Les grands peintres malgaches : de James Rainimaharosoa à Raparivo



Jacaranda

Claude Monet, Pablo Picasso, Van Gogh… Leurs noms sont connus dans le monde entier. Même pour ceux qui ne sont pas tellement amateurs d’art plastique et de peinture, ces noms-là ne leur sont pas indifférents. Oui, ils sont connus mondialement pour l’originalité et la singularité de leurs œuvres. Nous aussi, nous avons nos grands peintres. Certes pas aussi connus que Delacroix ou Rembrandt mais ils ont porté très haut le flambeau malgache.

James Rainimaharosoa (1860-1926)
Il est l’un des tout premiers artistes-peintres malgaches connus. Il apprit l’art du dessin et de la peinture en 1870 avec le missionnaire britannique William Johnson. Galliéni, n’étant pas indifférent à son talent, lui commanda une toile présentant « la famille du général entourée de hauts fonctionnaires civils et militaires ». Ce n’était qu’un début car James Rainimaharosoa, en 1900, participera à l’exposition universelle de Paris où l’on attribua une mention honorable pour l’ensemble de ses productions. Six ans plus tard, il va réitérer cet exploit à l’exposition coloniale de Marseille. En 1908, sous le gouvernorat d’Augagneur, un concours d’œuvres artistiques est organisé à Tananarive. James Rainimaharosoa y fera figure chevronné face à la nouvelle génération des Ratovo, Henri Ratrena, Paul Ramaka… Il obtint le second prix mis en jeu par le Gouverneur général.

La moisson du riz par Henri Ratovo.
La moisson du riz par Henri Ratovo.

Henri Ratovo (1881-1929)
« Ratovo… Un nom qui met aussitôt en alerte tous les sens des collectionneurs de vieux tableaux ! Henri Ratovo en effet, est un de nos plus grands peintres classiques. Originaire de l’Imamo, il délaissa rapidement ses fonctions de « ragova madinika » de l’administration coloniale, après son premier et dernier poste comme chef de canton à Ambatolampy, pour se vouer entièrement à la peinture.
On connaît ses innombrables portraits. Les plus grands de son époque, ont posé devant son chevalet. De Madame et Monsieur Gautheron, au Général Galliéni, en passant par tous ceux qui ont entendu parler de son immense talent, et qui voulaient avoir le privilège d’être immortalisés sous sa prestigieuse signature. Ratovo a aussi mis son art au service de la religion. C’est à lui que l’on doit le magnifique « C
hemin de croix » qui orne les murs de la chapelle du collège Saint-Michel. Il est aussi le signataire d’une autre fresque retraçant le calvaire sur les parois de la cathédrale d’Hell-Ville à Nosy-Be. La plupart des portraits de Saints qui ornent les nefs de plusieurs de nos églises portent également sa griffe. Ceux qui ont conservé des œuvres de Ratovo peuvent être fiers de leurs collections que beaucoup leur envieraient », écrivait Stéphane Jacob à son propos en 2012. Ratovo Ramboafiringa de son vrai nom naquit en 1881. Etant orphelin très jeune, il est placé par les membres de sa famille au collège des frères jésuites à Ambohipo. Parmi ses maîtres, on compte Louis Rafiringa, qui le surprend un jour en train de modeler de la cire alors qu’il était en train de dispenser son cours. Quelle fut alors sa surprise lorsqu’il se rendit compte que Ratovo était en train de modeler son visage. Il ne peut se résoudre à le punir. Depuis, Henri Ratovo n’a cessé de cultiver son talent. En 1929, alors qu’il était pressenti pour représenter Madagascar à l’exposition coloniale, Henri Ratovo rendit l’âme. Ses tableaux y furent représentés par sa femme Razanamasy qui s’était chargée de leur expédition.

Joseph Ramanakamonjy à pied d’œuvre.
Joseph Ramanakamonjy à pied d’œuvre.

Joseph Ramanakamonjy
La date exacte de sa naissance restera un mystère. On dit pourtant qu’il est né vers 1898. Elève de Stephan Rabotovao et de Ratrena, il aurait eu un faible pour le dessin et commençait à en pratiquer très tôt, dès l’âge de 7ans. En 1925, Joseph Ramanakamonjy a visité le Sud de l’île avec Jean d’Esmes, président de la société des écrivains français. Il a obtenu une mention pour l’ensemble de ses œuvres au premier salon de Madagascar. En 1931, il représente la Grande Ile à l’exposition coloniale de Paris et a profité de son séjour en métropole pour fréquenter l’Ecole des Beaux-arts. Le peintre a également participé à différentes expositions à l’île de la Réunion et à l’île Maurice en 1948 et à l’exposition à Paris, Boulevard Raspail, en 1959. En 1947, il est médaillé d’argent à l’exposition de Marseille. On lui attribua également plusieurs mérites entres autres Officier d’Académie, Chevalier des Arts et des Lettres.

Georges Razanamaniraka (1900-1944)
« Revue des Arts, le vrai et le beau », organe officiel de l’Union des artistes décorateurs, en novembre 1931, une page a été consacrée aux œuvres de ce disciple de Henri Ratovo. « Au moment où le pavillon de Madagascar, l’un des « clous » de l’exposition coloniale, révèle au grand public les richesses de la Grande Ile et son merveilleux développement, voici qu’un peintre de grand talent nous en décrit le pittoresque et le charme avec un art que bien des peintres de la ville en Europe, lauréats de plusieurs écoles, pourraient envier ». En 1930, le peintre remporta haut la main le premier prix pour l’affiche destinée à l’exposition de 1931. Pierre Vernay disait alors ceci : « En plein épanouissement, Razanamaniraka voit s’ouvrir devant lui la plus belle carrière d’artiste, son œuvre fait époque ». Cette même année, il obtient la mention pour ses six envois au premier salon de Madagascar. Il mourut en 1944.

Roland Raparivo.
Roland Raparivo.

Roland Raparivo
Président du Comité Provincial des Arts Plastiques. Fondateur et Co-président de l’Union nationale des Artistes Plasticiens de Madagascar (UNAPM), il est choisi par Timotca, une association américaine qui fonctionne comme une fédération mondiale de la peinture, pour figurer parmi ses membres et participer à des manifestations à l’extérieur. En 1960, lors d’une exposition à Diégo-Suarez, ville où il vécut à cette époque, Roland Raparivo rencontre l’illustre Ramanakamonjy. Le peintre lui montre ses œuvres et lui fait part de ses désirs d’approfondir la peinture. Ce dernier lui répond alors : « qu’il n’a rien à apprendre mais qu’il faut se débrouiller pour y arriver ». Ainsi, d’exposition en exposition et de critique en critique, Roland Raparivo, autodidacte, se perfectionnera et se hissera au sommet de l’art pictural. Aujourd’hui, il se définit comme un « peintre conservateur classique » qui se base sur l’art figuratif représentant des scènes de la vie quotidienne.
Mahetsaka

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