Portrait : Joël Rabesolo, le Jimmy Hendrix malgache



Jacaranda

JoelLe guitariste électrique Joël Rabesolo, surnommé  parfois Jimmy Hendrix Gasy, se présentera sur scène au Centre germano-malgache ce vendredi à 19h30. Il sera accompagné de quatre autres artistes dont la chanteuse Mija. Les musiciens veulent présenter, ici, leur nouvel album issu du genre world music.

Le Centre germano malgache (CGM) est connu pour diverses activités culturelles. On y retrouve, bien entendu des gens désireux d’apprendre la langue de Goethe. Mais il y a aussi des étudiants, des apprentis musiciens. Les formations sont variées et toutes sortes d’instruments y sont enseignées : clavier, guitare, violon. On y  enseigne également le dessin et les arts plastiques.

Au 4e étage du grand immeuble  situé à côté de l’escalier d’Antaninarenina se trouve une petite salle de concert. En ouvrant, la porte, nous tombons sur Joël Rabesolo occupé à répéter avec ses acolytes. En effet, les musiciens ont prévu une heure trente de concert ce vendredi et répètent depuis ce lundi.

Virtuose gaucher. Joël est né avec une guitare en main. Il a commencé à l’âge de 8 ans et ne s’est jamais arrêté. Le jeune homme a aussi su utiliser sa grande taille à son avantage. Il a, en effet, joué au basket à un niveau semi-pro pendant plusieurs années. Réaliste, Joël n’hésite pas à entreprendre des études même si la musique reste une de ses raisons de vivre: « J’ai décidé de passer un diplôme en économie, car on n’est jamais sûr de rien avec la musique. Je voulais assurer mes arrières, mais pour rien au monde j’arrêterai la musique. Et cela a été bénéfique, puisqu’en 2006 j’ai remporté un concours et cela a permis de m’ouvrir beaucoup de portes. » Lauréat du concours découvertes sur le jazz guitare organisé par la radio RLI / Tananarive, Joël a su l’utiliser comme un véritable tremplin. Il a ainsi su enchaîner les concerts, allant jusqu’ à faire des tournées en Europe et devenant ainsi un nouvel ambassadeur de la musique malgache sur le Vieux Continent.

Le virtuose mélomane gaucher n’est pas seul ce soir. Il sera accompagné de Mija au chant, de Maximin Navaja (Suarez) à la basse, de Miora Rabarisoa à la batterie et de Miary Lepeira à la guitare acoustique. « Nous nous sommes rassemblés à l’initiative  de la chanteuse qui chante des dialectes du Nord, mais nous les musiciens faisons plus de la musique du sud. »

Une révolution de la musique tropicale. Cette association peut paraître incompatible, mais le but est justement là : « Nous voulons montrer qu’il existe une autre musique tropicale que la traditionnelle. S’il y a un message à faire passer, c’est que la musique tropicale n’est pas quelque chose d’immobile, de fixe. Au contraire, nous voulons démontrer une nouvelle sorte de musique tropicale qui allie à la fois les traditions du Nord et celles du Sud. Nous faisons ici de la world music.»

Le Jimmy Hendrix local vit avec son temps. Bien qu’il n’oublie pas ses racines et la musique  traditionnelle de l’ « Ile Rouge » qui a bercé toute sa jeunesse, le guitariste s’adapte facilement et insère du rock, de l’électro du Jazz dans sa musique malgache. Joël et les autres musiciens ne s’arrêtent pas là et continuent la promotion de leur album.

Stephane PIERRARD (Stagiaire)

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