Portrait – Talike Gellé : la culture du Sud au-delà des frontières !


Talike Gellé avec ses sœurs qui forment avec elle Tiharea.
Talike Gellé avec ses sœurs qui forment avec elle Tiharea.

Bon sang ne saurait mentir ! Ayant hérité du sens artistique de ses parents, Marie-Chantal Gellé aka Talike suit les traces de ces derniers. Elle les surpasse même.  Belgique, Suisse, France, Suède, Norvège, Pologne… sa musique l’emmènera plus tard dans les quatre coins du monde. Elle figure aujourd’hui parmi l’une des ambassadrices de la musique malgache les plus actives et les plus connues en Europe.

Pour elle, la musique se jouait en famille. Cinquième d’une famille de neuf enfants, Talike passe son enfance au rythme des chansons françaises et des cérémonies traditionnelles. Accordéoniste, son père jouait souvent Piaf, Tino Rossi, Luis Mariano ou encore Charles Trenet. Elle découvre, d’un autre côté, grâce à sa maman, la culture Antandroy. A 13 ans déjà, inspirée par le “beko”, Talike Gellé commence à composer son propre répertoire. En 1985, elle forme un groupe avec ses frères et sœurs, puis participe à un concours de chant organisé par la ville de Fort-Dauphin. Ils remportent le premier prix… Une douzaine d’années plus tard, elle continue sur sa lancée, mais cette fois, avec seulement ses sœurs. En 1997, Tiharea voit donc le jour en Belgique. Avec Adélaïde Gellé et Vicky Madeleine Gellé, elles mettent en avant un registre polyphonique traditionnel du Sud racontant les richesses socioculturelles malgaches, notamment celles du peuple Antandroy. Une année seulement après sa formation, Tiharea se lance dans une excitante aventure : le  “Kleurrijk Talent”, une compétition organisée dans le Benelux. Elles remportent le premier prix. En 1998, les sœurs enregistrent un album éponyme. Cet opus leur ouvrira les scènes internationales. Elles sont en effet emmenées à partager l’affiche avec la Zimbabwéenne Stella Shiweshe et des musiciens et groupes malgaches reconnus comme Senge, Régis Gizavo ou encore D’Gary. Pieds nus, coiffées de « dokodoko » et mêlant danses, chants en a capella rythmés de « rimotse », ce groupe a capella féminin fait mouche.

Eclectique. Si d’autres se contentent de chanter le rythme traditionnel, elle ne cesse de trouver de nouvelles formules pour faire connaître sa musique au-delà des frontières, et pour qu’elle soit reconnaissable entre toutes. Elle a ainsi décidé de fusionner les rythmes du pays avec ceux d’ailleurs et de jouer sur la diversité des langues. Elle créa doncdes rythmes musicaux métissés qui lui sont propres tels que le “sara jazz”, un mélange de « sarandra » et de chants griots en version jazz, le « beko blues », le « banareg », « banafunk » ou encore le « classigagnaoke ». Rythmes qu’elle met en avant avec son nouveau groupe Talike Humeur Métisse qu’elle fonde en 2008. Interprète, compositeur mais également auteure, la jeune femme, dans ses textes, parle d’amour, de la vie en communauté, de la tolérance et du respect. Elle exprime ses émotions, ses révoltes, sa joie de vivre et sa bonne humeur qui est d’ailleurs contagieuse.

Collaborations. Le 3 mai 2011, Talike Gellé forme, avec Kilema, le duo Talilema, diminutif de Talike et Kilema. Trois mois plus tard, Talilema remporte la 3e place, sur 55 nations participantes, au festival International « Sharq Taronalari » à Samarkand (Ouzbékistan) du 25 au 30 août 2011. Le duo participe ensuite à divers concerts et festival. Par la suite, Talike Gellé participe à plusieurs projets musicaux et chante avec divers groupes, révélant sa sensibilité, son engagement, ses textes puissants et sa voix mélodieuse : Oblomow’s Ladies Night, les Perles d’Amour ou encore Women. Par la suite, elle collabore avec Blind Note Band, composé de six musiciens multi-kulti, six visions, six ressentis… En 2011, Blind Note Band se voit octroyer, par la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Octave de l’année », dans la catégorie Musique du monde, pour son projet profondément multiculturel. Talike, aujourd’hui, est de passage au pays et elle compte bien faire découvrir sa musique à ses compatriotes. Après Mamahoaka, elle sera à l’affiche du festival Angaredona !
Mahetsaka

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