du monde ainsi qu’une résidence d’écriture au Moulin d’Andé-Ceci. Il poursuit par le Durban Talent Campus, une résidence à Normandie. « Entre temps, je suis sollicité pour encadrer des étudiants en première année au festival de Marrakech et est sélectionné en compétition internationale pour le 36e Festival international de court-métrage de Clermont-Ferrand ». Un parcours déjà bien fourni auquel Luck Razanajaona compte donner une suite. Malgré les nombreuses difficultés auxquelles il a dû faire face dans sa jeune carrière, il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il veut encore porter loin, très loin le flambeau malgache.
Mahetsaka

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