Documentaire : Voots kongregation se lâche dans « Kiti-tsaina »


VOOTS-KONGREGATIONCe que tous, ou du moins la plupart, pensent tout bas, eux le disent tout haut dans un documentaire de 39 minutes. Intitulé « Kiti-tsaina », cette vidéo livre les idées ainsi que l’espoir des membres du Voots kongregation pour leur pays, pour Madagascar.
Artistes, oui, mais citoyens et Malgaches avant tout ! Se sentant concernés par la situation chaotique dans laquelle est actuellement plongé le pays, Voots kongregation a décidé de réaliser un documentaire à travers lequel Jonjon, Rolf, Lewiky, Naday, Monsieur, Imiangaly et Julie Ratefy partagent leurs envies et livrent leurs opinions. « Une vidéo pour être vue par le plus grand nombre et surtout nos responsables nationaux ». Culture, politique… aucun sujet n’est tabou. Dans cette vidéo, Voots kongregation fait alors part de son avis sur le prétendu patriotisme de nos dirigeants. « Beaucoup de nos dirigeants se prétendent patriotes. Mais où est ce patriotisme ? La fierté, l’honorabilité sont-elles dans les grosses voitures, les villas, les costards, les chaussures vernies ? Parce que si on aime son pays, se sent-on heureux dans ces grosses voitures tandis que tout un peuple souffre, dort dans les rues, meurt de faim ? Des villes nauséabondes, les rues insalubres, l’eau sale, l’électricité, toutes ces marchandises importées, fausses, contrefaites…rien ne va plus ! Où est cet orgueil, cette fierté qu’on soit chef, ministre, maire… ? Mieux vaut être discret que faire autant de bruit quand vous passez dans nos rues avec vos sirènes. Ou est-ce pour qu’on sache que vous travaillez ? ». Rolf et sa bande ne se sont pas retenus. Ils pointent du doigt et lancent leur cri du cœur.
Constat et sensibilisation. « En tant que résident et citoyen, j’ai mal quand je compare mon pays aux autres. Chez eux tout semble organisé, en ordre. Les dirigeants semblent se préoccuper de leurs citoyens. Madagascar est riche, mais son peuple est miséreux. Nos dirigeants font n’importe quoi, nous mentent. Les riches s’enrichissent, les pauvres le deviennent encore plus. L’égoïsme règne, le pouvoir est injustement partagé. Il y a ceux qui se goinfrent et ceux qui crèvent la faim. Les bienfaits de ce pays ne vont qu’à une minorité. Beaucoup sont sans travail, ne s’en sortent pas. C’est surtout une question de culture, de mentalité. Tout ce qui est mauvais, c’est pour les « Malagasy ». Tout ce qui est bon, c’est pour l’exportation, pour les étrangers résidents et les « be palitao ». Notre ignorance est telle que tout le monde profite de nous. Ce n’est ni normal, ni juste. Que le gars des bas quartiers réalise que ces saletés et ordures qu’il vit dans son quotidien sont aberrantes, injustes, insupportables. A la place, il peut y avoir des fleurs, un ruisseau propre… mais pas toujours des ordures. On peut changer ça ! Chacun peut balayer devant sa porte et un peu plus…petit à petit. On doit commencer de toute façon. Il n’y a pas de miracle. On ne le fera pas d’un coup ».

Redonner sa place à la culture. Citoyen oui, mais artiste également. A travers « kiti-tsaina », Voots kongregation parle alors du sujet qui leur fait le plus mal, qui les concerne directement : la culture. « Que les « Malagasy » apprennent à apprécier ce qui est le leur au lieu de toujours s’extasier sur ceux des autres. Qu’il n’y a que les Occidentaux qui font de la qualité. Tout le monde se dit organisateur, producteur : c’est comme ça que la musique doit être, « formater pour que ça marche”. Là, on touche à l’inspiration, au feeling du compositeur. Au Ministère de la culture : notre culture est en constant déclin. Il n’y a plus d’excellence dans notre musique. Il n’y a plus que le commerce qui prédomine. Je ne vois rien d’artistique ni de beau parmi ces artistes reconnus. Mais où est le Ministère de la Culture censé défendre la culture ? Le peuple est malade, n’a plus de discernement. Il n’a plus d’oreille, et à ce point ce n’est plus traitable. Le cancer est généralisé. L’argent est roi. Plus rien d’autre ne compte, ni même la culture. On nous dit que notre musique n’est pas pour la masse. Et pourtant, nous n’avons pas besoin de migrer pour réussir. Du moment que notre condition d’artiste se précise. Donnez s’il vous plaît leur place à la culture et au sport ». Avant de conclure par un message de sensibilisation : « Agissons, vivons cet espoir, bougeons pour le progrès. Il est vrai que chacun a sa conception du progrès. Pour moi, c’est quand la population ne vit plus dans la misère, les ordures, les injustices. Le peuple est la richesse d’un pays mais un peuple qui n’entend ni ne voit ni ne ressent rien en devient le fardeau. Il ne tient qu’aux jeunes de prendre leur avenir en main. La génération actuelle seule peut provoquer le changement ».
Mahetsaka

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