Histoire du « Ba Gasy » : Le « Ba gasy », un rythme et une âme


Jacaranda

Au début, le « Ba Gasy » a trouvé son origine dans le « vako-drazana », une musique spécifiquement malgache où on utilisait les mains et le tambour ou « aponga » pour donner le tempo. La musique n’existait presque pas. L’essentielle était le rythme et la parole. Le « ba gasy » se contente de jouer des mélodies existantes puisque la plupart de ses interprètes ne savent ni lire ni écrire la musique.
Puis venait la « valiha ».

Les premiers « Ba Gasy » écrits n’étaient pas signés par leurs auteurs, mais par des interprètes qui, eux savent écrire des partitions et qui allaient profiter de la popularité de certaines œuvres.

Le piano n’arrivera à Madagascar qu’au temps du roi Radama II, il était parmi les instruits de l’époque. Le premier piano était transporté de Toamasina à Antananarivo à pieds. Entendant le bruit des cordes du piano du roi, après sa chute en route, suite aux glissements des manutentionnaires, on appelait le piano « valiha vata ». Le « Ba Gasy » rimait donc avec l’« aponga », la « valiha » et le « piano ».

Pendant la colonisation, les artistes malgaches ont composé plusieurs œuvres du genre « opera del arte », un mélange de théâtre et de chansons théâtrales, mais la majorité de ces pièces étaient religieuses. En 1899, « Zefina sy Armand », écrite par Rajonah Tselatra était la première pièce malgache représentée au Théatre Municipal d’Ambatovinaky.

A l’aube du XXe siècle, les frères Justin Rainizanabololona dit Jupiter et Samuel Rahamefy, tous deux artistes complets, à la fois auteurs, compositeurs, chanteurs, peintres, sculpteurs et journalistes, ainsi que Ratany ont appris le « solfa » avec le révérend Richardson. Ce dernier était l’élève de Curven, l’anglais initiateur et inventeur du « solfa ». Les chansons composées par Rainizanabololona et Samuel Rahamefy sont des « Kalon’ny fahiny » non théatrales. Le Théâtre malgache a commencé à avoir sa place. D’où l’apparition des grands compositeurs de « Hira teatraly » comme Justin Rajoro, Naka Rabemanantsoa et Andrianary Ratianarivo.

Vers 1930, les colonisateurs français ont rassemblé les artistes malgaches qui leur sont proches. Ces artistes ont été dirigés par Teraka Ramamonjisoa dit Therack et ont participé à l’Exposition Universelle de Paris en 1931. C’étaient des auteurs comme Rodlish, Ny Avana Ramanantoanina, Jasmina Ratsimiseta, Georges Andriamanantena dit Rado, des chanteurs de renoms comme Beby Rasoanandrianina, Mme Jeannette, Alphonse Rajaona, Ramanda ainsi que le « Mpihira gasy » Razafimahefa. Une prise de son a été faite à Paris et un disque « Kalon’ny fahiny » était sortie.

Vers le milieu du XXe siecle apparurent les compositions « Ba Gasy » de Therack, de Fredy Raoilifahanana, JJ Tseheno, Naly Rakotofiringa et Ranaivo Ranarivelo. C’était ce dernier qui emmenait Barijaona, et Fidimalala en Europe. Et le « Ba Gasy » s’expatriait aussi et commençait à être mélangé avec d’autres rythmes.

Juste après l’indépendance de Madagascar, la culture malgache notamment le « Ba Gasy » est délaissée. C’est pourquoi, vers 1969, les étudiants de l’Université d’Ankatso ont fondé l’ATAUM (Association Théâtrale et Artistique des Universitaires de Madagascar) dans le but de rechercher et faire revivre la culture et les chansons « Kalon’ny fahiny » qui ont déjà existé.

20 ans après ATAUM, est né le groupe Solika, et 10 ans après la création de Solika est apparu le groupe R’Imbosa. 10 ans plus tard, le Sehatra Ba Gasy, une plateforme qui réunit 20 groupes initiateurs, 10 autres groupes et 350 inconditionnels.

Mamiah

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2 Comments - Write a Comment

  1. Un des admirateurs, utilisateurs et défenseurs des kalon’ny fahiny, j’apprécie et approuve entièrement ce genre d’article, et souhaiterais recevoir, si possible, des références bibliographiques relatives à cette culture « endémique » qu’est le Ba Gasy. Merci!

  2. Misaotra indrindra tamin’ny famelarana ny tantaran’ny mozika malagasy. Betsaka tamin’ireo artista malagasy no fantatro anarana fa saingy nyantsipirihiny dia saiky tsy fantatro loatra. Mankasitraka tompoko.

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